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Développer les industries culturelles

Leçons du palimpseste de la pratique

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Christiaan De Beukelaer

Le discours de l’économie créative est devenu de plus en plus mondial. Pratiquement tous les pays du monde utilisent le concept (ou l’une de ses variantes) dans le débat politique, l’intervention publique, les recommandations et la pratique. L’objectif de cet ouvrage est de rendre compte de l’adoption de ce discours dans le contexte du Burkina Faso et du Ghana. Dans ces pays, l’utilisation du « discours de l’économie créative » est assez récente et reste en contradiction avec les réalités vécues par de nombreuses parties prenantes du secteur culturel. À travers un engagement empiriquement fondé au sein de ce débat, ce livre montre comment le recours à la catégorie des « industries culturelles et créatives » dans les politiques publiques reconfigure les limites des politiques culturelles.

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1. Le débat mondial sur l’économie créative

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1.   Le débat mondial sur l’économie créative

L’industrie créative mondiale, qui comprend le cinéma, la télévision, la littérature et une foule d’autres activités, est énorme et grandit encore. Elle a même continué de se développer lorsque l’économie mondiale s’est contractée, surtout en Chine et dans d’autres pays d’Asie. La part de l’Afrique à cette énorme industrie est malheureusement négligeable. Alors même que le continent possède un vaste vivier de talents créatifs, il ne dispose pas des infrastructures et des capacités nécessaires pour le commercialiser et récolter les immenses richesses qui attendent de l’être. (African Business, 2014, 15)

Le discours sur l’économie créative est mondial. Tous les pays ou presque ont aujourd’hui recours au concept (ou à l’une de ses variantes) en politique, philosophie, sensibilisation et pratique (UNESCO et PNUD, 2013, 53-85). Les pays aux industries culturelles historiquement fortes (États-Unis, Royaume-Uni, Japon, France, Allemagne) et ceux qui ont vu leur part de ce marché mondial augmenter depuis quelques dizaines d’années (Chine, Corée, Brésil, Mexique, etc.) ne sont pas les seuls que ce discours convaincant séduit. Des pays où les industries culturelles sont moins solidement établies y adhèrent aussi de plus en plus. C’est notamment le cas de la plupart des pays d’Afrique. Le simple fait que l’économie créative africaine fasse la couverture d’un grand magazine...

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