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Métiers et techniques du cinéma et de l’audiovisuel : sources, terrains, méthodes

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Edited By Hélène Fleckinger, Kira Kitsopanidou and Sébastien Layerle

La « révolution » du numérique, entamée au tournant des années 2000, a entraîné dans un tourbillon de transformations l’ensemble de la filière cinématographique, de la création à la diffusion. L’ampleur des mutations engendrées (disparition d’acteurs des industries techniques, destruction massive d’emplois et de savoir-faire, redéfinition des contours de métiers anciens et apparition de nouveaux) a sensibilisé une partie de la communauté scientifique. Des projets nationaux et internationaux d’envergure ont vu le jour, avec le souci de cartographier les changements et surtout de préserver des connaissances et des compétences menacées de disparition. À l’heure où ces projets de recherche semblent se multiplier, cet ouvrage collectif, tiré d’un colloque universitaire, propose de se concentrer sur des questionnements d’ordre méthodologique : comment aborder les changements intervenus dans la filière cinématographique ? à partir de quelles sources, avec quels outils et selon quelles approches ? quels problèmes méthodologiques la recherche sur les métiers et les techniques du cinéma et de l’audiovisuel soulève-t-elle ? Autant de questions traitées dans ces pages, à partir de contributions d’une jeune génération de chercheurs dont les travaux, parmi les plus novateurs, incarnent aujourd’hui une dynamique significative au sein des études cinématographiques et audiovisuelles. S’il y a urgence à étudier un monde qui semble disparaître et se transformer sous nos yeux, il est tout aussi urgent de s’attarder sur les modalités de la recherche, sur les outils méthodologiques et les sources à disposition.

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Morgan Lefeuvre: Les techniciens et ouvriers des studios dans les années 1930 : enjeux et limites d’une histoire générale des métiers de la production cinématographique

Les techniciens et ouvriers des studios dans

les années 1930 : enjeux et limites d’une

histoire générale des métiers de la production

cinématographique

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Morgan Lefeuvre

Le métier d’opérateur est intimement lié à la cohésion d’une équipe technique et ouvrière, prouvant abondamment que la création d’un film est une œuvre collective dans laquelle l’amitié est l’indispensable ferment1.

Henri Alekan

Signant la préface des mémoires de l’opérateur Alain Douarinou, Henri Alekan insiste sur la dimension collective de la création cinématographique et sur l’importance des relations humaines dans l’exercice de ce métier. Loin de présenter l’opérateur comme un créateur isolé, sorte de démiurge de la lumière ayant tout pouvoir sur la réussite finale du film, il souligne au contraire la présence indispensable à ses côtés d’une équipe large et soudée qui englobe toutes les catégories professionnelles du studio. Si chaque métier possède ses propres règles et ses savoir-faire spécifiques, il n’en demeure pas moins que les professionnels de la production cinématographique inscrivent tous leur pratique dans une démarche collective. Par conséquent, le chercheur qui s’intéresse à l’histoire des métiers et techniques cinématographiques éprouve bien souvent des difficultés à établir les limites de son objet d’étude et se voit contraint de naviguer sans cesse du général au particulier, de l’œuvre collective à la pratique singulière. Comment s’intéresser par exemple à la naissance ←189 | 190→du métier d’ingénieur du son, sans s’interroger sur l’aménagement des studios,...

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