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Choricios de Gaza, « L’Apologie des mimes »

Texte, traduction française princeps et commentaire. Étude sur le mime

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Christian Pernet

L’Apologie des mimes tient une place particulière dans le corpus des œuvres de Choricios de Gaza (VIe siècle). Composée au début du règne de Justinien, cette pièce reflète des réalités contemporaines et constitue à ce titre un témoignage de première importance pour notre connaissance des mimes et du théâtre au VIe siècle en général. L’orateur présente néanmoins sa défense des mimes comme un exercice. Comment dès lors lire et interpréter ce discours ? L’Apologie des mimes se situe à la frontière des genres, entre les pièces à caractère officiel et les exercices oratoires sous forme de déclamations.

Le présent volume offre une édition nouvelle du texte grec accompagnée d’une traduction française princeps et inédite du discours. Un commentaire et une étude approfondie sur le mime permettent de comprendre les enjeux essentiels du texte. Héritière de Libanios pour son inspiration et sa structure rhétorique, L’Apologie des mimes répond également aux attaques « coutumières » des prédicateurs chrétiens, en particulier Jean Chrysostome, avec qui les correspondances sont remarquables.

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1 Introduction

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1 Introduction

1.1 Le contexte historique

Dernière cité avant la traversée du désert en direction de l’Égypte, la ville de Gaza occupe durant toute son histoire un point stratégique commercial important. Sur l’axe est-ouest, sa situation géographique en fait le point de chute des caravanes qui reviennent du désert1. La ville est en particulier une véritable plaque tournante pour l’encens en provenance du Yémen. À l’époque hellénistique, Gaza importe d’Athènes la céramique la plus fine2. Le dispositif commercial sera complété par deux ports successifs. Le premier, situé à Anthédon, a été supplanté par le port de Maïoumas à l’époque romaine, bien que les deux aient pu fonctionner en même temps. Le commerce y a été florissant et Gaza est reconnue durant l’Antiquité pour la qualité de son vin3. ← 1 | 2 →

Illustration

Figure 1 : la vignette de Gaza sur la « carte » de Madaba (M. Piccirillo, Studium biblicum franciscanum).

Détruite par les troupes d’Alexandre Jannée vers 96 av. J.-C., la ville est reconstruite à l’initiative de Pompée et de son lieutenant, Gabinius4. La date de refondation est située en 61 av. J.-C., année du ← 2 | 3 → triomphe oriental de Pompée à Rome5. C’est cette date qui sert de référence pour les « années de Gaza », selon le Chronicon Pascale6. Durant la période romaine, la cité maintient sa position et connaît un accroissement particulièrement important au cours des IIe et IIIe siècles. La fameuse carte de Madaba (figure 1) en est un témoin exceptionnel ; il s’agit d’une mosaïque datée du VIe siècle présentant sous forme de vignettes différentes villes parmi lesquelles Gaza. Pour cette dernière, la carte révèle deux rues à colonnades, qui devaient être bordées de boutiques. À leur croisement s’élevait un tétrapyle, qui abritait une stèle d’Aphrodite7. Malheureusement, seule la moitié sud de la vignette est préservée, mais on y peut voir un édifice semi-circulaire qui a été identifié comme un théâtre8 dont l’existence est attestée au Ve siècle par Sozomène9. Selon la Vie de S. Hilarion, la ville devait également être dotée d’un hippodrome10.

Comme l’a souligné Bauzou, la ville est suffisamment riche et décorée pour recevoir en 129 la visite de l’empereur Hadrien. Les édifices mentionnés sont donc, selon lui, antérieurs à cette date. La renommée de Gaza est importante à cette époque, si l’on songe que son agôn reçoit le rang d’isolympique (équivalent aux Jeux olympiques) ; ce concours perdure d’ailleurs jusqu’à la fin du IVe siècle11. Seitz souligne également la qualité de la vie à Gaza, et ce, pour l’année 57012. Antoine le Martyr évoque la cité en des termes élogieux : « Gaza autem civitas splendida, deliciosa13 ». ← 3 | 4 →

Un chapitre important de l’histoire de la ville de Gaza concerne sa christianisation. Selon le récit des Actes des Apôtres, Philippe le Diacre tente d’introduire le christianisme à Gaza peu de temps après la mort du Christ14. Sylvain est le premier évêque de Gaza ; il meurt en martyr en 285. En 325, au concile de Nicée, Gaza est représentée par son propre évêque. En 363, Irénée représente la cité au concile d’Antioche. Cependant, la christianisation se fait lentement, au contraire du port de Maïoumas qui se convertit massivement et reçoit de l’empereur Constantin le statut de cité autonome, avec ses dirigeants et son évêque15. Les choses changent avec l’arrivée de Porphyre dans la cité de Gaza en 395. À ses débuts, seulement 280 fidèles peuvent se réunir pour quérir de l’aide auprès du saint : la sécheresse menace et on en impute la cause au nouvel évêque16. Envoyé par Porphyre en ambassade auprès de l’empereur, Marc le Diacre y demande la fermeture et la destruction des temples païens. C’est chose faite en 402. Les huit temples17, y compris le Marneion, temple du dieu local Marnas18, sont détruits ou brûlés19. Sur le site du Marneion, une église est construite sur indication de l’impératrice Eudoxie20.

D’un point de vue administratif enfin, la ville fait partie dès la fin du IVe siècle de la province de Palestine Ière avec comme capitale Césarée. Elle est dirigée par deux magistrats, les duumviri, qui assument ← 4 | 5 → également l’organisation des courses de chars21. La Vie de Porphyre mentionne elle des dèmektikoi et des irénarques22. Ces magistrats ont des compétences juridiques et fiscales pour les premiers et de maintien de l’ordre public pour les seconds. Au VIe siècle, Procope a rédigé la Monodie d’un notable de la cité de Gaza, qui reçut le titre de pater civitatis, responsable de différentes constructions publiques telles que thermes, théâtres et portiques23. Du point de vue religieux, l’évêché de Gaza fait partie de l’éparchie de Palestine Ière dont le métropolite est l’évêque de Césarée. Notons enfin que l’évêque de Gaza Marcien paraît avoir joué un rôle très important dans la vie municipale24.

1.2 L’École de Gaza

C’est dans le cadre d’une cité prospère qu’il faut placer l’École de Gaza25. Au contraire d’autres écoles renommées avec lesquelles des relations existent26, l’École de Gaza a focalisé son enseignement sur les lettres seules27. Au IIIe siècle, Ptolémée de Gaza fait déjà connaître ses talents d’orateur à Éleusis, comme nous le rapporte une inscription en son honneur28. Au IVe siècle, l’expositio totius mundi vante Gaza notamment pour ses bonos auditores, que Rougé traduit ← 5 | 6 → par « bons diseurs »29. L’École semble déjà jouir d’une excellente réputation30 ; Libanios en parle d’ailleurs en des termes élogieux et décrit une ville désireuse d’être un ἀρχῆς καὶ λόγων ἐργαστήριον31. La ville de Gaza sera même qualifiée au VIe siècle de φιλόμουσος […] καὶ περὶ τοὺς λόγους εἰς ἄκρον ἐληλακυῖα32.

À ses débuts, l’École de Gaza a pour cadre une ville encore païenne33. Son organisation est, d’après les renseignements que fournit Duneau, la suivante : l’école se développe sous la forme d’un choros. Celui-ci est composé d’un maître, de ses collaborateurs et ses disciples, sous la forme d’un mousaion. À Gaza, les liens entre le sophiste et la cité sont étroits et celle-ci doit assurer un financement public, bien que certainement modique34. Le sophiste a pour fonction de diriger l’école ; il est assisté d’un rhetor au moins, de deux grammatikoi et d’un romaikos chargé d’enseigner le latin35. Pour certains, la formation se complète par un séjour à Alexandrie, Beyrouth ou encore Antioche36. D’ailleurs, Procope affirme dans une lettre qu’« Alexandrie est la mère commune de toutes les lettres »37, et le maître de Choricios lui-même « fut chéri de la ville qui s’élève sur les bords de l’Oronte et qui est mère de Libanios ; il inspira les mêmes sentiments à la métropole des Phéniciens (Tyr) »38. Les sophistes de l’École de Gaza partagent leur activité entre l’enseignement public et les productions rhétoriques39. Aux ← 6 | 7 → dires de Choricios, « deux choses sont la pierre de touche du talent d’un sophiste : d’abord émerveiller les théâtres par l’harmonie et la beauté de ses paroles, ensuite initier les jeunes gens aux mérites mystérieux des Anciens »40.

Comme trait significatif, l’École de Gaza est marquée par une continuation de l’enseignement littéraire classique après la conversion de la ville au christianisme41. À côté des études purement païennes et des controverses purement théologiques qui occupent d’autres centres contemporains, l’École de Gaza produit sous les règnes d’Anastase, de Justin et de Justinien une qualité littéraire assez remarquable. Loin d’être une renaissance, cette floraison constitue une ligne de continuité d’une tradition littéraire existant depuis longtemps42. Comme l’a souligné Schamp, la rhétorique classique constitue « le préambule indispensable à l’exercice de hautes fonctions ecclésiastiques »43. Abel mentionne d’ailleurs à ce sujet l’exemple de l’évêque Marcien qui put « dès sa jeunesse moissonner le plus beau de la poétique44 », puis « s’exercer aux saintes lettres avant de gravir les degrés du sacerdoce45 ». À ce titre, l’École de Gaza contribue à former le paysage de ce que les spécialistes ont convenu d’appeler la « Troisième Sophistique »46. ← 7 | 8 →

Ses deux représentants les plus connus47 sont Procope de Gaza48 et son disciple Choricios, qui occupent successivement la chaire de sophiste de l’École de Gaza. C’est du second qu’il va être question dans la suite de notre travail.

1.3 Choricios de Gaza

Reconstruire la vie ou la carrière de Choricios de Gaza49 n’est pas chose aisée, compte tenu du peu d’informations dont nous disposons à son sujet50. Le seul témoignage externe est celui de Photios, qui affirme que la « carrière [de Choricios] se situe au temps de Justinien »51. Notre orateur a donc vécu au milieu du VIe siècle.

Le seul autre recours pour déterminer avec plus de précision les années d’activité de notre orateur est de se baser sur la datation des différentes pièces conservées. Nous y reviendrons dans la suite de l’introduction. D’après les données qu’on a pu recueillir, Choricios est actif à Gaza durant les années 520–53052, ou même un peu plus tard si l’on tient compte des découvertes récentes que nous allons présenter dans la suite de notre introduction. La pièce datée comme étant la plus ancienne du corpus est l’Oraison funèbre pour Marie. Marcien et Anastase y sont mentionnés comme les évêques de Gaza ← 8 | 9 → et d’Eleutheropolis53. Or, une lettre souscrite par Ambrillios (ou Cyrille)54 et Grégoire atteste qu’en 518 les deux hommes ont le statut d’évêques, respectivement de Gaza et d’Eleutheropolis55. Ces éléments ont logiquement amené Kirsten à déduire que le discours est nécessairement postérieur à cette date.

La pièce la plus récente est le Second éloge de Marcien, qui aurait été écrit en 542 au plus tard selon Kirsten56. Choricios affirme en effet avoir déjà eu trois fois l’occasion de vanter les bienfaits de Marcien57. On a souvent vu dans cette mention une référence au Premier éloge de Marcien, à l’Éloge d’Aratios et de Stephanos58 ou encore à l’Oraison funèbre de Procope59. L’Éloge d’Aratios et de Stephanos a pu être daté par Graux avec précision entre 535 et 53660. Le Second éloge de Marcien est donc postérieur à cette date. L’allusion présente dans l’Oraison funèbre de Procope est sujette à caution et la critique moderne tend à rejeter le fait de pouvoir tirer de ce passage un argument chronologique61. Si l’on accepte cette critique, il reste néanmoins à trouver le troisième texte auquel fait allusion Choricios. Nous ne trouvons pas de réponse à cette interrogation ; nous suivons toutefois les arguments avancés par Saliou. Quant au terminus ante quem de composition du Second éloge de Marcien, on a tenté d’en fixer la date en 540, moment où, selon Barsanuphe, ← 9 | 10 → Aurélien est évêque de Gaza62. Cependant, une série d’inscriptions publiées par Saliou doivent remettre en question cette chronologie, car l’une d’elles mentionne clairement pour l’année 549 Marcien comme évêque63. Comme donnée biographique, nous pouvons encore relever le fait que Choricios ne semble pas avoir été marié, comme il l’affirme lui-même dans l’Épithalame pour Procope, Jean et Elias64. Enfin, le témoignage que Seitz avait relevé pour établir que Choricios est mort à un âge avancé ne peut pas être retenu, car la monodie d’où il avait tiré son renseignement a été attribuée depuis à Nicéphore Basilakès65.

Si Choricios est actif comme orateur exclusivement à Gaza, ses écrits nous apprennent qu’il a fait un séjour en Égypte66. Comme l’a noté Litsas67, l’indication sur Césarée présente dans l’Apologie des mimes elle-même indique également un séjour dans cette ville décrite de la manière suivante : « Belle, grande et dans la fleur de sa culture, de ses richesses et de ses dignités de toutes sortes, elle est à la fois le guide et la mère de nombreuses cités ravissantes »68. Ces indications ne doivent pas étonner, car la mobilité des étudiants ou même des professeurs était chose commune69. Procope de Gaza, le maître et prédécesseur de Choricios à l’École de Gaza, dispensa par exemple son enseignement à Antioche, mais également à Césarée ← 10 | 11 → et fit ses études en Égypte70. Selon Photios, parvenu à la vieillesse, « il [=Procope] eut la joie de voir son disciple [=Choricios] lui succéder à la tête de son école »71. L’éducation de Choricios est celle d’un chrétien et il est assuré par Photios que Choricios est lui-même chrétien :

Où il se surpasse, c’est quand il développe des descriptions et des éloges. Il est aussi attaché à la vraie religion : il respecte les rites et les lieux sacrés des chrétiens : toutefois, par je ne sais quelle négligence et irréflexion, il mêle à ses écrits des fables et des récits païens mal à propos, même parfois en traitant des sujets sacrés.72

L’εὐσέβεια dont a fait preuve Choricios a laissé différentes traces qu’il est impossible de réfuter73. Dans l’Éloge funèbre de son maître, Procope est loué pour sa connaissance des Saintes Écritures74 : « A l’exception de l’extérieur sacerdotal, tout en lui était d’un prêtre »75, affirme Choricios qui mentionne encore sa connaissance du dogme chrétien76. Pour Ashkenazi, cela dénote que l’éducation chrétienne reçue par Procope devait avoir eu lieu dans le cadre de l’École de Gaza. Prêtres et sophistes partageaient donc le même enseignement77. Le Second éloge de Marcien conserve lui aussi la marque de cette piété : c’est le respect pour le martyr qui fournit un des deux prétextes ← 11 | 12 → pour l’éloge78, tandis que le martyr lui-même est honoré, car il est le « premier à avoir eu le courage d’offrir sa vie pour sa foi »79. Or, un élément a surpris tous les lecteurs. Pour des raisons rhétoriques, Choricios évite toujours soigneusement d’utiliser le vocabulaire chrétien. Pour ne prendre qu’un exemple, jamais le terme ἐκκλησία n’est utilisé ; notre orateur lui préfère toujours le terme de ναός, qui désigne le temple païen80. Évoquant le miracle des noces de Cana et la transformation du vin en eau81, Choricios ne cite ni Jésus ni Marie qui était présente, selon l’Évangile de Jean82. Il faut reconnaître que nombre de commentateurs ont été pour le moins troublés par ce fait. Graux83, premier éditeur de l’Apologie des mimes, a par exemple eu des difficultés à interpréter un passage faisant état des θεῶν πανηγύρεις84 et a dressé un inventaire des différents passages qui font appel aux divinités païennes dans l’Apologie des mimes. Il a d’ailleurs été suivi par Boissonade85. À la même époque, Sathas, sur la base de ces éléments, a même mis en doute la foi chrétienne de Procope et de Choricios de Gaza. Nous traduisons en français la citation : « La lecture des discours de Procope et de Choricios fait douter du fait que ces hommes aient été chrétiens. On en est encore plus convaincu quand on entend l’éloge des dieux olympiens et des héros païens »86. Un peu plus loin, « la lecture de l’Apologie des mimes, d’autres pièces de Choricios ainsi que les écrits de tous les sophistes de la même époque fait douter du fait que ces hommes aient été chrétiens. Les dieux de l’Olympe règnent encore et jamais le christianisme n’est évoqué par ← 12 | 13 → son nom »87. Sathas suppose donc que les auteurs ont dû être forcés à reconnaître le christianisme et affirme encore : « Vivant comme des pseudo-chrétiens, ils sont descendus au tombeau comme de vrais païens »88.

L’étude de Kirsten a apporté une interprétation convaincante en démontrant que « le sophiste voulut orner ses discours de faits et de choses qu’il trouva chez les écrivains anciens »89. Les exemples ne doivent, selon son propos, être compris que comme un ornement90. Pour lui, il est impossible qu’un auteur païen ait pu prononcer un discours pour la consécration d’Églises chrétiennes, qui plus est à deux reprises91. C’est également l’avis de Schamp dans son commentaire de la notice de Photios consacrée à Choricios de Gaza92.

Ainsi, loin de pouvoir en déduire une foi païenne, l’œuvre de Choricios témoigne d’une réelle ouverture d’esprit, nous permettant de redécouvrir les classiques à travers les yeux d’un orateur du VIe siècle. C’est ce que, à notre sens, Barnes n’a pas compris : ce dernier affirme en effet que les exemples cités dans l’Apologie des mimes identifient clairement Choricios comme un auteur païen93. ← 13 | 14 →

1.4 Les œuvres de Choricios de Gaza

Preuve d’une large culture classique, les œuvres conservées de Choricios dévoilent une production littéraire abondante et variée. La seule édition intégrale du texte grec de Choricios demeure à l’heure actuelle celle de Foerster, terminée par Richtsteig à la mort de ce dernier, et parue chez Teubner en 192994. Comme nous l’avons indiqué (ci-dessus p. xi), nous en suivons le classement et la numérotation durant tout notre travail.

Un premier groupe d’œuvres recouvre des pièces à caractère officiel95. Dans ce corpus, une place de choix doit être laissée aux deux Éloges de Marcien, contenant chacun une description d’une église de Gaza, St-Serge et St-Étienne96 ; ces descriptions d’églises sont deux pièces importantes dans l’histoire de l’art byzantin97. Ce premier groupement d’œuvres peut encore être complété par l’Éloge d’Aratios et de Stephanos et l’Éloge de Summus98.

Parmi les discours de première importance, nous pouvons également citer l’Oraison funèbre de Procope de Gaza, qui constitue une source fondamentale pour établir la biographie du maître de Choricios99. Une autre oraison funèbre100, deux épithalames101 ainsi qu’un discours impromptu Pour les Brumalia de l’empereur Justinien sont encore à ← 14 | 15 → classer dans les discours102, quoique deux d’entre eux portent formellement l’intitulé d’une διάλεξις103.

Choricios de Gaza a également produit une série d’exercices rhétoriques. Pour ces derniers textes, nous disposons à présent d’une traduction anglaise annotée éditée par Penella104. Douze Déclamations nous sont parvenues, que l’on peut classer en fonction de leur sujet105. Trois portent sur des sujets mythologiques et s’intitulent Polydamas106, Priam107 et Patrocle108. Trois autres ont un sujet historique : Les Lydiens109, Miltiade110 et le Spartiate111.

Un autre groupe d’œuvres comprend six Déclamations qualifiées d’éthologiques. Celles-ci ont pour titre le Tyrannicide112, l’Infanticide113, l’Ἀριστεύς114, ou encore l’Orateur115. Deux pièces peuvent cependant encore être isolées pour former un sous-ensemble : dans l’Ἀριστεὺς νέος116, un héros de guerre demande la main d’une jeune femme dont il est amoureux, contre l’avis de son père, homme riche ← 15 | 16 → et avare qui préfère le marier à une femme fortunée, mais vilaine. Dans l’Avare117, c’est le point de vue du père qui est présenté. Ce dernier présente les arguments en faveur d’un mariage pour de l’argent118.

Enfin, un dernier groupe de pièces porte le titre de dialexis (διάλεξις)119, équivalent de lalia (λαλιά) que Penella traduit par preliminary talk120. Présentes chez de nombreux sophistes et orateurs121, ces dialexeis peuvent revêtir deux natures différentes. Dans certains cas, elles peuvent constituer un discours autonome, comme c’est le cas pour l’Épithalame à Zacharie et le discours impromptu Pour les Brumalia de l’empereur Justinien, que nous venons de présenter. Cependant, elles revêtent bien plus souvent la fonction de discours introductif, que cela soit pour les Discours ou les Déclamations. Dans ce cadre, elles portent plus souvent le titre de prolalia, prologos ou même proagon122. Pernot définit la prolalia comme « un petit discours qui sert de préambule à la lecture ou à la récitation […] d’un discours ou d’une œuvre quelconque123 ». Pour Russell, les exemples les plus élégants de dialexeis se lisent chez Choricios124.

S’agissant de sa finalité, ce discours préliminaire a souvent la fonction d’une introduction, comme peut l’avoir une (pro)theoria, sans pour autant que son thème soit en rapport avec le contenu de la pièce qui l’accompagne. Selon Telesca, ces pièces préparaient l’auditeur ← 16 | 17 → à écouter le discours125. Leur fonction est, selon Boulanger, la suivante : « Les séances oratoires commençaient d’ordinaire par une sorte d’introduction, de ton plus familier, dite διάλεξις, λαλιά, προλαλιά, où les sophistes se présentaient au public en essayant de gagner sa bienveillance »126. Certains discours plus longs, c’est le cas pour l’Apologie des mimes, sont même dotés de deux dialexeis, qui semblent dans ce sens indiquer que le discours ou la déclamation devait être délivré en deux sessions.

1.5 L’Apologie des mimes : état de la recherche et problématiques

Le texte sur lequel porte cette étude s’intitule l’Apologie des mimes. Comme c’est le cas pour nombre de pièces de Choricios, le Codex Matritensis 4641 (N 101)127 est le seul témoin dont nous disposons128. Le manuscrit, daté du XIIIe ou du XIVe siècle, comporte 189 folios129. D’après la description qu’en donne Andrés, il a été copié sur un papier occidental sans filigrane, de basse qualité, qui a souffert ← 17 | 18 → du temps et de l’humidité130. Le manuscrit est acquis par Constantin Lascaris à Rhodes en 1455131. Il passe par Messine en 1494, dans les mains du duc d’Uceda en 1690 et arrive la bibliothèque royale de Madrid (actuellement la Biblioteca Nacional) en 1712.

La première édition du texte est réalisée par Charles Graux, en 1877132. Sans être une véritable édition critique au sens moderne du terme, Graux fait une lecture très attentive du texte et ses notes sont encore d’une grande utilité. Le défaut principal de cette editio princeps est cependant de ne pas contenir la θεωρία du discours. Cela s’explique probablement par le fait que le manuscrit comporte à deux endroits la mention ὁ λόγος ὑπὲρ τῶν ἐν διονύσου τὸν βίον εἰκονιζόντων pour indiquer le début du discours133. Iriarte, éditeur du premier catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque royale134, a probablement été induit en erreur et ajoute dans la marge du manuscrit au folio 151v° l’indication De Dionysi sive Bacchi mores exprimentibus. Graux suit simplement cette indication et omet la θεωρία. Celle-ci est publiée en 1895 par Foerster, avec d’autres διαλέξεις135.

L’Apologie des mimes paraît en 1929 avec le reste du corpus des œuvres de Choricios dans la collection Teubner136. Bien que l’ouvrage souffre d’imperfections137, cette édition reste fondamentale ← 18 | 19 → pour qui étudie Choricios actuellement. Plus récemment, Stephanis a réalisé une nouvelle édition de l’Apologie des mimes ; assortie d’une traduction en grec moderne, elle est également accompagnée de riches notes explicatives138. Nous ne pouvons cependant que nous associer à Sideras pour le choix du grec moderne dans la traduction : « und man kann es fast bedauern, dass dies in einer Sprache geschehen ist, deren Kenntnis bei den ausländischen Gräzisten leider immer noch sehr zu wünschen übrig lässt »139.

Dès sa publication par Graux, l’œuvre suscite l’attention de divers spécialistes. Une année après la publication du texte, Sathas en dégage certains éléments sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir140. Reich rédige en 1903 un commentaire de l’œuvre dans sa monumentale étude consacrée au mime141. En 1922, Janell livre une paraphrase du discours en allemand, très utile pour aborder le texte de manière rapide142. Cottas a également pris en compte l’Apologie des mimes, en notant que c’est à Choricios dont « le but, dans cette défense énergique des ‘imitateurs de Dionysos’ reste inconnu, que nous devons beaucoup de traits caractéristiques du mime byzantin et en général du théâtre de cette époque »143. À la fin de la même année, Vogt fait paraître la première partie de son article consacré au théâtre et à Byzance144. Ici également, le texte de Choricios est mis à contribution : « Choricius de Gaza, comme Procope, nous montrent, l’un les mimes qu’il veut défendre, l’autre les coulisses de la scène sous le même jour »145.

D’autres études d’ensemble ont été réalisées sur l’Apologie des mimes, en particulier en Italie. Malheureusement, celles-ci sont très difficilement accessibles, voire inaccessibles, car aucune d’entre ← 19 | 20 → elles n’a fait l’objet d’une publication. On signalera les travaux fournis par Maiorano146 et Barberis147, qui présentent tous deux une traduction italienne ainsi qu’un commentaire. Quant à la contribution de Solarino148, elle est de second intérêt selon Amato149.

Quelques publications d’ensemble peuvent encore être signalées ici. Un article de Frejberg écrit en russe présente globalement l’œuvre et ses enjeux150. Kochanek a récemment émis l’idée que l’œuvre puisse être une « cryptoapologie » de l’impératrice Théodora qui fut mime avant de devenir l’épouse de l’empereur Justinien151. Preuve d’un intérêt sans cesse renouvelé, l’Apologie des mimes a également fait l’objet d’une traduction commentée en langue tchèque par Šipová en 2015152.

Du point de vue de son contenu, l’Apologie des mimes est le plus long discours conservé de Choricios. Cependant, hormis la paraphrase de Janell, les traductions de Stephanis et de Šipová, il n’existe à notre connaissance aucune traduction publiée de l’Apologie des mimes153. Notre premier objectif est donc de proposer une traduction française princeps du discours.

Notre traduction française se base sur une nouvelle édition critique de l’Apologie des mimes. Pour son établissement, nous avons collationné le texte du manuscrit M avec les éditions antérieures de Graux, Foerster-Richtsteig et Stephanis. Nous avons tenu compte des différentes notes critiques parues dans l’intervalle154 et des suggestions qui nous ont été faites par Amato et Schamp. ← 20 | 21 →

En plus du texte et la traduction française, différents chapitres mettent en lumière les différents aspects de l’Apologie des mimes, afin de présenter l’œuvre de la manière la plus complète possible.

On aura sans doute remarqué que le titre français Apologie des mimes ne correspond pas au libellé présent par deux fois dans le manuscrit : ὁ λόγος ὑπὲρ τῶν ἐν διονύσου τὸν βίον εἰκονιζόντων. Nous abordons donc dans un premier temps la problématique liée au titre de l’œuvre (chapitre 3).

Nous offrons ensuite un commentaire linéaire du texte. Celui-ci a pour objectif d’orienter le lecteur vers une bonne compréhension du texte. Y figurent des aspects liés à la critique du texte et des éditions antérieures. Nous y abordons également les nombreuses allusions et citations qui émaillent le texte. Loin de nous borner à une simple mention des références de Choricios, nous nous sommes efforcés d’en montrer la valeur et la mise en œuvre dans l’Apologie des mimes (chapitre 4).

Concernant la datation, on situe l’œuvre, depuis Kirsten, aux alentours de 526, soit juste avant le début du règne de l’empereur Justinien155. Cette datation est très largement acceptée par la critique et elle n’est généralement pas mise en doute156. Il nous a pourtant semblé nécessaire d’examiner le contexte historique dans lequel l’œuvre se place, afin de mieux en comprendre la finalité et de nous positionner par rapport aux propositions antérieures (chapitre 5).

Du point de vue de la conception générale de l’œuvre, Choricios s’inscrit dans une tradition oratoire qui a vu se succéder différentes pièces de nature sophistique semblable. Pour Schmid, Lucien, Libanios et Choricios s’étaient tous trois élevés contre une même œuvre perdue d’Aelius Aristide intitulée Contre les danseurs157. Cette affirmation doit être nuancée, selon que l’on considère la forme ou la thématique traitée par les trois auteurs. Ce point central de notre travail présente également le projet rhétorique et littéraire de l’Apologie ← 21 | 22 → des mimes : Choricios prend la défense des mimes, victimes selon lui d’une calomnie et d’une injuste accusation. Mais l’auteur laisse planer le doute quant à ses véritables intentions en précisant que son discours peut être considéré comme un pur exercice oratoire par ses détracteurs (chapitre 6).

Le théâtre, le mime en particulier, constitue évidemment une thématique centrale de l’Apologie des mimes. Dans ce sens, la pièce est une source d’informations unique sur le sujet : elle est considérée comme le dernier document de l’histoire du théâtre dans la littérature grecque158. L’analyse des renseignements fournis par le texte permet de dégager les caractéristiques et une définition du mime. Notre enquête met également en évidence les thèmes principaux du discours (chapitre 7).

Enfin, l’argumentation de Choricios recourt à de nombreux exempla destinés à convaincre l’assistance du bien-fondé de sa position de défenseur d’un genre théâtral hautement décrié. Nous avons sélectionné une série d’exempla mythologiques, historiques, littéraires et contemporains, dont la mise en œuvre est particulièrement illustrative. Cette partie montre l’importance et la diversité des sources que Choricios a consultées (chapitre 8).


1 Downey 1963, p. 1–8. Voir également Chauvot 1986, p. 85–87.

2 Bauzou 2007a, p. 92–93. Voir également l’article de Humbert 2007, p. 100–103.

3 Humbert 2000, p. 24–25.

4 Bauzou 2007b, p. 120.

5 Meyer 1907, p. 52.

6 Chron. Pasch. (352 Bo) : ἐντεῦθεν Γαζαῖοι τοὺς ἑαυτῶν χρόνους ἀριθμοῦσιν. Le fait est mentionné pour la quatrième année de la 179e Olympiade. Voir Glucker 1987, p. 38.

7 Bauzou 2000, p. 50 et Bauzou 2007b, p. 128 qui cite le témoignage de Marc. Diac, V. Porph., 59–61.

8 Duval 2003, p. 231, 234, fig. 11b p. 232, no 124 ; Weiss 2004, p. 24–28 ; Malineau 2005, p. 159–160.

9 Soz., H.E., V, 9, 1–2.

10 Voir Hier., Vita sancti Hilarioni, 11 où un duumvir de Gaza prend part à une course de chars.

11 Bauzou 2007b, p. 123–124.

12 Seitz 1892, p. 2.

13 Antoninus Martyr, Itinerarium 33 (Geyer 1965 p. 145).

14 Actes, 8, 24.

15 Saliou 2007, p. 144.

16 L’épisode est narré dans Marc. Diac., V. Porph., 19–21 (Grégoire-Kugener 1930, p. 16–19). Il faut encore signaler Lampadaridi 2016, mais dont l’ouvrage nous est parvenu trop tardivement pour que nous puissions en tenir compte.

17 Marc. Diac., V. Porph., 64 mentionne un temple dédié à Hélios, Aphrodite, Apollon, Korê, Hécate. Il cite encore un temple nommé Héroeion, un autre nommé Tychaeon, et enfin le Marneion. Voir également Bauzou 2007b, p. 128–129.

18 Pour Marnas, voir Downey 1963, p. 14–32. Bauzou 2007b, p. 130.

19 Marc. Diac., V. Porph., 65–69. Sur la christianisation de la ville de Gaza, voir Medebielle 1982, p. 11–16. Bauzou 2000, p. 67.

20 Marc. Diac., V. Porph., 75–79.

21 Le terme est employé par Hier., Vita sancti Hilarioni, 11, 3 : sed et italicus, ejusdem oppidi municeps christianus, adversus gazensem duumvirum, marnae idolo deditum, circenses equos nutriebat.

22 Marc. Diac., V. Porph., 25.

23 Amato-Maréchaux 2014, p. 487 note 16 et Laniado 2005.

24 Pour tout ce paragraphe, voir Saliou 2007, p. 144–147.

25 Voir déjà Stark 1852, p. 634–645 et la thèse de Seitz 1892. Voir encore Schmid-Stählin 1929, p. 1031–1032.

26 Schmid-Stählin 1929, p. 1028.

27 Pour Glucker 1987, p. 51 « it was a purely literary school ».

28 IG II2 3817 = I.Eleusis 634. L’inscription figure sur la base d’une statue dédiée à l’orateur. Voir Glucker 1987, p. 155–156 n° 46 ; Puech 2002, p. 429–430.

29 Rougé 1966, p. 166.

30 Kennedy 1983, p. 169.

31 Lib., Or. LV, 34.

32 L’indication figure dans le Cod. Parisinus Supplementum graecum 382, fol. 15r, scholie marginale IV. Voir Abel 1931, p. 5; Lauritzen 2017, p. 40.

33 Downey 1958, p. 308.

34 Duneau 1971, p. 251–252.

35 Duneau 1971, p. 256.

36 Seitz 1892, p. 2–3.

37 Procop. Gaz., Ep. 119, 9 (Garzya-Loenertz 1963, p. 61) : καὶ πόλιν οἰκεῖς τὴν κοινὴν τῶν λόγων μητέρα. Traduction italienne dans Amato 2010c, p. 390.

38 Chor., Or. fun in Proc. (Op. VIII), 12 : ἐπόθησε τοῦτον ἡ παρὰ τὸν Ὀρόντην κειμένη πόλις ἡ Λιβανίου μήτηρ, ὅμοια πέπονθεν ἡ Φοινίκων μητρόπολις (trad. Caffiaux 1862, p. 8). Voir commentaire de Greco 2010 p. 157.

39 Seitz 1892, p. 6.

40 Chor., Or. fun in Proc. (Op. VIII), 7 : δύο γὰρ ὄντων, οἷς ἀρετὴ βασανίζεται σοφιστοῦ, τοῦ τε καταπλήττειν τὰ θέατρα συνέσει λόγων καὶ κάλλει τοῦ τε τοὺς νέους μυσταγωγεῖν τοῖς τῶν ἀρχαίων ὀργίοις (trad. Caffiaux 1862, p. 7).

41 Downey 1958, p. 309.

42 Downey 1958, p. 316.

43 Schamp 2006, p. 295.

44 Chor., Laud. Marc. I (Op. I), 6 : νέος μὲν ὢν ἐκ ποιητικῆς ἐδρέψω τὰ κάλλιστα συλλέγων (trad. Abel 1931, p. 8).

45 Chor., Laud. Marc. I (Op. I), 7 : εἶτα τὴν ἑκάστης ἡλικίας συνέριθον παίδευσιν προσλαβὼν καὶ συγγράμμασι τοῖς ὁσίοις πρὸ τῆς ἱερωσύνης ἐγγυμνασάμενος ἀνέβης ἐνταῦθα τῆς εὐσεβείας (trad. ibid.).

46 L’expression est formulée par Pernot 1993, p. 14 n. 9 et reprise dans Pernot 2000, p. 271–272. Pour une esquisse de la Troisième Sophistique, voir Schamp 2006, Malosse-Schouler 2009, Fowler-Quiroga Puertas 2014.

47 Citons encore Zosime, Enée de Gaza, Timothée de Gaza, Jean de Gaza. Bibliographie générale : Seitz 1892, p. 23–36 ; Downey 1958, p. 309–314 ; Downey 1963, p. 111–113 ; Glucker 1987, p. 52. Voir aussi le site consacré à l’École rhétorique de Gaza : <www.ecoledegaza.fr/gazae-schola>.

48 Pour des indications biographiques sur Procope de Gaza voir Amato-Maréchaux 2014, p. ILII.

49 À son sujet, voir Schmid 1899, col. 2424–2431.

50 Seitz 1892, p. 21–23 indique quelques éléments biographiques. Pour ce chapitre, voir Litsas 1980, p. 12–19.

51 Phot., Bibl., Cod. 160, 102b Bekker : ἤκμασε δὲ ἐν τοῖς Ἰουστινιανοῦ χρόνοις (trad. Henry 1960, p. 122).

52 Downey 1958, p. 311. Pour la datation de l’activité de Choricios en général, voir Kirsten 1894, p. 7–24.

53 Kirsten 1894, 15. Greco 2010, p. 23–25 reprend ces éléments à son compte.

54 Schwartz 1940, p. 80, l. 19–20 imprime Ambrillios alors que Mansi 1759–1798, t. VIII, col. 1074 avait édité Cyrille.

55 Schwartz 1940, p. 79, l. 23–24 et Mansi 1759–1798, t. VIII, col. 1072.

56 Kirsten 1894, p. 14.

57 Chor., Laud. Marc. II (Op. II), 15 : ἤδη μὲν ἔνια τῶν ὑμετέρων ἐν προτέροις ἡμῖν εἴρηται λόγοις, καὶ δὶς δέ τοι καὶ τρὶς καλόν φασιν εἶναι τὸ καλὰ λέγειν.

58 Chor., Laud Arat. et Steph. 60 : νεὼς οὗτος ἐν ἄστει πολυτελὴς τοῦ μὲν ἱερέως ἐπιμελείᾳ.

59 Chor., Or. fun. in Proc., 50–54. L’orateur termine son oraison funèbre par l’éloge d’un évêque (Marcien ?) et sa munificence envers la ville de Gaza. Il y est entre autres question des portiques qui ornent les rues de la ville ainsi que des bains récemment ouverts.

60 Graux 1877b, p. 55–62.

61 Saliou 2005, p. 176 n. 38 ; suivi par Corcella 2010, p. 525 n. 59 et par Amato-Maréchaux 2014, p. XVI n. 22.

62 Stiernon-Stiernon 1984, col. 169–176. En ligne <http ://apps.brepolis.net/DHGE/test/Default2.aspx.

63 Saliou 2000, p. 399–400 n° 9 pl. 4a. SEG 50, 1487. Ameling, Cotton et alii 2015, p. 396–397 n° 2450.

64 Chor., Or. Nupt. in Proc. (Op. VI), 1 : ἤμελλεν ἄρα τὸ τῶν γάμων ἐπίσημον καὶ τὸν ἄμοιρον ἔτι παστάδος εἰς εὐφημίαν κινεῖν καὶ λαχεῖν ἐπαινέτην ἄγαμον ῥήτορα. Voir le commentaire de Litsas 1980, p. 17–18.

65 Nic. Basil, Or. I, l. 118 (Pignani 1983) : πάλαι μὲν καὶ γήρᾳ καὶ φθόνῳ τρυχόμενος.

66 Chor., Laud. Marc. II (Op. II), 64 : πολλὴν εἶδον ἐγὼ παρὰ τὸν Νεῖλον γενόμενος ἐν πανηγύρει τινί. Voir également Laud. Marc. I (Op. I), 86.

67 Litsas 1980, p. 13.

68 Chor., Apol. mim., 95 : ὡραία τε γὰρ καὶ μεγάλη καὶ λόγοις ἀνθοῦσα καὶ πλούτῳ καὶ παντοδαποῖς ἀξιώμασι πολλῶν τε καὶ καλῶν πόλεων ἡγεμὼν ἅμα καὶ μήτηρ. Voir commentaire ad loc.

69 Downey 1958, p. 300.

70 Chor., Or. fun. in Proc., 12–15. Voir Amato-Maréchaux 2014, p. XIVXVI.

71 Phot., Bibl., Cod. 160, 102b Bekker : εἰς γῆρας ἐλάσας, ἡδέως εἶχεν ὁρᾶν ἀνθ’ ἑαυτοῦ τὸν ὁμιλητὴν τῆς σχολῆς ἐξηγούμενον (trad. Henry 1960, p. 122). Voir Krumbacher-Ehrhard-Gelzer 1897, p. 125.

72 Phot., Bibl., Cod. 160, 102b Bekker : χρήσιμος δέ ἐστιν αὐτὸς ἑαυτοῦ μᾶλλον ἐκφράσεις καὶ ἐγκώμια διεξερχόμενος. ἔστι δὲ καὶ τῆς εὐσεβείας ἐραστής, τὰ Χριστιανῶν ὄργια καὶ τεμένη τιμῶν· πλὴν οὐκ οἶδ´ ὅπως ὀλιγώρως καὶ λόγῳ σὺν οὐδενὶ μύθους καὶ ἱστορίας ἑλληνικάς, οὐ δέον, ἐγκαταμίγνυσι τοῖς ἑαυτοῦ συγγράμμασιν, ἔστιν ὅτε καὶ ἱερολογῶν (trad. Henry 1960, p. 122).

73 Penella 2009a, p. 4.

74 Chor., Or. fun in Proc. (Op. VIII), 21 : οὐ πώποτε θείων, ὡς ἔοικεν, ἥψατο συγγραμμάτων. Cette question oratoire sera mise en défaut dans la suite du texte. La négation ne doit donc pas être prise en compte.

75 Ibid. : πλὴν τοῦ σχήματος μόνου πάντα ἦν ἱερεύς (trad. Caffiaux 1862, p. 10).

76 Ibid. : τά δόγματα τῆς εὐσεβείας.

77 Ashkenazi 2004, p. 200–201.

78 Chor., Laud. Marc. II (Op. II), 27 : δύο μοι πρὸς εὐφημίαν εἰσὶν ἀφορμαί, μία μὲν τὸ πρὸς τὸν μάρτυρα σέβας.

79 Ibid. : πρώτῳ τὸν ὑπὲρ εὐσεβείας τολμήσαντι βίον.

80 Ashkenazi 2004, p. 203 n. 59.

81 Chor., Laud. Marc. I (Op. I), 58. Nous reprenons l’exemple présenté par Ashkenazi 2004, p. 204 n. 60.

82 Jn, 2, 1–12.

83 Graux 1877a, p. 234 n. 5.

84 Chor., Apol. mim., 100.

85 Boissonade 1846, p. VIII n. 2.

86 Sathas 1878, p. 51 (να’) : ὁ ἀναγινώσκων τὰς δημηγορίας τοῦ Προκοπίου καὶ τοῦ Χορικίου ἀμφιβάλλει ἄν οἱ ἄνθρωποι ἐκεῖνοι ἦσαν χριστιανοί, μᾶλλον δὲ πιστεύει ὅτι ἀκούει ἐνθουσιώδεις λάτρεις τῶν Ὀλυμπίων θεῶν καὶ τῶν ἑλληνικῶν ἡρώων.

87 Sathas 1878, p. 348 (τμη’) : ὁ ἀναγινώσκων τὴν ἀπολογίαν τῶν μίμων ὡς καὶ τὰ ἄλλα τοῦ Χορικίου καὶ πάντων τῶν τότε σοφιστῶν συγγράμματα ἀπορεῖ ἂν οἱ ἄνθρωποι ἦσαν χριστιανοί. οἱ θεοὶ τοῦ Ὀλύμπου βασιλεύουσιν ἔτι, καὶ οὔτε κἂν κατ’ ὄνομα μηνμονεύεται ὁ χριστιανισμός.

88 Ibid. : ζήταντες ὡς ψευδοχριστιανοὶ κατέβησαν εἰς τὸν τάφον ὡς ἀληθεῖς Ἕλληνες.

89 Kirsten 1894, p. 5 : equidem puto minime ex his locis fidem ethnicam apparere. Exornare voluit sophista suas orationes et dictis et rebus, qualia apud veteres scriptores inveniebat.

90 À ce sujet, voir également Greco 2011, p. 102–103.

91 Ibid., p. 6.

92 Schamp 1987, p. 456 et n. 25.

93 Barnes 1996, p. 180.

94 Foerster-Richtsteig 1929. Pour un état général des différentes publications et éditions de Choricios jusqu’en 2005, voir Amato 2005 à compléter avec Corcella 2016.

95 Pour ces pièces, voir la thèse de Litsas 1980, avec traduction anglaise et commentaire.

96 Laud. Marc I et II. (Op. I–II).

97 À propos de ces deux textes, voir Hamilton 1930, Abel 1931, Maguire 1974, Thümmel 1997, Saliou 2005, Stenger 2010.

98 Laud. Arat. et Steph. (Op. III). Laud. Summi (Op. IV).

99 Or. fun. in Proc. (Op. VIII). Trad. française par Caffiaux 1862 = Amato-Maréchaux 2014, p. LXXXVIICIII. Trad. italienne annotée dans Corcella 2010, p. 512–527. Greco 2010 offre édition, traduction et commentaire des deux éloges funèbres.

100 Or. fun. in Mariam (Op. VII).

101 Or. nupt. in Zach. = Dial. 4 (Op. V). Or nupt. in Proc. (Op. VI).

102 Or. in Just. Brumal. = Dial. 7 (Op. XIII). Au sujet de cette pièce, voir Sauterel 2014 et Telesca 2014.

103 Nous suivons en cela le classement établi par Foerster-Richtsteig 1929, p. XXXIVXXXV : velut ἐπιθαλάμιον εἰς Ζαχαρίαν et oratiunculam εἰς τὰ Ἰουστινιανοῦ Βρουμάλια, quae opera διαλέξεις intitulantur quidem, sed potius orationes videntur esse. Pour la définition du terme διάλεξις voir ci-dessous.

104 Penella 2009b. Présentation des déclamations, p. 12–26.

105 Pour Russell 1983, p. 5–6, Choricios est le meilleur représentant du genre.

106 Decl. 1 (Op. X).

107 Decl. 2 (Op. XII).

108 Decl. 10 (Op. XXXVIII).

109 Decl. 3 (Op. XIV).

110 Decl. 4 (Op. XVII). Édition, traduction italienne et commentaire dans Lupi 2010a. Le sujet de cette pièce, Miltiade, lui a valu un intérêt tout particulier de la part des scientifiques. Voir Feraboli 1976, Schouler 2006, Lupi 2009, Lupi 2010b, Greco 2013.

111 Decl. 8 (Op. XXIX).

112 Decl. 7 (Op. XXVI). Au sujet de cette déclamation, voir Tomassi 2017.

113 Decl. 9 (Op. XXXV).

114 Decl. 11 (Op. XL).

115 Decl. 12 (Op. XLII).

116 Decl. 5 (Op. XX).

117 Decl. 6 (Op. XXIII).

118 Au sujet de ces deux déclamations, voir Russell 1983, p. 82–84 et 102–105.

119 Voir Litsas 1980, p. 57–60.

120 Nous suivons Penella 2009a, p. 26–32 pour la présentation des dialexeis.

121 Pour les προλαλιαὶ de Lucien, Dion de Pruse et Himérios, voir respectivement Anderson 1977b, Amato 2009a, Penella 2007, p. 9–10.

122 Pernot 1993, p. 546–554 dresse une liste très complète des occurrences du mot « préface » ou « préambule » (προλαλιά, διάλεξις, praefatio, praelocutio).

123 Pernot 1993, p. 546. Le texte de référence est celui de Men. Rh., II, περὶ λαλιᾶς, 388–394 Spengel. À ce sujet, voir Stock 1911. Mras 1949 suppose que Ménandre fait référence à D. Chr., Or. XII, XXXII, XXXIII, XXXV dont les introductions peuvent être considérées comme prolaliae.

124 Russell 1983, p. 78.

125 Telesca 2011–2012, p. 90. Dans le cas des deux éloges de Marcien, la dialexis a pour fonction de souligner le caractère officiel des éloges.

126 Boulanger 1923, p. 51 et note 4. Cet élément ressort très clairement du traité de Men. Rh., II, 390, 17 : συμβουλεύσεις δέ ποτε καὶ ἐθέλειν ἀκούειν λόγων, εἰ μισολόγους γινώσκεις καὶ δυσχερῶς συνιόντας. 390, 32 : ἐμφανιεῖς δὲ καὶ ἡδονὴν σεαυτοῦ πρὸς τοὺς ἀκούοντας οὕτως, ὅταν ἀποδέχῃ τὴν ἀκοὴν αὐτῶν ὡς κριτικῶς ἀκροωμένων. 391, 10 : ἔστι δέ ποτε καὶ ἀπολογήσασθαι καὶ διαθεῖναι τὸν ἀκροατὴν ἐπὶ παρόδου, ἣν μέλλει ποιεῖσθαι, πολλάκις μὲν ἠθικῶς μετριάζοντα […] πολλάκις δὲ αἰτήσεις συγγνώμην.

127 La cote N 101 correspond à l’ancienne cote du manuscrit. Pour une description complète, voir Andrés 1987, p. 181–182.

128 Amato 2005, p. 115–116 a démontré l’utilité de reprendre la tradition manuscrite de Choricios. Le codex Matr. 4641 est le seul témoin pour les pièces nos I–III, IX–XII, XIV–XXIII, XXVII–XXXIV, XXXVI–XXXVII. La tradition manuscrite fait l’objet de recherches actuelles. Voir D’Alessio 2014, D’Alessio 2014–2015, D’Alessio 2017.

129 L’Apologie des mimes figure aux folios 151r°–164r°.

130 Andrés 1987, p. 181–182.

131 Annotation dans Cod. Matr. 4641 fol. 188 : κτῆμα Κωνσταντίνου τοῦ Λασκάρεως ἐν Ῥόδῳ δωρηθέν. Pour plus d’informations sur le personnage, voir Martínez-Manzano 1998.

132 Graux 1877a. Dans le même numéro, Graux (1877b) avait également édité l’Éloge du Duc Aratios et du gouverneur Stephanos.

133 Folio 151 r° et 151 v°.

134 Iriarte 1769.

135 Foerster 1895, p. 119–120 pour la θεωρία.

136 Foerster-Richtsteig 1929, p. 344–380.

137 Pour un certain nombre de critiques, voir Amato 2005, p. 93. Comptes rendus critiques à l’édition de Foerster-Richtsteig : Choricii Gazaei opera. Edd. R. Foerster, E. Richtsteig [compte rendu] 1929, Maas 1930, Abel 1929–1930, Choricii Gazaei opera recensuit Richardus Foerster, editionem confecit Eberhardus Richtsteig [compte rendu] 1930, Middleton 1930, Seure 1930, Sykutris 1930, Shorey 1931, Lehnert 1931.

138 Stephanis 1986. Comptes rendus dans Sideras 1987, Flusin 1988, Martin 1989, Schneider 1994.

139 Sideras 1987, p. 188.

140 Sathas 1878, p. 339–348 (τλθ’–τμη’).

141 Reich 1903, p. 204–230.

142 Janell 1922.

143 Cottas 1931, p. 44.

144 Vogt 1931b.

145 Ibid., p. 278. Pour les Ve–VIe siècles, voir p. 278–284.

146 Maiorano 1994–1995.

147 Barberis 1992. [Non vidimus].

148 Solarino 1980. [Non vidimus].

149 Amato 2005, p. 93.

150 Frejberg 1975.

151 Kochanek 2013.

152 Šipová 2015.

153 White annonce sur son site une traduction annotée de l’Apologie des mimes, mais qui n’est pas parue à ce jour : <http ://www.american.edu/cas/faculty/awhite.cfm>.

154 Outre les recensions critiques mentionnées aux notes 137 et 138, voir Pizzone 2005 et Corcella 2005.

155 Kirsten 1894, p. 22.

156 Voir p. ex. Schmid 1899, col. 2425 et Schmid-Stählin 1929, p. 1031.

157 Schmid-Stählin 1929, p. 339.

158 Schmid 1899, col. 2429.