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Raconter la Partition de l’Inde

de Anne Castaing (Éditeur de volume)
Collections 338 Pages

Résumé

Le 15 août 1947, au moment où l’Inde obtenait son indépendance, l’Asie du Sud donnait naissance à un nouvel État, le Pakistan, disloqué entre l’extrême ouest et l’extrême est du Sous-continent. Cette partition à grande échelle s’accompagna d’un exode massif des deux côtés des nouvelles frontières, donnant lieu entre communautés hindoue, musulmane et sikhe, à des massacres d’une violence inouïe perpétrés par des populations paniquées et désorientées. On parle de près d’un million de morts et de dix à douze millions de personnes déplacées, sans parler des viols, des incendies, des pillages et des dizaines de milliers de femmes kidnappées, qui entachèrent durablement l’histoire du sous-continent indien.
Il ne s’agit pas dans cet ouvrage de s’interroger sur les causes des événements tragiques de la Partition, mais plutôt d’en examiner les conséquences à long terme et de percevoir, à travers la production littéraire et artistique massive qui a suivi les années 1947-1948 et continue à la documenter et à la discuter, l’impact majeur suscité par cette fracture historique, culturelle et sociale. Cet ouvrage, composé d’articles critiques, d’entretiens et de textes littéraires en traductions inédites, propose ainsi d’examiner la Partition comme « paradigme esthétique », en identifiant tant les récurrences de sa représentation, de ses conséquences et de sa mémoire, que la variété des genres et des modes dans laquelle cette mémoire se formule. Enfin, il s’agit d’examiner les enjeux de ces représentations, tant au niveau de la culture qu’au niveau de l’Histoire et de son écriture.
Cet ouvrage, de nature inédite en France, fait écho à de nombreux travaux entrepris ces dernières décennies en Inde et dans les universités anglophones, qui visent à reconstruire l’Histoire de l’Inde au regard d’une histoire sociale et culturelle restée longtemps inexplorée.

Table des matières

  • Cover
  • Title Page
  • Copyright
  • Autorenangaben
  • Über das Buch
  • Zitierfähigkeit des eBooks
  • Sommaire
  • Anne Castaing: Introduction
  • Alok Bhalla: Partition, exil et souvenirs d’un foyer perdu :
  • Anne Murphy: La remémoration d’une présence perdue :
  • Denis Matringe: La partition de la vie :
  • Anne Castaing: Performance de la nation.
  • Lise Guilhamon: Récits fictionnels de la Partition : tropes et figures de l’éclipse du sens
  • Christine Vial Kayser: La Partition rejouée/déjouée : une conversation avec Shilpa Gupta
  • Christine Vial Kayser: L’exil et la folie dans l’œuvre de Nalini Malani
  • Moinak Biswas: Histoire et parenté chez Ritwik Ghatak
  • Paul Veyret: Les eaux silencieuses et le « troumatisme » de la Partition :
  • Amandine D’Azevedo: Partition et motifs filmiques : une esthétique de l’empreinte
  • TEXTES
  • Nicola Pozza: « En retour », une nouvelle d’Agyeya
  • Alain Désoulières: « Le Testament de Guru Mukh Singh » et « Yazid », deux nouvelles de Saadat Hasan Manto
  • Olivier Bougnot: « 1946–1947 » et « Je reviendrai », deux poèmes de Jibanananda Das
  • Index
  • Les auteurs

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Introduction

Anne Castaing (CNRS/CEIAS)

En 1969, le romancier et critique Kamleshwar publiait Naī kahānī kī bhūmikā (« Le rôle de la “nouvelle histoire” »), manifeste du mouvement du « Nouveau roman » hindi qui émergea au début des années 1950 dans un contexte de désillusion nationale. Dans cet ouvrage, il témoignait de la volonté partagée par de nombreux auteurs de fiction pour une écriture du réel plus franche et plus « authentique », débarrassée des tabous et des ornementations qui caractérisaient les générations précédentes. Il invitait la littérature à adopter une position plus sociologique qu’esthétique, à se défaire des principes romantiques et à placer l’humain, ses aspirations et ses frustrations au cœur de ce réel, pour saisir le « basculement dans l’ombre » dont le roman se ferait le témoin. Au cœur de cet engagement qu’illustraient des œuvres marquées par des stratégies esthétiques visant à privilégier la subjectivité narrative (flux de conscience, polyphonie, monologue intérieur) ou la représentation d’un monde délabré (champ lexical de l’obscurité, omniprésence de la nuit, d’intérieurs étriqués et d’un environnement urbain en ruines), Kamleshwar situait une fracture majeure : celle des violences massives de la Partition de 1947 et du spectacle des files de réfugiés qui inondèrent soudain les métropoles de Delhi, de Lahore et de Karachi, faisant de chacun « un réfugié en son âme et son cœur » (Kamleshwar, 1969, p. 11), et repoussèrent près d’un siècle de lutte pour l’Indépendance dans une « ère du soupçon » caractérisée par un désenchantement politique et social. La révolution littéraire de la Naī kahānī, mouvement clé de la littérature hindie moderne1, émerge non pas en parallèle de cet événement majeur de l’histoire moderne du sous-continent indien, mais en écho à celui-ci. Elle atteste là de ses longues et profondes conséquences, formulées dans le langage littéraire ou, plus largement, de la création artistique.

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Bien qu’anecdotique, l’exemple de la Naī kahānī, que la critique2 a étonnamment peu associée au « spectacle des files de réfugiés » pourtant explicitement mobilisé par Kamleshwar3, témoigne pourtant de l’onde de choc occasionnée par la Partition comme événement populaire sans précédent, mais également de ses effets complexes sur les imaginaires et les productions culturelles, du moins dans les régions qui furent le plus directement affectées : Panjab, Bengale et, dans une moindre mesure, Sindh. Rappelons brièvement que 22 ans plus tôt, le 15 août 1947, au moment où l’Inde obtenait son indépendance après près d’un siècle de lutte partagée entre l’idéal de la « grande démocratie composite » de Jawaharlal Nehru et les revendications sécessionnistes de la Ligue musulmane, le sous-continent indien donnait naissance à un nouvel État, le Pakistan, « foyer » des musulmans d’Asie du Sud4. Tracées à la hâte par l’administration coloniale, les frontières de ce nouvel État, disloqué par la ligne Radcliffe entre l’extrême ouest et l’extrême est du Sous-continent, ne furent dévoilées que le 17 août et tenaient compte de données principalement démographiques. Dans l’ensemble, les régions à majorité musulmane furent données au Pakistan, et celles à majorité hindoue ou sikhe à l’Inde5. Les États du Panjab à l’ouest et du Bengale à l’est furent divisés, et la Partition s’accompagna d’un exode massif des deux côtés de la frontière entre l’Inde et la nouvelle nation pakistanaise, donnant lieu entre communautés hindoue, musulmane et sikhe à des massacres d’une violence inouïe perpétrés par des populations paniquées et désorientées6. On parle de près d’un million de morts et de dix à douze millions de personnes déplacées, sans parler des viols, des incendies, des pillages et des dizaines de milliers de femmes kidnappées. Des deux côtés de la frontière, les métropoles de Delhi et de Lahore s’emplirent de réfugiés, progressivement pris en charge par l’administration centrale qui peina à résoudre ce flot monumental. La naissance des deux nations ←10 | 11→s’effectua ainsi dans la haine, le sang et l’exil, qui ancrèrent de façon durable ce que le politologue Sunil Khilnani qualifie d’« indicible tristesse qui réside au cœur de l’idée de l’Inde » (2005, p. 288).

Si de nombreux historiens soulignent l’ampleur et la portée de la tragédie7 que représente la « longue Partition » (Zamindar, 2007), la critique littéraire n’est pas moins frappée par les témoignages et les représentations, directes ou indirectes, de la « bestialité » (Damsteegt, 1986) et de la « détresse tragique » des réfugiés (Saint, 2010), du « fratricide » (Francisco, 2000), de la « tragédie incomparable » (Francisco, 2000), ou, plus encore, de l’« holocauste » (Kumar, 1997 ; Bhalla, 2006 ; Rai, 2000) et de ses « effets immédiats et à long terme » (Hasan, 1995). Ainsi le romancier de langue hindie Krishna Baldev Vaid assimile-t-il l’expérience de la Partition, cette « transformation de l’humanité », à la « poétique de la fragmentation » (2004) qui caractérise son œuvre, et la poétesse panjabie Amrita Pritam mobilise-t-elle les vers de Waris Shah pour parler du bain de sang du Panjab écartelé. De même, le réalisateur bengali Ritwik Ghatak demande, au début de son chef-d’œuvre Subarnarekha : « Réfugiés ? Mais qui n’est pas réfugié8 ? » L’expérience de la violence et de l’exil générée par la Partition, déclarent-ils implicitement, devient un motif esthétique majeur d’une partie conséquente de la création artistique dans l’Asie du Sud moderne.

Il ne s’agit pas dans cet ouvrage de s’interroger sur les causes ou les circonstances tragiques de la Partition, du « Great Calcutta Killing » d’août 1946 aux vastes campagnes de récupération des femmes kidnappées entreprises entre 1949 et 1955, s’il est toutefois possible de circonscrire en amont comme en aval la « longue Partition ». Plusieurs contributions le montreront (Murphy, Castaing, Matringe) : depuis les années 1990, un grand nombre d’historiens a pris en charge l’histoire sociale de la Partition, longtemps délaissée au profit d’une histoire glorifiant le grand récit national de l’indépendance. Dans Remembering Partition, l’un des ouvrages phares de ce « Partition Turn » où, dès le titre, émerge la question fondamentale de la mémoire (et donc, de l’expérience), Gyanendra Pandey entreprend une remarquable historiographie de la Partition où il identifie les apories de son récit dans les histoires officielles et le refoulement de la violence, pourtant de grande ampleur. La raison en serait l’évident ←11 | 12→projet politique visant à démontrer l’unité des communautés, durement malmenée en 1947 ; mais le constat de Pandey interroge plus largement la position de l’historien vis-à-vis de la violence génocidaire, considérée comme « non racontable » ou délaissée au profit du récit des événements. Il convient donc selon Pandey de distinguer « l’histoire officielle [de] son autre » (2001, p. 4), histoire officielle dont il souhaite « contrecarrer les assertions et les dénégations » (p. 4) par un recours à des sources non conventionnelles, Pandey soulignant la pénurie de sources officielles9 pouvant témoigner de la violence. À ce titre, relevons la multiplication d’initiatives récentes visant à tisser une histoire sociale basée sur des récits individuels : de nombreux ouvrages (Talbot, 2006 ; Butalia, 1998 ; Bhalla, 2006) mobilisent la mémoire et l’expérience de la Partition en restituant des entretiens avec des témoins des violences et des exilés. De même, depuis 2017, l’impressionnant projet « 1947 Partition Archive » (http://www.1947partitionarchive.org/) incite les témoins à partager leur histoire. Grâce à une équipe de bénévoles, il a à ce jour récolté plus de 4 300 récits individuels, stockés sur une plateforme en ligne à usage restreint. C’est là l’une des initiatives les plus importantes visant à protéger une mémoire de la Partition rudement malmenée depuis 1947, l’absence de lieu de mémoire témoignant cruellement d’un désir de tourner une page qui, pour de nombreux témoins et déplacés, ne peut être tournée. Installé depuis le mois d’octobre 2016 dans l’hôtel de ville d’Amritsar, le premier musée de la Partition en Inde fait néanmoins écho à l’absence de commémoration des victimes civiles et de condamnation des bourreaux10, qui continue de faire débat. Ce vaste « trou de mémoire » explique en partie la multiplication des initiatives d’histoires orales de la Partition, souvent perçues comme nécessaires voire « thérapeutiques »11, de même que l’ampleur et la persistance d’une littérature (nouvelles et ←12 | 13→romans, mais aussi poésie) visant à raconter la violence de la Partition et la douleur de l’exil.

Il est vrai que la littérature dite « de la Partition » (« Partition fictions », une nomenclature qui circonscrit un genre certes discutable12) offre de riches alternatives aux grands récits des histoires nationales, et notamment dans la représentation de la violence et du désespoir si frappants dans les nouvelles de Saadat Hasan Manto ou d’Agyeya, les poèmes d’Amrita Pritam ou de Jibanananda Das, ou les romans de Krishna Baldev Vaid et d’Intizar Husain. Les années 1947–1955, qui sont celles des violences et des déplacements massifs, mais aussi de la « crise culturelle » des migrants et des exilés (de nombreux attestant des difficultés extrêmes de l’enracinement13), furent une période de production littéraire de grande ampleur, en hindi, panjabi, ourdou, bengali et anglais. Certains devinrent des classiques du genre : le roman panjabi Pinjar (Pinjar, Le squelette, 1955), d’Amrita Pritam ; le roman hindi Tamas (Tamas, 1974), de Bhisham Sahani, pourtant publié dans les années 1970 ; certaines nouvelles de Manto, comme « Ṭoba ṭek singh » ou « Siyāh hāśiye » (« Marges noires », 1955) ; le roman Train to Pakistan (1956) de Khushwant Singh, etc. D’autres nouvelles, moins connues, furent compilées dans trois volumineuses anthologies, parues à peu près au même moment : Stories about the Partition of India, éditée par Alok Bhalla (1994, 3 volumes) ; India Partitioned : The Other Side of Freedom, éditée par Mushirul Hasan (1995, 2 volumes) ; Orphans of the Storm, éditée par Saros Cowasjee et K.S. Duggal (1995) ; puis, en 2008, Bengal Partition Stories. An Unclosed Chapter, par Bashabi Fraser, qui se concentre sur le Bengale ; ou enfin, dans une moindre mesure, Translating Partition, de Tarun Saint (2001), qui associe traductions ou retraductions de nouvelles et essais critiques sur la littérature de la Partition. Comme le souligne Alok Bhalla, ce type de témoignages littéraires permet de « trouver des explications cohérentes aux passions irrationnelles » (1994, p. xxv). De même, pour Mushirul Hasan, ils « offrent à leurs auteurs une voix dans les débats peu concluants sur l’Indépendance et la Partition » (1995, p. 9).

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Depuis le « Partition Turn », la littérature fait donc œuvre historique aux yeux d’historiens soucieux de repenser leurs sources : je le disais, le réexamen entrepris par Ayesha Jalal dans The Pity of Partition (2013) accompagne une biographie du nouvelliste Saadat Hasan Manto, grande voix littéraire de la Partition. Mushirul Hasan « pratique » quant à lui l’anthologie littéraire : dans son ouvrage Inventing Boundaries (2000) cohabitent sources primaires (un texte du leader intouchable Ambedkar), articles historiques et textes littéraires en traduction, son objectif étant de « souligner les différentes significations et les différentes perceptions de la Partition, une thématique qui, à [sa] connaissance, n’a pas été explorée jusque-là, et de mettre en évidence la pluralité des perspectives, qui montrent que l’appartenance à une communauté religieuse est une des sources identitaires, mais pas la seule » (p. 13). Dès 2001, dans Remembering Partition, Pandey mettait en question les sources « officielles » de la Partition, mais proposait également un usage sans limitation de la littérature : seule la littérature, écrivait-il, peut échapper aux injonctions nationales qui inscrivent la Partition dans un mouvement allant vers la valorisation de l’unité (p. 48), et occulte tant la violence que les drames individuels. Par le recours à l’imaginaire, mais aussi à une formulation plus complexe de l’expérience de la violence et de l’exil, la littérature permet également de déjouer les apories et les limites de la mémoire à laquelle, selon l’historienne Ayesha Jalal, s’agrège la question de la culpabilité, sans même parler des manipulations dont elle peut être l’objet (2013, p. 13). Urvashi Butalia, qui tisse dans The Other Side of Silence/Les Voix de la Partition Inde-Pakistan (1998/2002) une histoire populaire de la Partition grâce aux entretiens qu’elle a récoltés au terme de longs mois de recherches dans le Panjab indien, reconnaît dans les premières pages de son ouvrage que « travailler sur la mémoire n’est jamais simple » (2002, p. 16)14. Pourtant, continue-t-elle, « la façon dont les gens choisissent de se rappeler un événement ou une histoire est au moins aussi importante que ce que l’on appelle les “faits”, car, après tout, ces faits ne sont pas des données qui tombent sous le sens ; ils sont plutôt des interprétations que se rappelle ou qu’a enregistrées tel ou tel individu » (p. 17). À la manière de la littérature, la mémoire est perçue comme une « construction », et non comme une source directe, cette construction témoignant elle-même de l’expérience douloureuse, traumatique, fondatrice à de nombreux égards que fut la ←14 | 15→Partition. Dans « La prose de l’altérité », Gyanendra Pandey recourt à l’autobiographie romancée de la travailleuse sociale Anis Qidwai pour repenser le traitement de la violence dans l’historiographie de la Partition et souligner la complexité de la situation, que simplifient les histoires officielles. Ce qui intéresse Pandey n’est pas tant le compte rendu qu’Anis Qidwai restitue des années 1947–1950, que sa capacité à parler de la douleur, du sentiment d’égarement et du désespoir qui la submergent. Par la formulation d’émotions liées à la confusion, le récit d’Anis Qidwai propose ainsi une alternative aux narrations idéologiques qui abondent dans les livres d’histoire, et nuance les positions tranchées des acteurs des violences15.

Ce que la position de Pandey interroge là (comme interroge plus largement le tropisme littéraire du « Partition Turn »), c’est la relation complexe de la littérature à l’histoire, qu’on sait au cœur de houleux débats. De toute évidence, la littérature des années 1947–1955 a amplement contribué au renouveau de l’histoire de la Partition en fournissant une matière souvent inexplorée, qui témoigne des événements, mais également des expériences et des idéologies. Il n’est pas étonnant que cet élan intervienne dans la continuité des débats virulents initiés dès la fin des années 1960 par l’historien Hayden White et les partisans du « Linguistic Turn », qui perçoivent l’histoire comme un discours et une construction narrative, « ni plus ni moins qu’un roman » comme l’écrit Paul Veyne en 1971. Cette position relativise à grande échelle non seulement la vérité, mais aussi le « fait » historique, qui n’existe aux yeux de White que dans sa formulation, ce qui n’est pas sans poser le problème des traces de l’histoire nécessaires à la mémorialisation : appliquée à la Solution finale, lui répond l’historien Carlo Ginzburg (1992), cette position de scepticisme historique n’est en rien différente de celle des négationnistes puisqu’elle fournit des arguments à ceux qui contestent l’existence des chambres à gaz, considérées comme un discours posé à partir de faits contestables. Elle revient de même à douter de la vérité des témoignages, qui ont pourtant, comme l’a montré Claude Lanzmann dans son saisissant Shoah (1985), contribué à nourrir l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Pourtant, telle n’est pas l’intention de Pandey. Il vise au contraire à crédibiliser la violence de la Partition par le recours à des sources où celle-ci joue un rôle fondamental, et qui rendent évident le refoulement ←15 | 16→effectué par les histoires officielles nationales. En plaçant l’histoire de la Partition et de son récit au cœur des débats qui ont secoué les études historiques depuis les années 1960, il est néanmoins nécessaire d’en souligner les spécificités. Dès la première page de Remembering Partition, Pandey rappelle que la Partition de l’Inde « partage quelque chose avec les conséquences politiques qui ont accompagné les décolonisations dans de nombreux pays au xxe siècle : l’Irlande, Chypre, la Palestine, la Corée, le Viêt-Nam, etc. » (2001, p. 1). De même, dans les pages suivantes, il n’hésite pas à tisser un lien entre la tragédie de la Partition et l’Holocauste du peuple juif pendant la Seconde Guerre mondiale, non pas pour généraliser la violence de masse, mais pour faire saisir au lecteur l’ampleur des violences et leurs effets traumatiques sur les populations et leur descendance. Cependant, le cas de la Partition de l’Inde est à appréhender dans toute sa singularité : l’indépendance et la décolonisation ; les injonctions nationalistes de l’historiographie jusqu’aux années 1980, puis l’émergence des Subaltern Studies ; enfin et surtout, les circonstances propres aux violences de la Partition (conflits intercommunautaires, exils de masse, viols et kidnappings, absence de procès, absence de mémorialisation jusqu’à une période très récente, production littéraire massive, etc.). Il n’est pas question pour Pandey de contester les faits historiques ou la crédibilité du « seul témoin »16, comme a pu être interprétée la position d’Hayden White ; il s’agit plutôt de faire apparaître ce qui, justement, constitue la spécificité de ce drame : sa violence extrême, mais également la nature de cette violence et de ses conditions d’émergence17 ; enfin, ses modes de représentations, dans les livres d’histoire comme dans la littérature.

Par son usage de la littérature, Pandey valorise à la fois la fiction comme source d’une expérience historique, mais également la Partition comme expérience culturelle partagée par plusieurs générations en Asie du Sud depuis 1947. Les différentes représentations de la Partition, dans la littérature et dans les arts, proposent un éclairage sur les événements eux-mêmes et constituent un témoignage des drames collectifs comme des émotions individuelles ; mais elles confirment également l’enracinement ←16 | 17→durable de cette expérience dans les imaginaires. Comme le montrent les différentes contributions de ce volume, la Partition est autant mimesis que diegesis, autant une thématique qu’une esthétique, et se manifeste à la fois dans la représentation et dans la mémoire de la violence et de l’exil. De nouveau, l’exemple de la Naī kahānī est éloquent quant à la manière dont peut se formuler cette esthétique de la mémoire refoulée de la Partition : obsession de l’obscurité et des espaces confinés, champ lexical de l’incommunicabilité, errance des personnages, sentiment d’échec. Les œuvres de Krishna Baldev Vaid pour la littérature, Ritwik Ghatak pour le cinéma ou Nalini Malani pour les arts plastiques élaborent pour leur part une esthétique de la fragmentation, qu’on peut difficilement ne pas lier à la fracture géographique, humaine et culturelle qu’a constituée la Partition, sans même parler du sentiment de chaos et de confusion qu’elle a généré à long terme parmi la population. Comme l’écrit Anne Murphy dans cet ouvrage, c’est une esthétique de la perte que formule l’écriture du nouvelliste Zubair Ahmed, né pourtant plus de 10 ans après l’Indépendance. Quant au roman Pinjar d’Amrita Pritam, Denis Matringe y identifie une « poétique des partitions », qui « fonctionne comme un pivot de l’organisation romanesque ».

Il s’agit donc dans cet ouvrage d’examiner la Partition comme « paradigme esthétique », pour reprendre la formule éclairante d’Anna Bernard (2010), en identifiant autant les motifs esthétiques de la représentation de la Partition, de ses conséquences et de sa mémoire, que la « variété des genres, des intrigues et des modes esthétiques » (Bernard, 2010, p. 10) dans laquelle ces motifs se formulent. Plus encore, s’il s’agit de montrer que la production culturelle possède une valeur historiographique, celle-ci vient enrichir l’Histoire sans pourtant la remplacer. Les contributions de cet ouvrage le montrent avec acuité : aucun discours globalisant ne vient, par la littérature et par les arts, capuchonner l’histoire de la Partition. Tout au contraire, les différentes contributions attestent de multiples points de vue, idéologies et interprétations de la Partition et de ses conséquences : la nostalgie d’Intizar Husain et l’idéalisme gandhien d’Alok Bhalla se heurtent au cynisme de Manto, qui croit peu à la fraternité intercommunautaire, l’un des grands mythes de l’Inde nationaliste ; le désespoir de Jibanananda Das dans son poignant poème 1946–1947 contredit ses souvenirs et ses espoirs bucoliques du Bengale uni ; l’humanisme dont Agyeya chante les louanges est contredit par la violence genrée que raconte Amrita Pritam ; la « tyrannie du silence » dont témoignent les œuvres de Sabiha Sumar et ←17 | 18→de Zubair Ahmed est contredite par la multiplicité des voix comme des modes de représentation de la violence, chez Nalini Malani, par exemple.

Le format de cet ouvrage, où se côtoient articles critiques sur la littérature, le cinéma et les arts plastiques, entretiens (Alok Bhalla et Intizar Husain ; Christine Vial Kayser et Shilpa Gupta) et œuvres littéraires en traduction (deux nouvelles inédites de Manto ; une nouvelle traduction de la nouvelle « En retour » d’Agyeya ; deux poèmes de Jibanananda Das), permet de même que se confrontent et s’enrichissent ces différents points de vue et idéologies. Il permet de montrer qu’il existe non pas une histoire alternative de la Partition, mais de multiples histoires, certaines moins véhiculées que d’autres : l’on connaît bien les représentations littéraires de la Partition, mais moins sa formulation contemporaine dans les arts plastiques ; l’on commence à connaître l’histoire des femmes dans la Partition, documentée par de nombreux travaux récents18, mais l’on connaît moins l’histoire des enfants ; l’on connaît bien le traumatisme des témoins, mais moins la mélancolie de leur descendance ; l’on a représenté le Panjab, mais bien moins le Bengale, par exemple19. Dans l’entretien qu’il mène avec Intizar Husain, le critique gandhien Alok Bhalla, je le disais, interroge les conditions de la cohabitation entre communautés hindoue et musulmane avant l’Indépendance : la Partition suggère-t-elle des tensions préalables ou, au contraire, le chaos provoqué par les exils forcés a-t-il soudainement exacerbé les différences communautaires ? La réponse n’est pas évidente pour un auteur comme Intizar Husain : s’il a choisi d’émigrer vers le Pakistan pour des raisons religieuses et s’il revendique une identité musulmane chiite qui le distingue d’un hindou, il reconnaît néanmoins les racines communes des différentes communautés d’Asie du Sud, « hindou-islamiques » comme il les nomme, citant volontiers les paroles de Gandhi qui déclarait être « un bon hindou car il était un bon musulman ». Dans cet entretien, préalablement publié dans Partition Dialogues (2006) d’Alok Bhalla, la question sous-jacente reste celle de la nostalgie : comment négocier la perte irréparable de la terre natale, ce « home » qu’Husain déclare perdu à jamais ? La contribution « La remémoration d’une présence perdue : le spectre de la Partition dans les nouvelles de Zubair Ahmed, auteur lahori de langue panjabie » rédigée par Anne Murphy pose également la question de l’espace perdu, ←18 | 19→devenu inconnu et fantomatique. Chez Zubair Ahmed, la Partition est un héritage et non une expérience, mais son écriture révèle la persistance de la mélancolie de l’exilé et du « partitionné » à travers les générations. En témoignent les nombreux ouvrages sur la Partition rédigés par des historiens, des critiques ou des politologues ayant reçu la Partition en héritage de leurs parents exilés : Yasmin Khan (2007) évoque un grand-père émigré au Pakistan en 1947, et A.J. Kabir (2013) un grand-oncle parti de Dhaka pour le Bengale occidental en 1947. La mémoire de la Partition constitue donc, chez Zubair Ahmed comme chez de nombreux auteurs de la deuxième génération, une thématique comme une poétique centrales dans leur œuvre.

Bien que différemment, cette mémoire est au cœur des deux œuvres de la poétesse et romancière panjabie Amrita Pritam analysées par Denis Matringe dans « La partition de la vie : un poème et un roman d’Amrita Pritam (1919–2005) » : mémoire d’une culture commune aux deux Panjab dans le poème « J’invoque aujourd’hui Waris Shah », qui s’incarne chez Zubair Ahmed dans la langue panjabie même comme langue non partitionnée ; mémoire dans le roman Pinjar d’une histoire de la Partition, inscrite dès le nom du personnage principal Pouro (« l’entière »), et qui devient le thème dominant du roman au-delà comme en deçà de 1947. Dans « Performance de la nation : politiques du féminin dans les récits de la Partition », Anne Castaing analyse les usages nationalistes des personnages féminins dans les romans et nouvelles de la Partition, montrant le rôle de la littérature dans l’écriture du grand récit de la nation par le truchement d’un imaginaire genré du territoire et de la communauté. Elle montre que si le texte littéraire constitue une source inestimable dans l’écriture d’une histoire des femmes durant la Partition (en atteste, par exemple, le roman Pinjar), mobilisant les travaux fondateurs d’Urvashi Butalia (1998) ou de Kamla Bhasin et Ritu Menon (1998), il met également en lumière l’assimilation des femmes à la nation et le devoir de sacrifice qui leur est assigné. Dans « Récits fictionnels de la Partition : tropes et figures de l’éclipse du sens », Lise Guilhamon s’intéresse au genre que constitue la littérature de la Partition. Certes discutable, ce genre des Partition Fictions se détermine selon Lise Guilhamon par une thématique, mais surtout une poétique, construite autour de thèmes et de tropes : frappante chez Manto, mais également chez Khushwant Singh (Train to Pakistan, 1956), « l’éclipse du sens » par un champ lexical et thématique de l’irrationnel en est l’une des constantes ; la fragmentation du récit, par la dissolution de la linéarité de la structure narrative, l’usage de l’ironie ou la valorisation d’identités fragmentées, constitue de même un ←19 | 20→topos poétique des Partition Fictions. La fragmentation est de même au cœur du travail de la plasticienne Shilpa Gupta, née en 1976, dont l’œuvre est habitée par la violence intercommunautaire et la violence d’État, inscrites sur le territoire réel comme imaginaire dont les frontières sont issues de la Partition : l’entretien inédit qu’elle accorde à Christine Vial Kayser souligne son obsession des déplacements, des exils et des frontières infranchissables, de même que leurs effets sur les populations du passé comme du présent. Dans « L’exil et la folie dans l’œuvre de Nalini Malani », Christine Vial Kayser articule de même Partition et fragmentation, la folie mise en scène dans l’œuvre de la plasticienne indienne Nalini Malani permettant dès lors de « recoller les morceaux », grâce à un lexique plastique fait de collages, de trous et de fluides qui s’échappent sur le papier.

Comme les installations de Nalini Malani, le cinéma de Ritwik Ghatak travaille à faire réapparaître les fantômes abominables de la Partition : ceux de Malani sont les milliers de morts, de femmes et d’enfants violés, quand le cinéma de Ghatak est habité par la thématique de l’exil, de la nostalgie et de l’incompréhension. Ce qui les distingue plus encore est moins visible, mais fondamental : quand le Panjab divisé fut l’objet de tous les regards, le Bengale dont parle Ghatak à travers ses rizières et ses paysages aquatiques est celui d’une histoire refoulée, comme l’écrit Moinak Biswas dans « Histoire et parenté chez Ritwik Ghatak ». Si Ghatak, qui voyait dans la Partition une rupture historique et culturelle capitale, combat la dénégation par une obsession de la Partition, Biswas note également la forte charge symbolique du couple frère-sœur qui habite son œuvre d’un film à l’autre : par ce couple s’articulent « une négation de la séparation historique » par le lien indéfectible de la fratrie, et une réflexion sur la complexité des relations, incestueuses dans son film Subarnarekha (1962), sur l’instabilité et la morbidité de ce lien pourtant viscéral. Dans « Les eaux silencieuses et le “troumatisme” de la Partition : Khamosh Pani (2003) de Sabiha Sumar », Paul Veyret mobilise la rhétorique lacanienne pour aborder la question du refoulement, que vient cristalliser dans le film de Sabiha Sumar le motif du « puits », espace crucial de la vie villageoise qui fut durant la Partition le lieu de nombreux suicides féminins20. Il est intéressant de constater comme l’image et les stratégies esthétiques offertes par le cinéma viennent nourrir et contredire les images figées de la Partition ←20 | 21→par le trope du puits, inscrit dans la mémoire collective, mais qui révèle ici un blanc de l’histoire qui ne fut que récemment comblé. Amandine d’Azevedo mobilise quant à elle la figure de l’« empreinte » pour analyser, dans « Partition et motifs filmiques : une esthétique de l’empreinte », la présence-absence de la Partition dans le cinéma populaire indien. Citant Georges Didi-Huberman, elle montre ainsi que l’empreinte est « quelque chose qui nous dit aussi bien le contact de la perte que la perte du contact » (2008, p. 18), qui parle tant de la persistance de la « longue Partition » que de l’absence (ou la perte) de son récit.

Les textes littéraires qui suivent ces contributions critiques et entretiens montrent parfaitement la pluralité des discours, des positions et des problématiques des auteurs eux-mêmes, qui les écrivirent dans le « feu du fratricide » des années 1947–1950, encore stupéfaits par le spectacle des violences et de l’exil. Ainsi, dans « En retour », le romancier et nouvelliste Agyeya condamne-t-il le communalisme par la voix d’un personnage en exil permanent, habitant l’espace liminal qu’est le compartiment d’un train reliant l’Inde au nouveau Pakistan. Agyeya, note Nicola Pozza, valorise ici un humanisme en voie d’extinction en 1947 : s’il laisse libre cours à la voix populaire, chargée de haine, de peur et de communautarisme, ce qui s’élève de ce wagon est l’utopie d’une humanité débarrassée des frontières comme de la violence, des religions et du partisanisme. Chez Manto, nulle complaisance : l’ironie domine dans un présent sans espoir, où le monde d’hier est perclus. Les deux nouvelles traduites et présentées par Alain Désoulières, « Yazid » et « Le testament de Guru Mukh Singh », sont toutes deux glaçantes d’ignominie et d’anomie : les relations préexistantes, ancestrales, ont disparu au profit d’un but unique, motivé par la conquête du territoire (« Yazid ») ou l’anéantissement de l’autre communauté (« Le testament de Guru Mukh Singh »). Il n’est pas difficile de percevoir dans ces deux nouvelles la position foncièrement critique de Manto vis-à-vis des politiques ineptes de la Partition ; mais l’on perçoit aussi, au-delà de son ironie distanciée, le sentiment d’anéantissement de cet auteur au bord du gouffre en ces années 1947–1955, profondément choqué par les violences et les drames humains, et notamment par celles dont furent victimes les femmes. Pourtant, Ayesha Jalal (2011) identifie également dans l’écriture désespérée de Manto celle d’un humanisme empreint d’un désir de paix. Ce que ces deux nouvelles ne disent pas, c’est que Manto creuse la terre ensanglantée des territoires partitionnés pour donner vie non à ses fantômes, mais à ses voix oubliées car impropres ←21 | 22→à la narration de l’histoire : les femmes (surtout non vertueuses !), les fous et les malpropres, les bandits et tous ceux qui furent rejetés dans les caniveaux de l’histoire. Le volume se clôt sur deux poèmes poignants de Jibanananda Das, grande voix de la poésie bengalie moderne, traduits et présentés par Olivier Bougnot, qui mettent en scène la complexité des discours sur la Partition. S’y mêlent stupeur et confusion, mais aussi nostalgie de la terre perdue, représentée dans « Je reviendrai » par la profusion d’une population animale et végétale. Nul humain n’habite désormais cette terre utopique, dont « 1946–1947 », à l’issue d’un long tableau mortifère, offre dans ces dernières lignes une « vision sans nuage ». Quelques années plus tard, Jibanananda Das, on le sait, mourra à Calcutta sous les roues d’un tramway. Pour lui comme pour d’autres, nul retour dans les « fleuves, campagnes et champs du Bengale ».

Bibliographie

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Résumé des informations

Pages
338
ISBN (PDF)
9782807610262
ISBN (ePUB)
9782807610279
ISBN (MOBI)
9782807610286
ISBN (Broché)
9782807610255
Langue
Français
Date de parution
2019 (Octobre)
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, New York, Oxford, Wien, 2019. 338 p., 7 ill. n/b.

Notes biographiques

Anne Castaing (Éditeur de volume)

Chercheure au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS/EHESS), Anne Castaing travaille sur les littératures modernes d’Inde du Nord, et notamment sur l’écriture littéraire de l’histoire moderne du sous-continent indien.

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Titre: Raconter la Partition de l’Inde