Show Less
Restricted access

Imaginaires et représentations littéraires de la mobilité

Adina Balint

Qu’est-ce que la littérature contemporaine d’expression française (Canada et France) peut nous apprendre de l’expérience de la mobilité comme parcours créateur orienté vers le transculturel?

Inspirée par les théories du mobility turn de John Urry et par la notion de nomadisme de Rosi Braidotti et de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Adina Balint réfléchit aux rapports entre les frontières identitaires, spatiales et poétiques qui produisent de nouvelles figures d’appartenance. Cet ouvrage dont la réflexion se situe à la croisée des études littéraires, des études comparatistes et transculturelles explore des similitudes et différences entre les modes de représentation de la mobilité (géographique, des individus, des imaginaires) et la mise en tension entre le sujet littéraire, le territoire et la communauté chez Anaïs Barbeau-Lavalette, Simone Chaput, Sergio Kokis, Catherine Mavrikakis, Régine Robin, Maylis de Kerangal, J.M.G. Le Clézio et Andreï Makine. Il en ressort que la mobilité n’est pas une action achevée mais un processus inachevé/inachevable porteur d’une influence directe sur le devenir du personnage-narrateur/narratrice et de sa créativité.

Show Summary Details
Restricted access

IV Traversées

Extract

Traversées

« Demeurer, cela n’existe nulle part. »

(Rilke, Élégies de Duino 13)

L’étude des représentations du mouvement dans des textes littéraires de trois aires géoculturelles distinctes—le Québec, le Manitoba français et la France—nécessite qu’on s’interroge sur la notion de traversée. D’un point de vue philosophique, l’idée de traversée conjugue à la fois les possibilités historiques et territoriales existant dans un contexte particulier et les tendances et motivations subjectives qui poussent les sujets vers un ailleurs. C’est au croisement de l’objectivité et de la subjectivité que quelque chose de nouveau est susceptible d’advenir. La traversée concerne des devenirs, des sorties au dehors, des exubérances d’un sujet nomade ; elle exprime les pluriels dont un cheminement est fait. La traversée ne cherche pas l’essentialisme de tel ou tel espace géoculturel, mais tout en ne négligeant pas les vicissitudes de l’histoire, la ←107 | 108→traversée réaffirme que « ce monde est loin d’être un ordo sempiternus rerum, il n’a rien d’un processus sans bavures, ne possède aucune aptitude à constituer un décor fermé ; sans cesse se libèrent de ce qu’il est devenu des percées vers une autre possibilité » (Bloch 138). La notion témoigne de la mobilité de sujets qui appréhendent le territoire comme de multiples seuils à franchir, mais aussi comme une expérimentation qui se révèle parfois épique. Qu’elle soit parcours...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.