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Imaginaires et représentations littéraires de la mobilité

Adina Balint

Qu’est-ce que la littérature contemporaine d’expression française (Canada et France) peut nous apprendre de l’expérience de la mobilité comme parcours créateur orienté vers le transculturel?

Inspirée par les théories du mobility turn de John Urry et par la notion de nomadisme de Rosi Braidotti et de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Adina Balint réfléchit aux rapports entre les frontières identitaires, spatiales et poétiques qui produisent de nouvelles figures d’appartenance. Cet ouvrage dont la réflexion se situe à la croisée des études littéraires, des études comparatistes et transculturelles explore des similitudes et différences entre les modes de représentation de la mobilité (géographique, des individus, des imaginaires) et la mise en tension entre le sujet littéraire, le territoire et la communauté chez Anaïs Barbeau-Lavalette, Simone Chaput, Sergio Kokis, Catherine Mavrikakis, Régine Robin, Maylis de Kerangal, J.M.G. Le Clézio et Andreï Makine. Il en ressort que la mobilité n’est pas une action achevée mais un processus inachevé/inachevable porteur d’une influence directe sur le devenir du personnage-narrateur/narratrice et de sa créativité.

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V Déambulations. Villes et ailleurs

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Déambulations. Villes et ailleurs

« Jouant […] de la confusion entre passé et présent, entre

destructions urbaines et reconstructions, entre imaginaire et réel,

je déambule dans cette ville immense, perdant mes points de repère ».

(Robin, Mégapolis. Les derniers pas du flâneur 277)

L’espace urbain, dans le récit contemporain, se manifeste sous la forme d’une oscillation entre l’expérience concrète des lieux topographiques et leur métaphorisation : « La littérature et la ville concrète, habitée au jour le jour, se rencontrent dans une zone intermédiaire qui tient à la fois du fait littéraire et du fait vécu : toute la ville est pour une large part imaginaire […] » (Marcotte et Nepveu, dir. 9). Devenue sujet et question, la ville condense des faits réels et des fictions, qui déterminent, par intermittence, les contours topographiques et géographiques que le texte littéraire met en place. Plus généralement, l’espace urbain apparaît sous la forme d’une zone où évolue une communauté qui se définit à partir de concepts tels que le « centre » ou encore la « périphérie », ces ←153 | 154→derniers produisant divers croisements et jonctions entre le sujet et les autres, le sujet et la langue, les classes sociales et la topographie du territoire. Dans les textes étudiés, ces dynamiques intermittentes sont faites soit d’élan de créativité, soit de frictions, soit de rapprochements entre les...

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