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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Chapitre 1: L’émotion fondamentale

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Bien que Malraux ait commencé à écrire sur certains aspects de la littérature et de l’art dès le début de sa carrière littéraire dans les années 1920, ce n’est qu’en 1934, après un évènement décisif dans sa vie, qu’il entreprit de développer une théorie compréhensive de l’art–une théorie sur la nature générale et la fonction de l’art. L’évènement en question, qui joua un rôle majeur dans sa vie, est abordé en détail dans ce chapitre, mais pour le voir dans son contexte et en saisir toute la portée, nous devrons dans un premier temps considérer certains éléments clés de sa pensée dans les années précédentes. Nous commençons ainsi par une étude rapide de quelques aspects de sa vision intellectuelle avant 1934.

Malraux accepta d’emblée que la foi chrétienne, en tant que valeur profondément ancrée et non simplement comme convention pieuse, avait fait son temps, et que Dieu, pour l’Occident au moins, était mort. Les premiers signes du déclin étaient apparus dans les années 1600, mais les philosophes du dix-huitième siècle, avec leur passion pour la science et la raison, avaient administré le coup de grâce, précipitant ce que Malraux a décrit dans un essai ultérieur comme « l’abandon radical de la chrétienté1 ». Le vide laissé par la...

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