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Albert Camus Aujourd’hui

De "L’Etranger</I> au "Premier homme</I>- Préface de Gilles Bousquet

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Edited By Alek Baylee Toumi

Le 04 janvier 1960, Albert Camus s’en allait un peu dans un tragique accident de voiture à l’âge de 47 ans. Quatre années auparavant, il était l’un des plus jeunes écrivains à recevoir le prix Nobel de littérature pour toute son œuvre. L’enfance pauvre à Belcourt, la passion du football, le journalisme à Alger Républicain puis l’exclusion et l’exil par la France de Vichy, Camus sera forcé de « monter » à Paris. Il rejoindra la Résistance et sera le rédacteur en chef de Combat. Romancier, dramaturge, essayiste, Camus sera aussi acteur et metteur en scène. Après la publication de L’Homme révolté, puis la rupture avec son ami Jean-Paul Sartre, il quittera Combat puis écrira des articles sur l’Algérie avant de se taire complètement, sans néanmoins cesser d’agir en silence. Certainement pas existentialiste, anti-communiste très tôt, il avait été l’Intellectuel de la période 45-60 d’après la libération, celui dont le nom finira par être opposé à celui de Sartre. Si Camus est mort jeune, il aura vécu pleinement sa courte vie; et s’il est encore difficile de le catégoriser, il reste encore d’actualité, soulève souvent des passions, ne laissant jamais indifférent. Peut-on parler d’un héritage camusien ? Que reste-t-il de son œuvre en Amérique ?
Afin de ne pas oublier cet étranger si familier, pour le cinquantenaire de la mort de Camus, le Bureau du Doyen des Etudes Internationales et le Centre d’Etudes Européennes de l’Université du Wisconsin-Madison ont organisé du 22 au 24 avril 2010, un symposium Albert Camus, 50 ans après, autour des trois grands thèmes suivants: Camus et l’Algérie, Camus et l’exil, Camus et le public. Une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, et de professeurs, d’Algérie, de France, du Canada et des Etats-Unis, étaient présents à ces journées dont nous publions les Actes dans cet ouvrage. L’objectif de ce second colloque était de créer un débat autour de Camus et de sa vision, souvent prophétique, relire ses écrits littéraires et politiques et voir dans quelle mesure son œuvre pacifiste, peut être une source d’inspiration dans les luttes pour la liberté et la démocratie, une alternative à la violence et à la terreur qui demeurent aujourd’hui encore, hélas très actuelles.

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Les Justes: une réflexion sur les limites de l’engagement Hélène Diaz Brown 127

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Les Justes une réflexion sur les limites de l’engagement h é l è n e D i A z b r o w n La conclusion de la seconde guerre mondiale voit la montée des actes terroristes dans les colonies françaises et dans le reste du monde. Dans sa pièce Les Justes, de 1949, Albert Camus propose un examen qui permet de faire progresser notre réflexion contemporaine sur le terrorisme. L’intérêt de Camus pour les nihilistes russes, dès 1946, ainsi que son expérience de résistant et de Français d’Algérie, lui permirent de poser la question de la violence, en général, et du terrorisme en particulier, dans des termes qui interpellent notre époque. La pièce Les Justes analyse les questions morales, psychologiques et philosophiques inhérentes au phénomène du terrorisme, en faisant ressortir les différentes limites qui peu- vent entrer en ligne de compte pour préserver ce qui était essentiel aux yeux de Camus, la vie humaine individuelle. L’œuvre de Camus peut ainsi, aujourd’hui, constituer le signal d’une réflexion sur les limites de l’engagement. La première partie de cette étude sera centrée sur les limites de l’engagement de ceux que Camus appelle, dans L’Homme révolté, “Les meurtriers délicats,” ces terroristes russes de 1905, tels qu’il les a représentés dans sa pièce. Une deuxième partie, où le mot “limites” sera pris au sens de d...

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