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L’ombre de l’arbre ou l’errance du rhizome

Études d’œuvres de Simone Schwarz-Bart, de Xavier Orville et de Maryse Condé

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Thierry T. Gustave

Avec sa place majestueuse dans la nature et avec sa structure racinaire, arborescente et généalogique, l’arbre possède traditionnellement une symbolique importante dans le paysage identitaire. Lorsque la symbolique de l’arbre est dépossédée de ses caractéristiques et que sa structure et sa force sont menacées, elle révèle une vision tourmentée du paysage identitaire. Au niveau de son système racinaire, la symbolique de l’arbre est limitée, déstabilisée, voire déracinée de sa force, et la symbolique du rhizome offre une autre façon d’appréhender la structure généalogique. Pour dévoiler les aspects de la colonisation, Thierry T. Gustave explore la symbolique de l’arbre et celle du rhizome dans les œuvres littéraires de la Martinique et de la Guadeloupe. Son ouvrage analyse plus particulièrement la flore antillaise comme métaphore et représentation du paysage identitaire dans luie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, Délice et le fromager de Xavier Orville, et Pays mêlé de Maryse Condé.

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Conclusion 161

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Conclusion La parole de mon paysage est d’abord forêt, qui sans arrêt foisonne. Je ne pratique pas l’économie du pré, je ne partage pas la tranquillité de la source. Édouard Glissant (Le Discours antillais 255) Dans Pluie et Vent sur Télumée miracle de Simone Schwarz-Bart, Délice et le fromager de Xavier Orville et Pays mêlé de Maryse Condé, les narrateurs nous ont introduit dans un monde complexe du paysage identitaire. C’est dans le contexte du déclin de l’agriculture des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt que ces auteurs ont écrit leurs œuvres. Avant eux, deux auteurs, Aimé Césaire et Édouard Glissant, avaient utilisé la flore des Antilles pour souligner les nombreuses contradictions de l’identité antillaise face à la colonisation. Au sein de leur flore identitaire, deux métaphores nous ont intéressés : l’arbre avec sa racine et le rhizome. Si Césaire a fouillé la terre antillaise pour trouver une genèse dans sa culture, c’est parce qu’il avait vu la nécessité d’ancrer les Antilles devant une mémoire enfouie. Si Glissant a fouillé la terre antillaise, pour trouver la diversité de sa culture, c’est parce qu’il a compris que dans le paysage antillais, il existe de nombreuses possibilités pour comprendre la culture créole. Ses deux écrivains ont chacun de leur côté parlé de la blessure originelle au sein du sol antillais et leurs visions ont permis de voir que l’arbre et...

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