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Voyages dans l’école cartographique de Dieppe au XVI e siècle

Espaces, altérités et influences

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Martine Sauret

Cet ouvrage se propose d’étudier l’histoire de l’école Cartographique de Dieppe au XVI e siècle (Cossin, Nicholas Desliens, Pierre Desceliers, Roze, Guillaume le Testu, Nicholas Vallard, Jacques de Vaulx, Jacques de Vau de Claye) et d’examiner les influences des journaux de voyages de Jean et Raoul Parmentier, Verrazano et Cartier sur le tracé iconographique et cartographique de l’école cartographique de Dieppe.
Traversant l’histoire des savoirs et de ses supports matériels, l’histoire de l’imaginaire collectif et la sociologie de la connaissance, ces cartographes présentent des choix esthétiques et intellectuels importants dans l’élaboration de leurs cartes. Ils invitent les lecteurs à les redécouvrir.
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Chapitre 1: Les Pérégrinations du Regard et des Savoirs de l’École de Dieppe

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CHAPITRE 1



Les Pérégrinations du Regard et des Savoirs de l’École de Dieppe

Nous sommes les premiers, depuis quelques dizaines d’années à peine à vivre dans un monde totalement déterminé par une science et des techniques dont la vérité objective et le savoir-faire ont tirés de lois cosmiques, universelles, bien distinctes des lois terrestres et “naturelles,” un monde dans lequel on applique à la nature terrestre, à l’artifice humain un savoir que l’on a acquis en choisissant un point de référence hors de la terre. (Hannah Arendt)1

Ces quelques lignes d’Hannah Arendt, bien qu’écrites au XXe siècle s’inscrivent dans un courant universel et continu de pensée qui n’est pas étranger au discours de ce livre. Si la notion “d’universalité” a bien sûr changé au cours des siècles, ces quelques phrases montrent les questions éthiques, philosophiques et sociologiques que l’écrivaine s’est posées quatre siècles plus tard de ce que nous étudions dans cet ouvrage. La continuité semble d’emblée se mettre en place: l’analyse d’Hannah Arendt, qui met en relation la perte du monde naturel selon la philosophie moderne (en rapport avec son éloignement du centre “d’Archimède") s’appuie aussi sur un document d’Alexandre Koyné à propos de la révolution scientifique des XVIe et XVIIe siècles. Ces deux auteurs examinent la fin des notions et des cadres de la pensée sur l’universalité des temps...

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