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Haïti après le tremblement de terre

La forme, le rôle et le pouvoir de l’écriture

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Edited By Emmanuelle Anne Vanborre

En parallèle à la construction historique d’Haïti en tant que pays indépendant, la littérature haïtienne s’est montrée dynamique depuis plus de deux siècles. Les écrivains, poètes, artistes, créent et notent la vivacité culturelle d’Haïti. Le 12 janvier 2010, le séisme fait trembler la terre d’Haïti, fait trembler les corps et les âmes des personnes d’Haïti et d’ailleurs. Immédiatement après la catastrophe, les écrivains continuent à écrire, reprennent l’écriture, commencent à créer de nouvelles œuvres sur le tremblement de terre et ses conséquences. Plusieurs articles, récits, fictions, volumes collectifs sont publiés. La force et la vie de la littérature haïtienne continuent à impliquer les lecteurs, en éveillent de nouveaux. La misère, la douleur, la tristesse et la mort peuplent les lignes, mais la beauté, le courage, la vision et l’espoir sont également présents. Les mots essaient de contenir la complexité de la nouvelle face d’Haïti. Les mots essaient de capturer l’absence. Mais comment le témoignage est-il possible quand l’événement est une catastrophe, quand l’événement a pris la vie de tant de personnes, quand l’événement touche à la destruction et à la mort ? Ce volume s’attache à analyser les écrits qui ont trait au séisme, au rôle et au pouvoir de la littérature, à la nécessité d’écrire qui suit un tel événement traumatique. Le but est d’offrir une réflexion sur ce que peut la littérature, la fiction, ce que peuvent les mots devant le drame qui est survenu à Haïti.
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4. Haïti pour une reconquête : écrire, s’accrocher, être et demeurer

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CARMELLE ST-GÉRARD LOPEZ

Michel le Bris, écrivain français bien connu pour son initiative dans l’organisation du Festival des Étonnants Voyageurs, déclara le 28 janvier 2010 à la suite du tremblement de terre : « Les Haïtiens sont très fiers de leurs artistes parce qu’ils ont le sentiment que, par leurs livres, par leur musique, par leur peinture, ils disent que l’être humain a en lui quelque chose de plus grand que ce qui prétend l’abattre. » Il ne saurait si bien dire, car en effet, s’il y a un domaine qui ne se dément pas dans ce pays, c’est bien celui de l’art sous toutes ses facettes, et en l’occurrence, sa littérature.

Par une certaine ironie des choses, il se trouve que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 survint au moment précis où le Festival des Étonnants Voyageurs s’apprêtait à occuper l’espace littéraire haïtien, c’est-à-dire au lendemain du jour fatal. Inutile de mentionner que des écrivains étrangers et de la diaspora haïtienne se trouvaient sur place, ayant rejoint pour l’occasion, ceux qui vivent dans le pays. Et voilà que — comme si dans ce désastre pluridimensionnel, les Lettres haïtiennes se devaient de payer leur tribut d’un sacrifice ultime — l’écrivain géographe Georges Anglade, venu participer à ce festival, se retrouve enseveli sous une masse de gravats en compagnie de son épouse. Effroi ! Pourtant, c’est un fait bien connu, dans la d...

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