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Haïti après le tremblement de terre

La forme, le rôle et le pouvoir de l’écriture

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Emmanuelle Anne Vanborre

En parallèle à la construction historique d’Haïti en tant que pays indépendant, la littérature haïtienne s’est montrée dynamique depuis plus de deux siècles. Les écrivains, poètes, artistes, créent et notent la vivacité culturelle d’Haïti. Le 12 janvier 2010, le séisme fait trembler la terre d’Haïti, fait trembler les corps et les âmes des personnes d’Haïti et d’ailleurs. Immédiatement après la catastrophe, les écrivains continuent à écrire, reprennent l’écriture, commencent à créer de nouvelles œuvres sur le tremblement de terre et ses conséquences. Plusieurs articles, récits, fictions, volumes collectifs sont publiés. La force et la vie de la littérature haïtienne continuent à impliquer les lecteurs, en éveillent de nouveaux. La misère, la douleur, la tristesse et la mort peuplent les lignes, mais la beauté, le courage, la vision et l’espoir sont également présents. Les mots essaient de contenir la complexité de la nouvelle face d’Haïti. Les mots essaient de capturer l’absence. Mais comment le témoignage est-il possible quand l’événement est une catastrophe, quand l’événement a pris la vie de tant de personnes, quand l’événement touche à la destruction et à la mort ? Ce volume s’attache à analyser les écrits qui ont trait au séisme, au rôle et au pouvoir de la littérature, à la nécessité d’écrire qui suit un tel événement traumatique. Le but est d’offrir une réflexion sur ce que peut la littérature, la fiction, ce que peuvent les mots devant le drame qui est survenu à Haïti.
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6. « Raconter la chose » pour « dire l’inénarrable. » Ballade d’un amour inachevé de Louis-Philippe Dalembert

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EMANUELA CACCHIOLI

Université de Gênes (Italie)

Le roman Ballade d’un amour inachevé a été publié à la fin du mois d’août 2013, presque trois ans après le séisme qui a secoué Haïti le 12 janvier 2010. Louis-Philippe Dalembert a commencé son écriture bien avant la terrible catastrophe, mais il n’a pas pu terminer son travail au cours de 2010 à cause du sujet dont il était en train de parler : le tremblement de terre qui a eu lieu le 6 avril 2009 aux Abruzzes. Il ne s’agissait pas d’une prémonition, mais d’une coïncidence puisque l’écrivain a vécu directement les deux expériences. Cependant le séisme d’Haïti est beaucoup plus frappant pour lui ; c’est un événement qui lui coupe la parole et qui l’empêche de transformer les sensations vécues en création cathartique. Dans un entretien accordé au journal Libération le 19 janvier 2010 et puis repris dans beaucoup de quotidiens italiens et français, Dalembert résume la différence entre les deux tremblements de terre avec ces mots : « Le tremblement de terre des Abruzzes, en Italie, au mois d’avril dernier, que j’ai vécu au premier plan pour des raisons personnelles, était une catastrophe naturelle. Ici, c’est une malédiction. » C’est pour cette raison qu’il a eu besoin de plusieurs mois avant de trouver les mots pour relater cette expérience à même d’anéantir son esprit.

Dans...

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