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L’Eclat du voyage

Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres

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Mathilde Poizat-Amar

Que se joue-t-il entre le voyage et la littérature au début du XXe siècle ? Cet ouvrage se penche sur les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert Londres pour comprendre comment s’articulent le voyage et son écriture autour du motif de l’éclat. Dans ces trois œuvres, le lien entre soi, le monde et l’autre est profondément remis en question dès qu’il est question de voyage. L’écriture elle-même a tendance à sortir des sentiers battus et menace d’éclatement certaines classifications narratives, linguistiques, génériques et poétiques. Plus encore, les textes étudiés obligent le critique qui veut les suivre à tracer une trajectoire qui lui est propre afin d’étudier de près les directions prises par ces textes en perpétuelle partance. Ce livre propose de s’engager dans cette trajectoire critique et, tout en cheminant, montre la nécessité de penser conjointement voyage et éclatement, voyage et littérature, et suggère une nouvelle lecture des textes considérés.

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Conclusion

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Il est temps, au terme de notre étude, de pencher un regard surplombant sur les œuvres de Blaise Cendrars, Victor Segalen et Albert Londres, et d’éclairer quelques points de contact entre ces trois trajectoires singulières afin d’ancrer ces trois auteurs, de situer la portée et l’héritage de leurs œuvres dans le paysage de la littérature de voyage.

Notre examen de l’œuvre de Blaise Cendrars a permis de mettre en évidence la présence du voyage au sein du texte littéraire comme un moyen de percer le monde et de le révéler dans sa profondeur. Par le biais du voyage, texte et paysage se rejoignent dans l’inadmissible cendrarsien, c’est-à-dire dans une esthétique d’une profondeur fragmentée. Plus encore, l’examen de ces « anarchitextes »1 éclatés de l’intérieur, à la limite de l’implosion, révèle la mise en œuvre dans le texte cendrarsien d’une véritable anarchitecture (ou architecture anarchique) du monde : l’exploration d’un paysage en apparence éclaté en surface par les personnages cendrarsiens ou par l’auteur le révèle profondément « construit » de strates, oscillant avec une régularité vertigineuse entre ordre et désordre, dérive et contrôle, organisation et chaos. Le verbe « construire » constitue en effet la clausule cendrarsienne par excellence : lancé par l’auteur dans un dernier souffle selon la mythologie cendrarsienne,2 « construire » ne s’envisage pas chez Cendrars sans la reconnaissance d’un éclatement fondamental et nécessaire. Embrasser le ← 193...

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