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L’Eclat du voyage

Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres

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Mathilde Poizat-Amar

Que se joue-t-il entre le voyage et la littérature au début du XXe siècle ? Cet ouvrage se penche sur les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert Londres pour comprendre comment s’articulent le voyage et son écriture autour du motif de l’éclat. Dans ces trois œuvres, le lien entre soi, le monde et l’autre est profondément remis en question dès qu’il est question de voyage. L’écriture elle-même a tendance à sortir des sentiers battus et menace d’éclatement certaines classifications narratives, linguistiques, génériques et poétiques. Plus encore, les textes étudiés obligent le critique qui veut les suivre à tracer une trajectoire qui lui est propre afin d’étudier de près les directions prises par ces textes en perpétuelle partance. Ce livre propose de s’engager dans cette trajectoire critique et, tout en cheminant, montre la nécessité de penser conjointement voyage et éclatement, voyage et littérature, et suggère une nouvelle lecture des textes considérés.

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Chapitre 2: Blaise Cendrars : vers la profondeur

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CHAPITRE 2

Blaise Cendrars : vers la profondeur

Le point de départ de notre étude se place non pas sous le signe d’Orion, constellation chère à Cendrars, mais de sa poésie : nous avons choisi de nous concentrer sur la célèbre La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France (1913)1 publiée pour la première fois à un peu moins de 150 exemplaires, accompagnée par les illustrations « simultanées » de Sonia Delaunay réalisées à l’huile sur toile ainsi que sur le Panama et les aventures de mes sept oncles (1918),2 sur les Dix-neuf poèmes élastiques (1919),3 Kodak (1924)4 et Feuille de route. I. Le Formose (1924),5 dont les poèmes évoquent pour une très large majorité un élan vers l’ailleurs. Si la poésie cendrarsienne occupe ainsi une place importante dans ce chapitre, nous ne nous y bornons pas pour autant : trois autres textes retiendront notre attention. Il s’agit de Moravagine6 et de L’Eubage, aux antipodes de l’unité (1926)7 d’une part, et du recueil de nouvelles La Vie dangereuse (1938),8 également publié avant la Seconde Guerre Mondiale. Le choix de ce corpus, qui favorise les écrits de jeunesse du poète au dépend de son œuvre plus tardive, laissant de côté ses reportages par exemple, permet de mettre en ← 31 | 32 → évidence une poétique du voyage au sein de l’œuvre cendrarsienne...

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