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L’Eclat du voyage

Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres

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Mathilde Poizat-Amar

Que se joue-t-il entre le voyage et la littérature au début du XXe siècle ? Cet ouvrage se penche sur les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert Londres pour comprendre comment s’articulent le voyage et son écriture autour du motif de l’éclat. Dans ces trois œuvres, le lien entre soi, le monde et l’autre est profondément remis en question dès qu’il est question de voyage. L’écriture elle-même a tendance à sortir des sentiers battus et menace d’éclatement certaines classifications narratives, linguistiques, génériques et poétiques. Plus encore, les textes étudiés obligent le critique qui veut les suivre à tracer une trajectoire qui lui est propre afin d’étudier de près les directions prises par ces textes en perpétuelle partance. Ce livre propose de s’engager dans cette trajectoire critique et, tout en cheminant, montre la nécessité de penser conjointement voyage et éclatement, voyage et littérature, et suggère une nouvelle lecture des textes considérés.

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Chapitre 4: Albert Londres : l’échappée du voyage

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CHAPITRE 4

Albert Londres : l’échappée du voyage

Les récits de voyages d’Albert Londres diffèrent grandement de ceux de Cendrars et de Segalen. La spécificité de son écriture tient d’abord à la nature de sa profession : grand reporter, Londres écrit sous une contrainte éditoriale, dans un format réduit et fragmenté, pour un public mêlant amateurs de littérature aussi bien que de faits divers. La seconde particularité de l’œuvre réside dans la position paradoxale de la réception critique et éditoriale face à cet auteur. D’une part, Albert Londres jouit d’un lectorat enthousiaste : l’engouement du public dans les années 1920 comme de la presse qui le soutient pour ses reportages lui permet d’en éditer la plupart en texte intégral, souvent l’année suivant leur parution dans la presse.1 Ses œuvres complètes sont éditées par Arléa en 1992 puis en 2007,2 un prix journalistique porte son nom,3 Pierre Assouline et Régis Debray lui ont consacré une biographie et un essai.4 Cependant, la critique littéraire se montre bien plus timide à son égard : les articles qui s’intéressent aux ← 155 | 156 → textes de Londres le placent souvent aux marges de la littérature, concédant à l’écriture des velléités littéraires sans pour autant lui confier une place confortable au sein du paysage littéraire français. Ce chapitre est l’occasion de continuer l’entreprise de déblaiement critique...

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