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L'Univers de la création littéraire

Dans la chambre noire de l’écriture : «Hérodias» de Flaubert

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Philippe Willemart

Etude des manuscrits d’Hérodias de Flaubert, cet essai critique présente une théorie de l’écriture inédite qui dépasse les études habituelles sur les rapports entre la littérature et la psychanalyse. Suivant la formation de l’écriture à la trace, de folio en folio, l’auteur prend ses distances vis-à-vis de l’écrivain Flaubert et découvre un autre Flaubert enrichissant la littérature française qui se soumet progressivement non sans lutte à la tradition, à ses lectures, à ses voyages en Orient et à la langue française qu’il réinvente. Ainsi il se fait scripteur et devient l’auteur que nous connaissons. Détectant l’importance de la conception du temps pour ne pas dire du hors-temps dans la création, l’auteur rattache son étude à la quatrième dimension des physiciens et y voit la source des processus de création dans les arts et la littérature.

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Chapter 5: Un auteur par manuscrit: Un argument psychanalytique

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Chapitre 5 Un auteur par manuscrit : Un argument psychanalytique Devant la pluralité des textes d’un même auteur, le psychanalyste ou le critique littéraire s’inspirant de la théorie freudienne, se demande souvent, comment articuler l’unicité de l’inconscient personnel de l’écrivain et ses textes publiés, comment justifier, en d’autres mots, la singularité de ces textes provenant tous d’un même homme, ou encore comment avoir l’audace de soutenir que Saint-Julien l’Hospitalier, Un cœur simple et Hérodias sont des textes différents qui ne relèvent pas d’un même sous-discours inconscient bien qu’ayant été écrits l’un à la suite de l’autre, entre le 15 mars 1875 et le 15 février 1877 ? Nous serons tous d’accord sur la pluralité littéraire et la richesse qui en découle, mais non à ordonner ce fait avec un inconscient personnel qui serait présent et influent à chaque pas. Freud a toujours considéré les classiques comme étant ses maîtres, mais il n’a pas su “ordonner” ou mettre son admiration pour les artistes dans sa théorie sinon pour confirmer la psychanalyse dans la Gradiva ou pour essayer de tracer un lien entre la technique de l’œuvre d’art et la produc- tion de plaisir dans l’analyse du Moïse de Michel-Ange ou même de relier ce même plaisir du spectateur aux pulsions de l’artiste dans le Souvenir d’enfance de Léonard de Vinci.1 Tout comme Freud, nous maintiendrons par ailleurs que les artistes et les écrivains...

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