Show Less

L'Univers de la création littéraire

Dans la chambre noire de l’écriture : «Hérodias» de Flaubert

Series:

Philippe Willemart

Etude des manuscrits d’Hérodias de Flaubert, cet essai critique présente une théorie de l’écriture inédite qui dépasse les études habituelles sur les rapports entre la littérature et la psychanalyse. Suivant la formation de l’écriture à la trace, de folio en folio, l’auteur prend ses distances vis-à-vis de l’écrivain Flaubert et découvre un autre Flaubert enrichissant la littérature française qui se soumet progressivement non sans lutte à la tradition, à ses lectures, à ses voyages en Orient et à la langue française qu’il réinvente. Ainsi il se fait scripteur et devient l’auteur que nous connaissons. Détectant l’importance de la conception du temps pour ne pas dire du hors-temps dans la création, l’auteur rattache son étude à la quatrième dimension des physiciens et y voit la source des processus de création dans les arts et la littérature.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Chapter 6: Le manuscrit et les sciences exactes

Extract

Chapitre 6 Le manuscrit et les sciences exactes La quatrième dimension dans le manuscrit1 Le manuscrit du conte Hérodias de Flaubert et particulièrement les 106 folios du premier chapitre, laissent entrevoir de nombreux mécanismes de l’écriture. Le déchiffrement et le classement de ces folios permet en effet d’opposer assez clairement les huit premières versions où s’élaborent les structures macro-narratives, aux cinq dernières où, la condensation aidant, Flaubert ramassait le conte dans le texte que nous connaissons. Mais si nous rapprochons le manuscrit des Carnets de Travail (Biasi 1988), d’autres surprises attendent le critique et donnent peut-être une autre vision de la naissance du texte chez cet auteur. Après la scène de ménage assez violente qui oppose Hérode-Antipas à sa femme et la dernière réplique d’Hérodias rappelant Hulda, la femme arabe,2 le lecteur observe le brusque passage au descriptif quand le narra- teur l’obligeant à suivre le regard d’Antipas, lui fait voir “une jeune fille et une vieille femme tenant un parasol à manche de roseau long comme la ligne d’un pêcheur”. 1 Ce titre n’est pas sans rappeler l’article de Louis Hay, “Die dritte Dimension der Literatur : Notizen zu einer ‘critique génétique’”, Poetica 16/3–4 (1984), 307–323, manière de rendre hommage au fondateur de l’ITEM qui a inspiré ces lignes. 2 “Reprends-là ! Va t’en vivre avec elle, dans sa maison de toile ! dévore son pain cuit sous la cendre...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.