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À la recherche de l’homme nouveau

Alberto Savinio et les avant-gardes à Paris 1911–1937

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Rossella Maria Bondi

Cette étude innovante retrace le parcours de l’écrivain, musicien, dramaturge et peintre italien Alberto Savinio afin d’évaluer sa place dans l’avant-garde parisienne. Elle examine l’apport littéraire et la pratique de l’art moderne du frère de Giorgio de Chirico, cet autre Italien adopté par la capitale française. Cette étude couvre de manière exhaustive l’oeuvre de Savinio durant la période 1911–1937, année de publication de son roman autobiographique Tragedia dell’infanzia. Elle replace ainsi l’artiste italien au coeur de l’avant-garde et du modernisme, le situant dans une lignée qui va d’Apollinaire à Marinetti et Breton, entre autres.

L’auteur démontre que Savinio, artiste pluridisciplinaire, a participé activement à la révolution artistique et à la recherche de « l’homme nouveau » qui ont préoccupé les avant-gardes du début du XXe siècle. Elle éclaire ainsi de façon originale une dimension peu connue de la contribution italienne à l’élaboration des idées et des pratiques d’avant-garde à Paris dans la première moitié du dernier siècle.

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Conclusion

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La mémoire de mon enfance, est comme une source d’eau poétique qui irrigue toute ma vie. L’enfance est vraiment le temps mythique de mon histoire. Une montagne surtout a donné à mon enfance la poésie et le désir. […] La fenêtre de ma chambre des jeux regardait dans les montagnes. L’un d’elles portait une protubérance au sommet que j’ai appelé l’Ourse. L’Ourse indiquait l’endroit où le secret de la montagne était caché, et au-delà de l’Ourse commençait le nouveau monde. Tout le long de mon enfance a été maintenu par l’espoir de découvrir le secret de la montagne et d’acquérir le droit d’un nouveau monde. Je ne sais pas si l’espoir est le mot juste : cet espoir je le sentais comme un devoir. Pas un jour ne passait où je ne me promettais d’aller loin de ma maison, au-delà de ce sommet, à la rencontre de mon sort.

— Alberto Savinio, « Segreto della montagna »  [« Le Secret de la montagne »], juin 19471

J’ai évoqué dans le dernier chapitre comment la poétique de la mémoire, selon Savinio, trouve sa source dans le passé, le souvenir de l’enfance et les mythes de son pays d’origine, la Grèce, qui a imprégné toute son œuvre poétique. La légende des Argonautes à la recherche de la Toison d’Or a profondément inspiré l’artiste italien : « Navigare necesse est. […] vivere non est necesse » [« Naviguer est nécessaire. […] vivre n’est pas nécessaire...

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