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Crowdfunding, industries culturelles et démarche participative

De nouveaux financements pour la création

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Laurent Creton and Kira Kitsopanidou

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. Par-delà les fantasmes cultivés par les discours médiatiques sur l’économie participative et la rhétorique techno-démocratique, cet ouvrage vise à déterminer si la nouveauté des termes « crowdfunding », « finance participative », « économie contributive », « crowdsourcing », « consommation collaborative », etc., rend compte de changements majeurs et d’innovations significatives en matière de pratiques sociales, de modèles organisationnels et de logiques financières et industrielles à l’œuvre au sein des industries de la culture.
Le crowdfunding contribue-t-il au financement et à l’exposition de biens culturels plutôt en marge des logiques industrielles et du circuit commercial traditionnel, ou est-il principalement au service de l’économie de best-sellers participant d’emblée à la réduction de l’incertitude qui caractérise tous les biens d’expérience et permettant la captation très en amont d’une audience potentielle pour les projets les plus fédérateurs ?
L’ouvrage met en perspective les logiques transformatives du crowdfunding et de l’économie participative selon une approche interdisciplinaire (économie, sociologie, sciences de l’information et de la communication, droit, histoire) en se fondant sur l’étude de cas précis et sur les témoignages de professionnels issus de différents secteurs culturels et créatifs.
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Crowdfunding et valorisation des biens culturels

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Vers plus de diversité culturelle ?

Alain RALLET et Fabrice ROCHELANDET

Les secteurs de la culture sont marqués par la contradiction suivante : alors que la consommation des biens culturels est généralement très concentrée, on observe une diversité croissante au niveau de la production de ces biens. Cela s’explique par des facteurs bien connus des économistes et sociologues de la culture (Caves, 2000) : en particulier, du côté de l’offre, les stratégies de producteurs visant à réduire l’aléa de production inhérent à ces marchés les conduisent à « multiplier les essais » tout en concentrant la promotion sur quelques produits stars ; et du côté de la demande, les comportements mimétiques des consommateurs face à des biens d’expérience et à une incertitude quant à la qualité des biens culturels conduisent à un large consensus sur une poignée d’œuvres et d’artistes. Accroître la diversité de l’offre n’a ainsi jusqu’à récemment abouti qu’à des effets limités en matière de diversité consommée.

Ce débat ancien touchant la diversité culturelle et ses contradictions pourrait toutefois être renouvelé avec le développement d’internet et plus récemment du web participatif. Un certain nombre de travaux initiés à la suite d’un article de Chris Anderson en 2004 dans la revue Wired ont exploré le modèle de la longue traîne présenté comme une alternative au modèle dominant du best-seller. La numérisation de la distribution des...

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