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Crowdfunding, industries culturelles et démarche participative

De nouveaux financements pour la création

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Laurent Creton and Kira Kitsopanidou

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. Par-delà les fantasmes cultivés par les discours médiatiques sur l’économie participative et la rhétorique techno-démocratique, cet ouvrage vise à déterminer si la nouveauté des termes « crowdfunding », « finance participative », « économie contributive », « crowdsourcing », « consommation collaborative », etc., rend compte de changements majeurs et d’innovations significatives en matière de pratiques sociales, de modèles organisationnels et de logiques financières et industrielles à l’œuvre au sein des industries de la culture.
Le crowdfunding contribue-t-il au financement et à l’exposition de biens culturels plutôt en marge des logiques industrielles et du circuit commercial traditionnel, ou est-il principalement au service de l’économie de best-sellers participant d’emblée à la réduction de l’incertitude qui caractérise tous les biens d’expérience et permettant la captation très en amont d’une audience potentielle pour les projets les plus fédérateurs ?
L’ouvrage met en perspective les logiques transformatives du crowdfunding et de l’économie participative selon une approche interdisciplinaire (économie, sociologie, sciences de l’information et de la communication, droit, histoire) en se fondant sur l’étude de cas précis et sur les témoignages de professionnels issus de différents secteurs culturels et créatifs.
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Les modèles participatifs dans les musées

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François MAIRESSE

Les modèles participatifs, associés aux technologies numériques, semblent conduire à l’avènement de nouveaux modes de gestion dans le domaine des industries culturelles, en témoignent les réalisations de films, de bandes dessinées ou de disques avec le soutien (financier ou en nature) des internautes. Ces derniers se voient ainsi proposer de nombreux projets, décrits de manière relativement précise, afin d’y « investir » quelques dizaines ou centaines d’euros. En retour, ces nouveaux « investisseurs » se voient proposer un certain nombre d’avantages plus ou moins directement liés à la hauteur de leur investissement : remerciements sur Facebook, mention dans le générique, invitations spéciales lors du tournage, etc. Impliquer la « communauté » permet de lever bien sûr des fonds parfois bien nécessaires et qui seront plus ou moins remboursés en monnaie de singe ; cette pratique a également l’avantage de constituer une sorte d’étude de marché expérimentale, tout en induisant un nouveau mode de communication pour lancer un film, un disque ou une bande dessinée. Les contreparties proposées, souvent relativement symboliques, semblent relever d’autres logiques que celles du marché : le contrat entre le producteur et le « coproducteur » s’avère quelque peu dissymétrique, ce dernier ayant finalement bien peu de (et le plus souvent aucun) pouvoir de décision quant au tournage ou à la fabrication du produit. La plupart du temps, il ne recevra aucun retour sur son investissement si celui-ci s’avérait...

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