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Enseigner les littératures dans le souci de la langue

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Edited By Christophe Ronveaux

Qui enseigne la littérature est plongé dans l’embarras lorsqu’il doit délimiter l’objet à enseigner. Soit la langue lui apparait dans la régularité d’un système irréductible à ses usages singuliers, considérés comme « littéraires », soit c’est la littérature qui s’impose comme l’usage le plus abouti d’une langue pour élaborer des savoirs scolaires sur celle-ci. Qu’il enseigne les littératures dans le souci de la langue ou la langue dans le souci des littératures, celui-là devra poser des choix qui renvoient aux savoirs scolaires d’une discipline, définie dans les configurations successives de son histoire. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage questionnent ces choix sous l’angle historique des pratiques attestées, sous l’angle esthétique de représentations fantasmées, sous l’angle des pratiques de classe contemporaines, sous l’angle des objets à enseigner (la ponctuation, les albums pour la jeunesse, le comique, la lecture littéraire). Se côtoient analyses de dispositifs d’enseignement et de formation, du primaire et du secondaire, dans un dialogue constructif, dont la synthèse reste à faire.

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Usages disciplinaires langagiers des genres littéraires

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L’exemple de la tragédie classique dans l’enseignement secondaire français

Nathalie DENIZOT1

Les genres littéraires sont, dans l’enseignement du français, des objets d’enseignement incontournables en France depuis longtemps, à la fois notion et corpus, articulés à des pratiques de lecture et d’écriture. Ce sont à l’école des constructions disciplinaires, qui servent différentes finalités selon les configurations disciplinaires2 et/ou historiques, et qui s’incarnent dans des corpus scolaires spécifiques (Denizot, 2010a). C’est un de ces corpus qui m’intéressera dans cet article, celui de la tragédie dite « classique »3, genre qui appartient depuis longtemps au corpus scolaire français et que j’approcherai selon deux angles complémentaires : celui des pratiques langagières auxquelles elle est associée, ce qui pose donc la question des usages scolaires ou disciplinaires de la littérature ; celui du rapport à la langue corrélé à la scolarisation du corpus tragique, et qui construit un « portrait » de la langue, pour reprendre l’expression de Claude Vargas (1997) :

L’école construit moins un modèle qu’un portrait de la langue : écrite, unifiée, corsetée et orthographiée. Portrait réducteur, comme l’est un modèle scientifique. Mais portrait déformé/déformant et composite, comme ne doit pas l’être un modèle scientifique (p. 27).

Je me propose donc ici de suivre les formes scolaires de la tragédie classique, dont le corpus et la définition varient selon les usages que...

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