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Mémoires de conflits, mémoires en conflits

Affrontements identitaires, tensions politiques et luttes symboliques autour du passé

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Edited By Olha Ostriitchouk

Cet ouvrage part du postulat que le degré d’effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d’un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l’égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale… Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.

Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l’attitude de l’État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d’une cohésion au sein d’une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s’accompagner d’un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C’est à ces questions, d’ordre d’abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

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Une mémoire régionale en porte-à-faux avec la mémoire nationale : le cas des Malgré-nous d’Alsace et de Moselle

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Jean-Noël Grandhomme

Professeur à l’Université de Lorraine à Nancy

Comme au lendemain de l’Armistice du 11 novembre 1918, la majorité des Alsaciens et des Lorrains mosellans entrent dans l’après Seconde Guerre mondiale dans des conditions très différentes des autres Français. En effet, si certains, restés ou passés en France « de l’intérieur », ont vécu la même histoire que le reste de leurs compatriotes, la plupart ont connu des expériences qui n’ont pas été partagées par l’ensemble de la communauté nationale : annexion de fait par l’Allemagne hitlérienne en juin 1940, tentative de germanisation et de nazification – avec son lot de résistances, mais aussi de compromissions – incorporation de force dans le RAD (service du travail du Reich) en mai 1941 et dans la Wehrmacht en août 1942, et, pour beaucoup, une expérience directe du stalinisme en tant que prisonniers de guerre. La mémoire en Alsace et en Moselle ne peut donc être que plurielle.

Des catégories variées

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