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L’entreprise généalogique / The Genealogical Enterprise

Pratiques sociales et imaginaires en Europe (XVe–XIXe siècles) / Social Practices and Collective Imagination in Europe (15th–20th century)

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Edited By Stéphane Jettot and Marie Lezowski

Le présent ouvrage porte sur les ressorts de l’entreprise généalogique. L’investigation sur la parenté est un choix, souvent risqué : tout l’enjeu étant ici de mieux cerner les implications sociales de cette entreprise, à la croisée de l’individuel et du collectif, en la rapportant à un contexte complexe (culturel, matériel et socio-politique). L’histoire de la généalogie proposée est ainsi clairement distincte de l’étude des formes de la parenté et de la mémoire des familles, notamment élitaires.

Dans la continuité d’enquêtes sociales récentes, cette recherche collective analyse les mécanismes des pratiques généalogiques à partir de quatre thèmes complémentaires : la place de l’événement, le jeu des liens de sociabilité et de dépendance, les supports matériels et les imaginaires de la parenté qui lui sont associés, enfin, les choix éditoriaux. Le choix d’une longue séquence, du XVe siècle à nos jours, permet de réunir une pluralité d’entreprises et d’acteurs qui y concourent, des élites princières et citadines à la noblesse seigneuriale, en passant par le milieu des libraires-éditeurs et des artisans urbains. Si les généalogies étudiées n’ont pas de siècle d’or – déterminé en général selon les critères de l’érudition –, il existe cependant des contextes déterminants, qui sont identifiés à partir d’un large éventail de cas européens, mais peuvent aussi avoir une portée européenne. Aussi la dernière partie du volume est-elle consacrée à une inflexion notable du XVIIIe siècle : le développement européen de grandes entreprises éditoriales qui, mêlant biographies et cultures lignagères, anticipent sur l’apparition du marché généalogique des Who’s who et autres Bottins mondains.

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Introduction : Les ressorts de l’entreprise généalogique

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11 Introduction Les ressorts de l’entreprise généalogique Stéphane Jettot et Marie Lezowski Université Paris-Sorbonne, Maison française d’Oxford et Centre de Recherches Historiques de l’Ouest (CERHIO), Université d’Angers, CNRS, Université Bretagne-Loire Dans un ouvrage de référence, Roberto Bizzocchi a fait la démonstration éclatante du lien étroit qui unit l’art de la généalogie et l’éclosion de l’histoire critique à l’époque moderne1. La recherche des ancêtres peut en effet se fonder sur des connaissances approfondies et des compétences techniques (sigillographie, héraldique, épigraphie, numismatique, etc.), maîtrisées seulement par un petit nombre d’érudits profondément cultivés. Germain Butaud, Valérie Piétri et Olivier Rouchon ont récemment mis en lumière le prodigieux essor de ces recherches à l’époque moderne, et montré qu’elles sont souvent le fait du prince et des meilleurs historiens du temps2. Ces travaux ont aussi mis l’accent sur des formes plus répandues de généalogies. Ces pratiques d’écriture courantes (notes manuscrites, écrits notariés) méritent autant d’attention que les généalogies de prestige, divulguées par l’imprimé, la gravure et l’image peinte ou sculptée. Toutes ces enquêtes ont fait émerger un champ spécifique de la recherche : l’histoire des pratiques généalogiques, qui n’est pas réductible à l’histoire de la famille ni à celle des savoirs érudits, mais se situe à la croisée de ces deux objets. Dans le sillage de ces travaux pionniers, le pr...

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