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L’entreprise généalogique / The Genealogical Enterprise

Pratiques sociales et imaginaires en Europe (XVe–XIXe siècles) / Social Practices and Collective Imagination in Europe (15th–20th century)

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Edited By Stéphane Jettot and Marie Lezowski

Le présent ouvrage porte sur les ressorts de l’entreprise généalogique. L’investigation sur la parenté est un choix, souvent risqué : tout l’enjeu étant ici de mieux cerner les implications sociales de cette entreprise, à la croisée de l’individuel et du collectif, en la rapportant à un contexte complexe (culturel, matériel et socio-politique). L’histoire de la généalogie proposée est ainsi clairement distincte de l’étude des formes de la parenté et de la mémoire des familles, notamment élitaires.

Dans la continuité d’enquêtes sociales récentes, cette recherche collective analyse les mécanismes des pratiques généalogiques à partir de quatre thèmes complémentaires : la place de l’événement, le jeu des liens de sociabilité et de dépendance, les supports matériels et les imaginaires de la parenté qui lui sont associés, enfin, les choix éditoriaux. Le choix d’une longue séquence, du XVe siècle à nos jours, permet de réunir une pluralité d’entreprises et d’acteurs qui y concourent, des élites princières et citadines à la noblesse seigneuriale, en passant par le milieu des libraires-éditeurs et des artisans urbains. Si les généalogies étudiées n’ont pas de siècle d’or – déterminé en général selon les critères de l’érudition –, il existe cependant des contextes déterminants, qui sont identifiés à partir d’un large éventail de cas européens, mais peuvent aussi avoir une portée européenne. Aussi la dernière partie du volume est-elle consacrée à une inflexion notable du XVIIIe siècle : le développement européen de grandes entreprises éditoriales qui, mêlant biographies et cultures lignagères, anticipent sur l’apparition du marché généalogique des Who’s who et autres Bottins mondains.

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Partie II / Part II : Une entreprise collective / A Collective Enterprise

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Partie II / Part II Une entreprise collective / A Collective Enterprise 129 L’entreprise généalogique dans les familles de l’élite florentine Christiane Klapisch-Zuber EHESS, CRH Abstract This chapter deals with the Florentine Libri di famiglia and the overlap between the private and the public sphere in the 14th and 15th centuries. Even though these manuscript volumes were mostly written in a domestic context by the head of the household, who were transcribing their family history in their spare time, their acceptance by a wider public was dependant on their ability to adapt to the demands of the genre. They were also linked to the social position of their authors such as, for example, the Florentine genealogists who belonged to a mercantile background and who were still engaged in their various economic and social activities. Hence their writing bore the mark of a strict and rational approach to time. Moreover, they were also influenced by the Florentine politics in which families were competing for the same public charges, requiring written proof about the ancestors. The distinction between the family sphere and the outside world is even more problematic as the public charges were distributed within the kinship but had to follow some public rules. Beyond the Florentine case study, it could be argued that family chronicles adhered to the same standards imposed on published narratives (credibility, individual rights and prerogatives). Public and private circulation could not be easily distinguished from each other1. * * * La gestation du système g...

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