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Poésie francophone de Louisiane à la fin du XXe siècle

Complexité linguistique et clandestinité dans les œuvres de Arceneaux, Cheramie et Clifton

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Jean-François Caparroy

Pour beaucoup, la Louisiane apparaît comme un continent perdu des Francophonies. La question est plus complexe. Elle mérite l’attention.

Pourquoi Jean Arceneaux, Deborah Clifton et David Cheramie – trois poètes francophones louisianais – font-ils le choix de se représenter sous les traits du monstre ? L’étude comparée des recueils Cris sur le bayou, Suite du loup, À cette heure la louve et Lait à mère met en évidence l’existence d’un espace intertextuel, métaphorisé par les poètes eux-mêmes sous les traits du « pays des loups ».

Les errances de leurs doubles poétiques dessinent de la sorte les fondations d’un nouveau mythe américain. L’esthétique du louvoiement et la prolifération d’une monstruosité formelle, tels sont les artéfacts poétiques mis en place par ces auteurs.

Fidèles à une forme de pensée clandestine, leurs recueils donnent libre cours à une inversion des valeurs sociales, esthétiques et linguistiques, laissant le vide et le silence d’une condition d’aliéné devenir matériau d’une entreprise d’exploration mnésique à des fins de réhabilitation du soi.

Une expérience rare, peut-être ultime, en tous les cas unique. Façon de reconquérir une langue française au potentiel performatif décuplé, faisant de l’Autre anglophone redouté le complice médusé d’un rituel poétique de déconstruction et d’auto-gestation.

En quoi les Amériques n’ont pas fini de nous interpeller.

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Annexes

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Présentation des annexes

Nous avons choisi d’ajouter en annexe de cette étude un glossaire du vocabulaire cajun et créole de Louisiane, afin de faciliter la lecture de certains poèmes, notamment ceux tirés de Cris sur le bayou, où les « louisianismes » sont en plus grand nombre que dans les recueils plus récents de nos auteurs. Par ailleurs, nous avons voulu faciliter un décryptage des poèmes de Deborah Clifton, permettant ainsi au lecteur non créolophone de ne pas être uniquement tributaire de nos traductions personnelles, lesquelles présentent sans doute à bien des égards et particulièrement d’un point de vue poétique des faiblesses ou des lacunes.

Quant aux extraits du corpus, nous en avons rapporté ici en échantillon, deux ou trois poèmes de chaque auteur, certes non représentatifs de l’ensemble de leurs œuvres, mais choisis en cohérence avec notre étude. Ainsi, nous avons privilégié, à notre sens, des textes rendant compte assez directement de l’esthétique de la monstruosité.

Par exemple le texte de J. Arceneaux « « Schizophrénie linguistique » (1) présente des formes de monstruosité linguistique évidentes, tandis que les quatre annexes suivantes, toutes extraites de la Suite du loup, en offrent une première vue synthétique qui insiste sur la dynamique de métamorphose qui la dirige. Il s’agit en effet de la préface de l’auteur (2), du premier et du dernier poème de la Suite (3)...

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