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Agriculture et changements globaux

Expertises globales et situations locales

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Xavier Arnauld de Sartre

L’agriculture est au cœur des changements globaux, tant pour avoir participé à leur survenue que comme solution potentielle. Aussi n’est-il pas étonnant qu’elle tienne une place particulière dans les prospectives destinées à faire réfléchir les décideurs sur les scénarios souhaitables pour relever les défis posés par ces problématiques. Deux scénarios, considérés comme des scénarios de rupture, retiennent particulièrement l’attention des analystes : le scénario dit de Technogarden, destiné à utiliser les technologies pour résoudre les problèmes posés par le mode de développement moderne, et le scénario dit Mosaïque adaptative qui prône l’autonomie des territoires, voire une certaine décroissance.

Après avoir examiné dans la première partie de l’ouvrage les fondements scientifiques de ces analyses, les enjeux des prospectives et les différentes options qu’elles posent, la deuxième partie est consacrée à l’analyse de trois situations concrètes : la protection de la forêt tropicale en Afrique centrale, la colonisation de l’Amazonie et la production au travers de semences transgéniques dans les Pampas argentines.

Écrit par un géographe mais faisant largement appel aux apports des sciences sociales, cet ouvrage montre l’importance des verrouillages spatiaux, c’est-à-dire des rapports à l’espace hérités des cinquante dernières années et limitant fortement les possibilités d’innovations.

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Introduction

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L’expression « changements globaux » est couramment retenue pour qualifier ces problèmes qui se manifestent dans différents endroits du globe en suivant une même temporalité et qui trouvent leurs origines dans les mêmes processus. Le changement climatique, l’extinction de la biodiversité et la crise alimentaire constituent les trois processus les plus connus. Chaque changement global fait l’objet de diagnostics scientifiques globaux : le GIEC pour le changement climatique (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, 2014), le MEA pour la biodiversité (Millennium Ecosystem Assessment, 2005b) et l’IAASTD pour l’agriculture (International Assessment of Agricultural Knowledge Science and Technology for Development, 2009). Les diagnostics réalisés par chacun de ces groupes d’experts permettent de penser avec un très fort degré de certitude que nous sommes entrés, du fait des activités humaines, dans une ère de changements majeurs, l’Anthropocène (Crutzen, 2002 ; Crutzen et Stoermer, 2004 ; Lorius et Carpentier, 2010 ; Steffen et al., 2011) :

Considérant les conséquences, qui ne font que s’aggraver, que les activités humaines ont sur la terre et l’atmosphère, il nous paraît plus approprié de mettre l’accent sur le rôle central que l’humanité joue sur la géologie et l’écologie en proposant l’usage du terme Anthropocène pour qualifier l’époque géologique actuelle. Les impacts des activités humaines vont continuer pendant longtemps encore (Crutzen et Stoermer, 2004, p. 17-18).

Parler d’Anthropocène, c’est, comme le disent Christophe Bonneuil et...

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