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La sécession du Katanga : témoignage

(juillet 1960 – janvier 1963)

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Jacques Brassinne de La Buissière

Le 30 juin 1960, le Congo n’est plus une colonie belge mais un État indépendant. Rapidement, la riche province du Katanga fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombe, ennemi politique du Premier ministre Patrice Lumumba, profitant de l’inertie d’une Belgique plus préoccupée par ses problèmes propres que soucieuse de ses intérêts en Afrique. Nombreux furent les Belges qui, de bonne foi, ont cru au succès de « la sécession du Katanga ». Un ensemble d’éléments permit d’y croire pendant quelques semaines : les attitudes du roi Baudouin et du gouvernement Eyskens allaient dans ce sens. C’était sans compter avec la prise de position négative des Nations Unies et des États-Unis qui souhaitaient bouter les Belges hors du Congo et surtout de ne pas exporter la Guerre froide en Afrique. Mais s’appuyant initialement sur le gouvernement de Patrice Lumumba, les Nations Unies allaient rapidement déchanter. Au départ, le Secrétaire général Dag Hammarskjöld fut persuadé que tous les ennuis qu’il rencontrait étaient dus à l’omniprésence des Belges. Une fois ceux-ci partis, pensait-il, tout rentrerait dans l’ordre. Il n’en fut rien : l’ONUC dut reconquérir le Katanga par la force des armes pour le compte du gouvernement congolais. Il fallut deux ans et demi, pour réduire les gendarmes katangais, chasser les mercenaires, au prix de nombreuses vies, et mettre fin à la sécession du Katanga. Les Européens restés sur place, souvent avec courage, seront quant à eux baptisés « Katangaleux ». L’auteur de cet ouvrage fut l’un d’eux. Ce livre leur est dédié et vise à les sauver de l’oubli.

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4.2. Les opérations militaires de l’ONUC contre le Katanga : d’août à décembre 1961

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D’avril à juin 1961, les Nations Unies mirent tout en œuvre pour provoquer le départ des conseillers politiques et militaires belges. Elles prirent diverses initiatives avant d’entamer en août de véritables opérations militaires contre l’encadrement des forces armées katangaises. ← 418 | 419 →

Le sentiment des officiers et des sous-officiers belges était qu’étant mis à la disposition du Katanga, État étranger auquel une aide technique est prêtée, ils ne sont plus sous l’autorité de leur pays d’origine. La mise à disposition consiste à les prêter à un pays indépendant, donc à renoncer à leur égard pendant la période de mise à disposition à toute autorité hiérarchique sur eux. Pendant la mise à disposition, les militaires sont entièrement et exclusivement soumis à l’autorité du pays où ils servent, à peine d’une confusion d’autorité gravement préjudiciable aux deux États, comme aux intéressés.

En conclusion, le personnel mis à disposition ne pouvait être retiré par la volonté unilatérale de l’État qui l’a prêté sous peine de porter un préjudice grave aux autorités qui l’ont reçue. En d’autres termes, la Belgique prendrait un risque sérieux en retirant l’encadrement de la gendarmerie sans l’accord des autorités katangaises.

4.2.1. Première étape : le retrait des conseillers militaires et politiques belges

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