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Jeux de nature, natures en jeu

Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

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Ludovic Ginelli

Les « sports et loisirs de nature » sont de plus en plus massivement pratiqués en France et dans le monde mais cet engouement est sélectif. Certains usages déclinent, sont contestés dans leur légitimité, voire interdits. Que révèlent ces tendances à propos de nos rapports à l’environnement et plus largement, des tensions induites par l’écologisation des sociétés ? Comment un loisir de nature en vient-il à être qualifié ou non d’écologique ? Quels en sont les enjeux et les effets ?

Pour le comprendre, l’auteur clarifie tout d’abord les liens entre deux processus normatifs de premier plan dans les loisirs de nature : la sportivisation et l’écologisation. Sa démarche combine l’analyse socio-historique des référentiels d’usages et l’enquête de terrain pour analyser les expériences socio-environnementales associées aux sports et loisirs de nature et leurs reformulations éventuelles en termes écologiques. Un focus est réalisé sur des chasses anciennes, le kayak de mer, la chasse sous-marine et la chasse à l’arc. Ces usages très différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques sont pourtant travaillés par des processus analogues dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Au-delà de l’étude de cas, ce livre plaide pour la constitution d’un espace de discussion plus complexe autour des nouvelles questions normatives que pose la généralisation de l’impératif écologique dans la société. Le succès d’une politique environnementale est à ce prix.

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Préface: Peut-on consommer la nature de manière écologique ?

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Préface

Peut-on consommer la nature de manière écologique ?

Jean-Louis Fabiani

Depuis près d’un demi-siècle, la question de l’environnement est devenue centrale dans le débat public. La succession de situations d’urgence et d’états de catastrophe a sensibilisé les citoyens à la thématique des limites des ressources naturelles et à la nécessité de respecter les écosystèmes de la planète Terre. Dans le même moment, l’ensemble des activités récréatives qu’on a regroupées sous la rubrique des loisirs de nature s’est multiplié sur toute la surface du monde, à la faveur de la diminution des coûts de transport et de l’accès facilité au territoire. Très souvent, l’amour de la nature et le goût pour ce genre de loisir ont été associés : la demande sociale de nature s’est traduite pour une bonne part par la découverte ou l’intensification de pratiques, notamment sportives, qui ont pour cadre des espaces naturels. On constate ici le paradoxe du goût pour la nature dans un contexte de démocratisation relative de l’accès aux loisirs : l’amour que porte le randonneur, le pêcheur ou le sportif à la nature « sauvage » est souvent un amour vache, car il contribue, sous le couvert de la passion, à dissimuler les formes de dégradation, voire même de prédation, que recouvrent ces pratiques. Aimer vraiment la nature ne consisterait-il pas plutôt à s’abstenir de la fréquenter ? Mais...

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