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Jeux de nature, natures en jeu

Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

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Ludovic Ginelli

Les « sports et loisirs de nature » sont de plus en plus massivement pratiqués en France et dans le monde mais cet engouement est sélectif. Certains usages déclinent, sont contestés dans leur légitimité, voire interdits. Que révèlent ces tendances à propos de nos rapports à l’environnement et plus largement, des tensions induites par l’écologisation des sociétés ? Comment un loisir de nature en vient-il à être qualifié ou non d’écologique ? Quels en sont les enjeux et les effets ?

Pour le comprendre, l’auteur clarifie tout d’abord les liens entre deux processus normatifs de premier plan dans les loisirs de nature : la sportivisation et l’écologisation. Sa démarche combine l’analyse socio-historique des référentiels d’usages et l’enquête de terrain pour analyser les expériences socio-environnementales associées aux sports et loisirs de nature et leurs reformulations éventuelles en termes écologiques. Un focus est réalisé sur des chasses anciennes, le kayak de mer, la chasse sous-marine et la chasse à l’arc. Ces usages très différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques sont pourtant travaillés par des processus analogues dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Au-delà de l’étude de cas, ce livre plaide pour la constitution d’un espace de discussion plus complexe autour des nouvelles questions normatives que pose la généralisation de l’impératif écologique dans la société. Le succès d’une politique environnementale est à ce prix.

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Introduction générale

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1. L’engouement contemporain pour les « loisirs de nature »

Depuis les années 1960, les activités de plein air sont très largement pratiquées et en progression dans de nombreux pays dits développés. Au-delà de la seule détente, motif classiquement avancé, elles deviennent recherchées pour l’expérience particulière de la nature qu’elles procurent (Pröbstl et al., 2009). En 2011, elles concernaient 141 millions de personnes aux États-Unis, soit 49, 4 % de la population (The Outdoor Foundation, 2012). Le cas français est tout à fait conforme à cette tendance puisque 63 % des Français qui disent pratiquer une activité sportive le font en « pleine nature » (Mignon et Truchot, 2001) et 80 % des pratiquants se déclarent motivés par le « contact avec la nature ». Bien sûr, des activités comme la randonnée, l’escalade, la pêche, le kayak de mer, la plongée ou les différentes formes de chasse diffèrent par leurs constructions historiques, leurs publics, leurs techniques, le prélèvement ou non de ressources naturelles. Pour autant, les convergences semblent aujourd’hui l’emporter et à cet égard, la requalification récente de ces usages en tant que « sports et loisirs de nature » est particulièrement suggestive. Toutes sont susceptibles de répondre aux « besoins de nature » (Masséna-Gourc, 1994b) de millions d’usagers de plus en plus souvent urbains. Ainsi, ces « sports et loisirs de nature » nous semblent de plus en plus nettement inscrits dans...

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