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Jeux de nature, natures en jeu

Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

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Ludovic Ginelli

Les « sports et loisirs de nature » sont de plus en plus massivement pratiqués en France et dans le monde mais cet engouement est sélectif. Certains usages déclinent, sont contestés dans leur légitimité, voire interdits. Que révèlent ces tendances à propos de nos rapports à l’environnement et plus largement, des tensions induites par l’écologisation des sociétés ? Comment un loisir de nature en vient-il à être qualifié ou non d’écologique ? Quels en sont les enjeux et les effets ?

Pour le comprendre, l’auteur clarifie tout d’abord les liens entre deux processus normatifs de premier plan dans les loisirs de nature : la sportivisation et l’écologisation. Sa démarche combine l’analyse socio-historique des référentiels d’usages et l’enquête de terrain pour analyser les expériences socio-environnementales associées aux sports et loisirs de nature et leurs reformulations éventuelles en termes écologiques. Un focus est réalisé sur des chasses anciennes, le kayak de mer, la chasse sous-marine et la chasse à l’arc. Ces usages très différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques sont pourtant travaillés par des processus analogues dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Au-delà de l’étude de cas, ce livre plaide pour la constitution d’un espace de discussion plus complexe autour des nouvelles questions normatives que pose la généralisation de l’impératif écologique dans la société. Le succès d’une politique environnementale est à ce prix.

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Chapitre 2. De la sportivisation à l’écologisation des loisirs de nature ?

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Chapitre 2

De la sportivisation à l’écologisation des loisirs de nature ?

1. Des jeux d’exercice physique aux sports modernes

Le sport, cette forme particulière d’exercice physique inventée à partir du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne avant d’essaimer au XIXe siècle dans les nations d’Europe occidentale, occupe désormais une très large place au niveau mondial. Le nombre de pratiquants et de spectateurs, l’attention constante que les médias lui prêtent, les flux financiers qu’il génère, et sa prise en charge par les pouvoirs publics, pour des raisons aussi diverses que le désir de combattre la violence des hooligans, d’améliorer la santé publique ou de raviver la flamme patriotique lors de compétitions internationales, le démontrent régulièrement. Il n’est pas exagéré d’affirmer que nous vivons dans des sociétés sportivisées, compte tenu de l’énorme capacité qu’a manifesté le sport, surtout durant la seconde moitié du XXe siècle, à transformer les habitudes sociales et les exercices physiques antérieurs, à faire converger sa conception du « culte de la performance » des valeurs de l’entreprise (Ehrenberg, 2008 [1991]), mais aussi à diffuser l’esprit sportif dans d’autres sphères sociales, comme l’art, où il s’agit aussi de « performer » (Roques et Vigarello, 2008).

Théorie de la sportivisation

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