Show Less
Restricted access

Jeux de nature, natures en jeu

Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

Series:

Ludovic Ginelli

Les « sports et loisirs de nature » sont de plus en plus massivement pratiqués en France et dans le monde mais cet engouement est sélectif. Certains usages déclinent, sont contestés dans leur légitimité, voire interdits. Que révèlent ces tendances à propos de nos rapports à l’environnement et plus largement, des tensions induites par l’écologisation des sociétés ? Comment un loisir de nature en vient-il à être qualifié ou non d’écologique ? Quels en sont les enjeux et les effets ?

Pour le comprendre, l’auteur clarifie tout d’abord les liens entre deux processus normatifs de premier plan dans les loisirs de nature : la sportivisation et l’écologisation. Sa démarche combine l’analyse socio-historique des référentiels d’usages et l’enquête de terrain pour analyser les expériences socio-environnementales associées aux sports et loisirs de nature et leurs reformulations éventuelles en termes écologiques. Un focus est réalisé sur des chasses anciennes, le kayak de mer, la chasse sous-marine et la chasse à l’arc. Ces usages très différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques sont pourtant travaillés par des processus analogues dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Au-delà de l’étude de cas, ce livre plaide pour la constitution d’un espace de discussion plus complexe autour des nouvelles questions normatives que pose la généralisation de l’impératif écologique dans la société. Le succès d’une politique environnementale est à ce prix.

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 4. Les chasses anciennes : entre « tradition » et investissement urbain de la nature

Extract

Chapitre 4

Les chasses anciennes : entre « tradition » et investissement urbain de la nature

Bien que souvent associé à une image de « tradition », le monde cynégétique a connu de nombreux bouleversements depuis le milieu du XXe siècle. Il suffit pour s’en convaincre de rapporter la position officielle de la Fédération nationale des chasseurs, récemment exprimée par la voix de son directeur de communication :

« Les chasseurs ont eu le tort dans le passé de ne pas suffisamment se justifier et d’avancer d’arguments scientifiques. La vraie question aujourd’hui – et les chasseurs le savent-, c’est que plus personne dans le monde ne peut consommer une ressource naturelle sans en rendre compte à la société et sans avoir une idée des stocks. »1

À partir des années 1960, une partie des dirigeants cynégétiques avancent le modèle de la « chasse-gestion » pour supplanter la « chasse-cueillette », très peu régulée. Ce modèle, traduit en référentiel public par la loi de 1963, est remis en cause à partir de 2000 par celui de la « chasse écologique », associée à une nouvelle loi chasse (26 juillet 2000), et dont Alphandéry et Fortier (2007) ont montré qu’il s’impose avec difficultés. À l’inverse, la notion de chasse durable, encore plus récente, est rapidement reprise par des dirigeants cynégétiques (Raison du Cleuziou, 2008, Ginelli, 2012a). L’évolution législative y contribue avec la transcription de la directive europ...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.