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À l'écoute des poèmes : enseigner des lectures créatives

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Edited By Nathalie Brillant Rannou, Christine Boutevin and Gersende Plissonneau

Depuis le colloque de Marseille « Enseignement & Poésie » en 1993, l’écoute des poèmes, les façons de les considérer, de les lire et de les étudier, ont donné lieu à de nombreuses expérimentations et à l’émergence de réflexions critiques quant à leur didactisation. L’édition poétique contemporaine, l’action culturelle, les pratiques pédagogiques ainsi que la réflexion des enseignants et des chercheurs dans toute la francophonie ont suffisamment cheminé pour qu’une mutualisation des travaux en cours s’impose.

Or l’enjeu de la recherche universitaire tient moins à la récapitulation de « bonnes pratiques enseignantes » qu’à l’analyse des phénomènes de réception des poèmes, des protocoles créatifs et des conditions qui en permettent l’accès aujourd’hui. L’oralisation poétique revisitée, tout particulièrement, engage des expériences de lecture à la fois sensibles, émancipatrices et réflexives.

Le présent volume rassemble des contributions d’origines géographiques et méthodologiques diverses, consacrées à la réception et à l’enseignement de la poésie de la maternelle à l’université. L’objectif des auteurs, en tant que poètes, chercheurs, enseignants, est de contribuer à la formation de lecteurs créatifs et disponibles à l’évènement de lecture des poèmes.

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« Poésie en voix » et immersion lyrique : présence du poème (François Le Goff)

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« Poésie en voix » et immersion lyrique : présence du poème

François LE GOFF

EA 4152 LLA CRÉATIS Université Toulouse Jean Jaurès

« Comprendre un poème, c’est d’abord et avant tout l’entendre »1.

Octavio Paz

Lorsque des enseignants, débutants ou aguerris, participent à un atelier de poésie en voix, la première des tentatives est souvent celle de s’accorder au rythme et au sens présumés du poème. Lire dans le respect de la lettre du poème mais ne pas le faire exister dans un présent de l’écoute : paradoxe de l’entreprise d’une poésie en voix. Lorsque l’oralisation n’engage qu’une part superficielle du discours poétique, ne s’attache qu’à l’expression du dénoté par un jeu de soulignement de la voix – il y a une menace dans le poème et la voix devient grave, – quelque chose manque de ce qui pourrait constituer une invention (au sens étymologique) du poème. Dans le prolongement d’une réflexion engagée sur la lecture à haute voix du texte théâtral2, je m’interroge sur les modes d’engagement d’un sujet lecteur quand il donne à entendre une présence de la parole, comme si l’auditeur assistait à la genèse de cette parole. Il est question de mesurer l’événement poétique à la puissance de résonance d’un texte contenue dans un présent de l’énonciation, dans une physique de...

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