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À l'écoute des poèmes : enseigner des lectures créatives

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Edited By Nathalie Brillant Rannou, Christine Boutevin and Gersende Plissonneau

Depuis le colloque de Marseille « Enseignement & Poésie » en 1993, l’écoute des poèmes, les façons de les considérer, de les lire et de les étudier, ont donné lieu à de nombreuses expérimentations et à l’émergence de réflexions critiques quant à leur didactisation. L’édition poétique contemporaine, l’action culturelle, les pratiques pédagogiques ainsi que la réflexion des enseignants et des chercheurs dans toute la francophonie ont suffisamment cheminé pour qu’une mutualisation des travaux en cours s’impose.

Or l’enjeu de la recherche universitaire tient moins à la récapitulation de « bonnes pratiques enseignantes » qu’à l’analyse des phénomènes de réception des poèmes, des protocoles créatifs et des conditions qui en permettent l’accès aujourd’hui. L’oralisation poétique revisitée, tout particulièrement, engage des expériences de lecture à la fois sensibles, émancipatrices et réflexives.

Le présent volume rassemble des contributions d’origines géographiques et méthodologiques diverses, consacrées à la réception et à l’enseignement de la poésie de la maternelle à l’université. L’objectif des auteurs, en tant que poètes, chercheurs, enseignants, est de contribuer à la formation de lecteurs créatifs et disponibles à l’évènement de lecture des poèmes.

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Que faire de la notion d’événement en didactique du poème ? (Victor Martinez)

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Que faire de la notion d’événement en didactique du poème ?

Victor MARTINEZ

Laboratoires ALITHILA / CECILLE Université de Lille

1.  Poésie et événement

Alain Breton, le poète contemporain et éditeur de la librairie Racine, proche de l’école de Rochefort1, donnait cette définition : « Le poème est la coïncidence d’un événement de langage et d’un événement d’existence »2. Selon Breton, le poème serait un événement en tant qu’il retend les liens entre langue et parole, langue et vie. À la limite, ce qui importerait dans le poème n’est pas le langage, ou la langue, ou l’existence en soi, mais la mise en rapport sous un lien unique, singulier, sous un climat unique, de la langue et d’un dehors de la langue. Il est intéressant de noter, dans le champ des idées, que la notion d’événement s’applique de préférence soit à l’art soit au poème, on pense par exemple au titre de Taminiaux, Art et événement3. On l’appliquera moins au roman par exemple. Avec la notion d’événement, on a l’idée – mythe ou réalité – d’un effet et d’une transformation qui font recommencer la langue. L’événement comme notion appliquée au littéraire pourrait se penser selon une double origine : d’une part une phénoménologie ou analyse existentielle, d’autre part le courant valéryen des...

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