Show Less
Restricted access

La France, l’Allemagne, l’Europe

Mélanges en l’honneur de Chantal Metzger

Series:

Edited By Jean El Gammal

Ce recueil rassemble des études d’historiens, géographes et germanistes d’origines diverses. Elles sont réunies en hommage à Chantal Metzger, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Lorraine, spécialiste d’histoire de l’Allemagne et des relations internationales, notamment franco-allemandes, et rédactrice en chef de la revue Guerres mondiales et conflits contemporains. Ce volume aborde des sujets relatifs à l’histoire des guerres mondiales, aux relations entre la France et l’Allemagne depuis 1945 et aux enjeux internationaux, coloniaux et européens depuis le début du XXe siècle. À travers vingt-et-une contributions, il est question de l’emprise et de la portée des conflits, ainsi que des modalités de la construction européenne, des réticences et des relations qu’elle a suscitées. Plusieurs thèmes sont mis en évidence, tels la mémoire, le renseignement, l’industrie, l’aéronautique, la presse et la gastronomie. Des regards croisés sont rendus possibles par des études concernant l’URSS, la Poznanie, l’Italie, le Portugal, voire, en contrepoint, le Japon.

Show Summary Details
Restricted access

Aristides de Sousa Mendes, le devoir de désobéir (Audrey Roncigli)

Extract

← 70 | 71 →

Aristides de Sousa Mendes, le devoir de désobéir

Audrey RONCIGLI

Docteur en histoire

En octobre 1997, le procès Papon s’ouvre à Bordeaux ; le haut-fonctionnaire français y est jugé et condamné l’année suivante pour complicité de crimes contre l’humanité concernant des actes – l’organisation de la déportation vers les camps de la mort des Juifs de la région – commis alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, entre 1942 et 1944, sous l’Occupation nazie. Trois ans plus tôt, le 29 mai 1994, le président lusitanien Mário Soares, inaugurait, place Charles de Gaulle de la même ville, devant un parterre d’élus et d’ambassadeurs, un buste à la mémoire d’un diplomate, consul du Portugal à Bordeaux de 1938 à 1940 : Aristides de Sousa Mendes. L’antithèse entre les deux personnages paraît parfaite : comme Maurice Papon, le consul reçut, en temps de guerre, des ordres hiérarchiques engageant des vies humaines, mais là où l’un les avait appliqués, l’autre avait choisi de désobéir et de sauver, en l’espace de quelques jours, près de trente mille personnes. Celui qui avait agi selon « sa conscience »1, en signant des visas aux réfugiés fuyant la guerre, vit sa carrière brisée et mourut dans le dénuement le plus complet, ostracisé par le régime de Salazar. L’autre fut promu préfet de la...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.