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Contraintes linguistiques

À propos de la complémentation nominale

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Edited By Caroline Lachet, Luis Meneses-Lerín and Audrey Roig

La notion de « contraintes linguistiques » s’applique à bien des domaines des sciences du langage. Retrouvées en pragmatique, en phonologie ou en morphologie, elles sont également identifiées en syntaxe et en sémantique, notamment dans le cadre de la complémentation nominale : pourquoi dit-on plus facilement Les triangles ont trois côtés égaux que Des triangles ont trois côtés égaux ? Si l’article paraît contraint dans cet exemple, il se trouve également une série d’autres cas dans lesquels soit la forme du complément soit sa présence même aux côtés du support (nominal) est imposée par la langue.

L’objectif de cet ouvrage est donc de revenir sur différentes constructions – essentiellement françaises – qui exigent d’une façon ou d’une autre une complémentation nominale sous peine d’altérer la recevabilité ou la grammaticalité de l’énoncé, voire d’en changer substantiellement la structure syntaxique et/ou l’interprétation.

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La combinaison quasi-attributive « SN, ça » : pourquoi dit-on Un bébé, ça pleure mais pas Le bébé, ça pleure ? (Naoyo Furukawa)

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La combinaison quasi-attributive « SN, ça » : pourquoi dit-on Un bébé, ça pleure mais pas Le bébé, ça pleure ?

Naoyo FURUKAWA

Université de Tsukuba

Introduction

Le présent article se propose de montrer que dans le type d’énoncé :

(1) Un bébé, ça pleure.

le rapport qu’entretient le démonstratif ça avec le SN détaché Un bébé est comparable à celui entre l’attribut et son sujet, et qu’il s’agit de la mise en exploitation fonctionnelle d’une forme particulière de complémentation nominale. Ce rapport entre le SN détaché et ça ne s’identifie néanmoins pas totalement au rapport sujet-attribut, dans la mesure où l’identification totale se trouve contrainte par l’aspect référentiel que présente le démonstratif ça par rapport à son côté droit, c’est-à-dire au prédicat de l’énoncé.

Dans notre travail (1989) sur des énoncés génériques du type (1), nous avons proposé l’analyse en termes de « dé-référenciation » pour rendre compte du rôle qu’y joue le démonstratif ça, rôle qui consiste à désambiguïser la lecture, spécifique ou générique, du SN Un bébé dans Un bébé pleure. L’analyse mise en avant s’inspirait en effet de l’hypothèse de Burton-Roberts (1976), qui suppose qu’une phrase du type (2a) :

(2) a. A whale is a mammal.

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