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Contraintes linguistiques

À propos de la complémentation nominale

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Edited By Caroline Lachet, Luis Meneses-Lerín and Audrey Roig

La notion de « contraintes linguistiques » s’applique à bien des domaines des sciences du langage. Retrouvées en pragmatique, en phonologie ou en morphologie, elles sont également identifiées en syntaxe et en sémantique, notamment dans le cadre de la complémentation nominale : pourquoi dit-on plus facilement Les triangles ont trois côtés égaux que Des triangles ont trois côtés égaux ? Si l’article paraît contraint dans cet exemple, il se trouve également une série d’autres cas dans lesquels soit la forme du complément soit sa présence même aux côtés du support (nominal) est imposée par la langue.

L’objectif de cet ouvrage est donc de revenir sur différentes constructions – essentiellement françaises – qui exigent d’une façon ou d’une autre une complémentation nominale sous peine d’altérer la recevabilité ou la grammaticalité de l’énoncé, voire d’en changer substantiellement la structure syntaxique et/ou l’interprétation.

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La place de l’adjectif, sous l’angle de la contrainte (Jan Goes)

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La place de l’adjectif, sous l’angle de la contrainte

Jan GOES

Université d’Artois Grammatica (UA 4521)

1. Introduction

Lorsqu’on passe en revue les différentes hypothèses concernant la place de l’adjectif en français moderne, on rencontre sans trop de surprises une grande variété d’opinions. Ainsi, pour Söres (2004 : 87) le français est une langue Nom-Adjectif, qui permet l’antéposition. Cela correspond à une réalité que l’on pourrait qualifier de statistique : au fil des siècles, depuis la Chanson de Roland qui compte 70 % d’antépositions d’adjectifs, le français est passé à environ 35 % d’antépositions et 65 % de postpositions (Forsgrèn, 2004). Ce type de statistiques semble donc indiquer qu’il faut se focaliser sur l’antéposition de l’adjectif, ce que font la plupart des chercheurs, ne fût-ce qu’en adoptant le terme de « taux d’antéposition ».

Les études partent en général de l’hypothèse fondatrice de Blinkenberg (1933) qui stipule que plus le sens des adjectifs se rapproche par une sorte de réduction de sens de celui des adjectifs élémentaires (bon, beau, mauvais, grand), plus ils ont tendance à s’antéposer et à n’être que de simples intensifs au sens vague, tout comme ces adjectifs dits « élémentaires » (grand, petit, bon, etc.)

(1) un énorme lecteur ≈ un grand lecteur

(2) un heureux poète ≈ un bon poète.

Cette hypoth...

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