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La sacralisation à l’œuvre dans l’expérience littéraire

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Raymond Michel and Marta Inés Waldegaray

Cet ouvrage interroge la notion de sacralisation comme modèle d’action ou comme force performative de la pensée. La précipitation propre aux temps modernes défie toute possibilité de prévisibilité, esquive le passé, bouleverse l’avenir, car la modernité vénère moins le sens du passé vécu et l’expérience des générations antérieures qu’elle ne célèbre l’affirmation du temps utile et la progression par le changement et la nouveauté. Portant sur un corpus des XIXe et XXe siècles, francophone ou non, les études rassemblées ici traitent de la sacralisation du littéraire opérée par le sujet lecteur. En quoi cette sacralisation diffère-t-elle de la sacralisation religieuse ? Quels sont les gestes qui la constituent ? D’où émane l’impression de sacralité inhérente aux expériences esthétiques, à la lecture littéraire en l’occurrence ? L’articulation entre sacralité et rythme temporel dans l’expérience littéraire oriente non seulement l’examen du rôle du sacré comme usage toujours distancié et vénéré de l’objet à examiner, mais aussi comme expérience auratique pouvant mener à une certaine forme de résistance ou de contre-conduite. Aborder la sacralité du littéraire en relation avec le bouleversement de l’expérience du temps inhérente à la modernité et les fractures de notre univers postmoderne suppose une relecture à travers un prisme interdisciplinaire. Il s’agit donc pour l’ensemble des auteurs de ce volume de voir, à partir de corpus et points de vue divers, comment la (dé)sacralisation est à l’œuvre et fait œuvre dans la littérature.

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L’expérience du sacré dans la poésie de Blanca Varela : quête existentielle et expression générique (Ina Salazar)

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L’ombre de Dieu dans la poésie de Blanca Varela

Ina SALAZAR

Université Caen-Normandie

L’œuvre de Blanca Varela, poète péruvienne née en 1925, décédée en 2008, peut être lue comme une puissante interrogation autour de l’état de la poésie après la déclaration faite par Weber au début du siècle dernier (1904-1905) de l’entrée dans un temps de désenchantement du monde, un temps définitivement désacralisé et d’ « épuisement du règne de l’invisible », selon Marcel Gauchet1. La particularité est que cette interrogation provient de cet « extrême occident », selon la formule d’Octavio Paz, auquel appartiennent les pays de l’Amérique latine et où les interactions entre modernité et sécularisation des sociétés ne peuvent être dissociées d’une condition périphérique et d’un passé colonial. Il n’en reste pas moins que la poésie ici ou là au long du XXe siècle est une parole de résistance face à la mutilation de notre faculté d’être autre, face au triomphe de l’animal laborans et à une laïcisation qui n’a pas véritablement correspondu, comme l’a observé Hanna Arendt, à une « présence au monde2 », mais au contraire à un enfermement de l’homme moderne en lui-même. Mais elle est aussi le lieu même où se produit le détachement vis-à-vis du christianisme, comme le rappelle Yves Bonnefoy en signalant « la difficulté de la po...

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