Show Less
Restricted access

La sacralisation à l’œuvre dans l’expérience littéraire

Series:

Edited By Raymond Michel and Marta Inés Waldegaray

Cet ouvrage interroge la notion de sacralisation comme modèle d’action ou comme force performative de la pensée. La précipitation propre aux temps modernes défie toute possibilité de prévisibilité, esquive le passé, bouleverse l’avenir, car la modernité vénère moins le sens du passé vécu et l’expérience des générations antérieures qu’elle ne célèbre l’affirmation du temps utile et la progression par le changement et la nouveauté. Portant sur un corpus des XIXe et XXe siècles, francophone ou non, les études rassemblées ici traitent de la sacralisation du littéraire opérée par le sujet lecteur. En quoi cette sacralisation diffère-t-elle de la sacralisation religieuse ? Quels sont les gestes qui la constituent ? D’où émane l’impression de sacralité inhérente aux expériences esthétiques, à la lecture littéraire en l’occurrence ? L’articulation entre sacralité et rythme temporel dans l’expérience littéraire oriente non seulement l’examen du rôle du sacré comme usage toujours distancié et vénéré de l’objet à examiner, mais aussi comme expérience auratique pouvant mener à une certaine forme de résistance ou de contre-conduite. Aborder la sacralité du littéraire en relation avec le bouleversement de l’expérience du temps inhérente à la modernité et les fractures de notre univers postmoderne suppose une relecture à travers un prisme interdisciplinaire. Il s’agit donc pour l’ensemble des auteurs de ce volume de voir, à partir de corpus et points de vue divers, comment la (dé)sacralisation est à l’œuvre et fait œuvre dans la littérature.

Show Summary Details
Restricted access

La Littérature comme quête et souci de soi chez Ernesto Guevara (Marta Inés Waldegaray)

Extract

La Littérature comme quête et souci de soi chez Ernesto Guevara

Marta Inés WALDEGARAY

Université de Reims Champagne-Ardenne

Platon affirme dans son Ion que la dimension poétique résulte de la combinaison de la technique et du don divin. Pour expliquer l’intensité de cette relation et la façon dont il conçoit la poésie, Platon fait appel à une image : celle de la pierre magnétique. Il est sans doute intéressant d’observer dans ce dialogue sur l’art du rhapsode que Socrate entretient avec un chanteur itinérant (dialogue où le jeune Platon ne chasse pas encore les poètes de la cité philosophique) que la force de la poésie ne découle pas pour le philosophe exclusivement de questions formelles (la techné) et interprétatives, mais également d’une dimension divine (la theia moira). Notre travail s’orientera davantage vers cette dimension enthousiaste de la poésie (du littéraire) qui nous lance plus, nous lecteurs, vers ce qu’elle comporte d’égarement et de perdition que vers ce qu’elle nous sollicite d’interprétation. Car, comme le rappelle Susan Sontag dans son célèbre essai paru en 1964, « Contre l’interprétation », il y a eu un temps où « l’on n’avait pas l’idée de demander ce qu’exprimait une œuvre d’art, parce qu’on savait, ou croyait savoir, ce qu’elle faisait1 ». L’œuvre fait, pose Sontag2, éveille l’intelligence des sens, rend conscient, affine la sensibilité. Une telle approche phénoménologique...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.