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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Pèlerinage au Louvre de François Cheng. Tableaux vivants (Élodie Chevreux)

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Pèlerinage au Louvre de François Cheng

Tableaux vivants

Élodie CHEVREUX

Université de Cergy-Pontoise

François Cheng, né en Chine en 1929, découvre la France à l’âge de vingt ans, et il en fera son pays d’accueil. Ce poète, essayiste et romancier de langue française, a créé une perméabilité entre l’Orient et l’Occident, leurs courants culturels s’enrichissant mutuellement à travers son œuvre. Par l’écriture d’une constellation d’ouvrages et d’articles sur l’art pictural chinois, il a fait découvrir autant qu’il a proposé une autre relation à la peinture au lecteur occidental. L’Histoire de la théorie picturale chinoise issue de la philosophie taoïste, transmise par Cheng, est très éloignée de l’Histoire de la peinture de l’Occident. Lorsque l’une, attachée « à célébrer l’héritage et la filiation », « aime à s’envisager […] selon l’allure d’une maturation majestueuse et progressive »1 pour le philosophe et sinologue François Jullien, l’autre, l’occidentale, aime à s’affirmer comme une succession de ruptures avec la pratique picturale des Anciens et de révolutions guidées par l’esprit de conquête (telle la conquête de la perspective) toujours renouvelé.

À preuve de cette évolution de la peinture occidentale par la déchirure et le conflit, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, le musée du Louvre, en tant que symbole de l’académisme et de la norme, est violemment rejeté par les...

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