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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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« Hors de tout chemin tracé ». Trois visites au Louvre (Michael Brophy)

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« Hors de tout chemin tracé »

Trois visites au Louvre

Michael BROPHY

University College Dublin

On sait l’évolution de l’institution du musée qui, de temple abritant ses collections au bénéfice d’une élite cultivée, s’est mué durant la seconde moitié du XXe siècle en lieu d’expérimentation et de découverte apte à éveiller un large public aux multiples manifestations du patrimoine culturel. Cette évolution n’a pas toujours été heureuse, surtout lorsqu’elle favorise le spectacle et frise le show en vue d’une hausse d’attractivité conforme aux impératifs de l’économie de marché. Cependant, alors que le modèle classique du musée donne la place prépondérante à la collection, le musée d’aujourd’hui va très activement à la rencontre de son destinataire ultime, le visiteur. Pour certains qui prêchent, comme le conservateur Jean Clair, la sacralité de l’institution, cette ouverture demeure synonyme de dégradation et de dilution : « Le musée-forum, le musée ouvert. Que n’a-t-on écrit sur ces formules aussi floues que généreuses. Ouvert, comme une plaie qui va s’infecter ? Comme une ville que l’armée occupe ? »1 Pour d’autres, en revanche, comme le muséologue André Gob, le musée n’est vivant que dans la mesure où il s’insère dans la trame de la vie sociale ; si le musée « conserve », « expose » et « étudie », il a également pour fonction d’« animer », c’est-à-dire « d’attirer le public potentiel,...

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