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Les Européens : ces architectes qui ont bâti l’Europe

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Edited By Olga Medvedkova

Ce volume réunit douze études de cas : des vies d’architectes européens, écrites par des historiens de l’art et de l’architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s’agit d’architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d’une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l’étranger, au sein d’une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l’art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l’Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L’existence de cette « Europe architecturale » est l’hypothèse générale proposée ici. L’européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d’accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d’adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs œuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l’architecture européenne ?

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Un regard oblique. La genèse européenne de la théorie architecturale de Juan Caramuel Lobkowitz (1606-1682) (Jorge Fernández-Santos Ortiz-Iribas)

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Un regard oblique

La genèse européenne de la théorie architecturale de Juan Caramuel Lobkowitz (1606-1682)

Jorge FERNÁNDEZ-SANTOS ORTIZ-IRIBAS

Chargé de l’édition d’un volume dédié à l’homme de la Renaissance, Eugenio Garin confia à André Chastel le chapitre consacré à la figure de l’artiste. Avec un admirable esprit de synthèse, celui-ci mit en relief comment, vers la fin du Quattrocento, un nouveau type d’architecte vit le jour, le représentant de l’« art-science »1. L’aspiration à l’universalité de la science entraînait l’exigence d’une pratique professionnelle qui, avant de pouvoir prétendre au même statut que les arts libéraux, devait se refonder mathématiquement. De ce changement de paradigme épistémologique résulta un nouvel état des choses dont on pouvait constater et la vivacité et la prégnance, sans pour autant oublier sa nature problématique. Chastel signala donc l’apparition à la Renaissance du « problème de l’architecte »2. Du moment que ce dernier était censé avoir recours aux sources anciennes et notamment au texte de Vitruve, la pratique architecturale était désormais dédoublée entre la construction et l’archéologie. Du même coup, nombre d’architectes hissés au rang d’intellectuels doctes se voyaient reprocher leur manque de spécialisation ou de compétence pratique. On peut à juste titre remarquer que ce « problème de l’architecte » était voué à acquérir une dimension européenne qui, en ce qui concerne l’ambiguïté du statut disciplinaire...

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