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Les Européens : ces architectes qui ont bâti l’Europe

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Edited By Olga Medvedkova

Ce volume réunit douze études de cas : des vies d’architectes européens, écrites par des historiens de l’art et de l’architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s’agit d’architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d’une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l’étranger, au sein d’une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l’art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l’Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L’existence de cette « Europe architecturale » est l’hypothèse générale proposée ici. L’européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d’accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d’adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs œuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l’architecture européenne ?

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Antiquités romaines sans frontières : Vincenzo Brenna (1741-1820) (Dimitri Ozerkov)

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Antiquités romaines sans frontières

Vincenzo Brenna (1741-1820)

Dimitri OZERKOV

Voilà l’architecte qui vole !

L’Italien Vincenzo Brenna fait partie des architectes difficiles à étudier et, pour cette raison, prétendument mystérieux. L’attribution de ses oeuvres est régulièrement remise en cause, entièrement ou partiellement, ses archives sont dispersées. Tout comme les actions de son dernier et principal protecteur, l’empereur Paul Ier, Brenna et ses oeuvres sont comprimés dans l’histoire russe entre deux siècles et deux règnes. Son héritage artistique est écrasé par deux styles dominants dans l’architecture et la décoration impériales : ceux de Catherine II et d’Alexandre Ier, c’est-à-dire ceux de Charles Cameron et de Carlo Rossi.

Brenna passa en Russie la majeure partie de sa vie (1785-1802) et construisit beaucoup. Pourtant, l’image que les témoignages de ses nouveaux compatriotes offrent de lui n’est pas flatteuse. L’architecte est décrit par ses contemporains comme un affairiste malhonnête, pur produit du court règne pavlovien perçu a posteriori comme une époque certes romantique mais sombre. Courtisan habile, spéculateur, voleur, imposteur, charlatan s’appropriant les oeuvres des autres, voici les qualificatifs dont est gratifié Brenna en Russie à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle.

Étudiée par les historiens d’aujourd’hui1, la vie de Brenna apparaît comme tributaire de ses changements de protecteur, qui impliquent de brusques...

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