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Être nationaliste à l’ère des masses en Europe (1900–1920)

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Edited By Olivier Dard, Didier Musiedlak and Éric Anceau

Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l’avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d’un certain attachement à la nation, allant jusqu’à l’expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au cœur de l’Europe ?

C’est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l’interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l’histoire de l’Europe, le passage à la société de masse.

Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l’étude des éléments constitutifs de « l’être nationaliste » : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l’esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l’action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.

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Introduction (Didier Musiedlak)

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9Introduction Didier MusieDlak Malgré le retour actuel sur la scène politique d’un certain attachement à la nation, allant jusqu’à l’expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, l’histoire des nationalismes, au moins dans sa genèse, a été négligée par la recherche dans un cadre européen1. Trop souvent la lecture qui en a été faite a limité son étude à une forme de matrice annonciatrice des fascismes sans lui restituer une part d’autonomie. Certes, des recherches collectives internationales et interdisciplinaires ont permis de faire mieux connaître dans leur environnement national et international certaines grandes figures2. Mais d’une façon générale, le questionnement global ne s’est guère intéressé à une éventuelle originalité du nationalisme en soi avant la naissance des régimes. Les travaux les plus marquants lui ont trop souvent attribué une fonction fondatrice dans le « fascisme générique ». L’idée que le fascisme prend sa source dans le nationalisme sur le plan idéologique se retrouve fort logiquement dans toutes les grandes synthèses consacrées à ce thème. Il est vrai qu’émerge au début du XXe siècle en Europe un ensemble disparate radical associant des nouvelles droites révolutionnaires à des droites autoritaires conservatrices qui rejettent l’ordre politique du XIXe siècle et militent en faveur d’un système efficace d’un État moderne autoritaire. Il est également vrai que l’expansion de ce nouvel autoritarisme de droite se traduit dans de nouvelles formes de « collectivisme national...

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