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Être nationaliste à l’ère des masses en Europe (1900–1920)

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Edited By Olivier Dard, Didier Musiedlak and Éric Anceau

Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l’avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d’un certain attachement à la nation, allant jusqu’à l’expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au cœur de l’Europe ?

C’est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l’interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l’histoire de l’Europe, le passage à la société de masse.

Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l’étude des éléments constitutifs de « l’être nationaliste » : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l’esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l’action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.

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Francisco Homem Cristo Filho (1892-1928) (Ana Isabel Sardinha)

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Francisco Homem Cristo Filho (1892-1928)

Un nationaliste portugais dans le siècle

Ana Isabel SARDINHA

Université de la Sorbonne-Nouvelle

En 1923, le journaliste et intellectuel portugais Francisco Homem Cristo Filho, né à Lisbonne en 1892 et mort à Rome, en 1928, dans un accident d’automobile, alors qu’il rendait visite à son ami Mussolini, écrit ces lignes :

Dieu ! que mes compatriotes riraient de bon gré s’ils vous entendaient m’appeler « l’humanité raisonnable, puriste, classique, protocolaire, moi qui ai commis toutes les folies, piétiné tous les préjugés, méprisé toutes les conventions, renversé toutes les hiérarchies, violé toutes les règles ! Et que dirait cette bonne ville de Coïmbra d’où je vous écris et où l’on entend encore l’écho de mes pas iconoclastes sur les dalles de l’université séculaire, réveillée il y a quelque quinze ans de sa douce torpeur romantique par ma voix de blasphème ! Puis-je vous avoir à ce point trompé ou l’empreinte de la vie française aurait-elle été aussi forte que toutes les traces du Passé se soient effacées sur mon visage ? »1

Ce témoignage de HCF se trouve dans Le Parc du mystère, un livre paru chez Flammarion en 1923, et la destinataire de ces mots orgueilleux, mais non totalement dépourvus de vérité, s’appelle Marguerite Eymery, dite Rachilde, femme de lettres bien connue des salons parisiens depuis la Belle Époque, mari...

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