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De la connaissance à la compétence

Évaluer le potentiel d'action par un QCM – « Recherche fondamentale inédite »

Xavier Roegiers

Nous possédons des connaissances, nous obtenons des résultats scolaires, des diplômes … Mais cela nous permet-il pour autant d’agir dans les situations concrètes qui nous sont proposées dans toute leur diversité, du diagnostic médical à la dissertation, en passant par le problème mathématique ou l’évaluation d’un projet ?

Cet ouvrage évoque le déroulement et les résultats d’une recherche tout à fait originale autour de la question : qu’est-ce qui fait que nous sommes compétents ? Qu’est-ce qui fait que nous pouvons agir concrètement pour traiter des situations qui requièrent bien plus que des connaissances ? Elle démonte ces mécanismes inscrits au fond de nous et montre le rôle que jouent respectivement des facteurs cognitifs et émotionnels dans notre capacité à traiter des situations complexes.

Établis à partir d’une base de données de plus de 11 000 personnes, en provenance de 8 pays, sur 3 continents et dans 4 régimes linguistiques différents, les résultats de la recherche font apparaître des résultats parfois saisissants sur ce qui caractérise le potentiel à agir à différents âges, selon le genre, selon les cultures, selon les domaines de compétences.

De manière concrète, elle offre – à partir d’une série de questions à choix multiples (QCM) – la possibilité de déterminer de façon très précise les forces et les faiblesses de chacun(e) en matière de passage à l’action, aussi bien sur le plan émotionnel que cognitif, et pose ainsi les bases de pistes ciblées d’amélioration du potentiel de chacun.

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Avant-propos

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« Peut-on évaluer des compétences à travers un QCM1 ? » Depuis que les responsables nationaux chinois de l’évaluation scolaire m’ont posé la question – c’était fin 2007 –, et que, depuis lors, des représentants de l’enseignement supérieur, mais aussi du recrutement en entreprise, de la formation d’adultes, de l’insertion socioprofessionnelle, m’adressent régulièrement la même question, j’ai fini par la faire mienne. Pendant longtemps, ma réaction a été de dire « non », on ne peut jamais évaluer une compétence à travers un QCM. En effet, pour moi, exercer une compétence – et donc l’évaluer – c’est produire quelque chose, c’est faire quelque chose. Or, même le meilleur QCM ne donnera jamais à une personne l’occasion d’effectuer une production, d’exécuter une tâche en contexte. Tout au plus permettra-t-il d’identifier, parmi un ensemble de réponses possibles, quelle est la bonne, ou en tout cas la plus adéquate. Et puis, petit à petit, j’en suis arrivé à nuancer ce verdict qui semblait a priori implacable, jusqu’au point de répondre : « Pourquoi pas ? » à la question posée. Tout d’abord, il existe plusieurs types de compétences, pour lesquelles l’évaluation peut être traitée différemment. Il est clair que certaines compétences sont exercées en ayant recours à des gestes et à des savoir-être, comme – dans le cas d’une infirmière – le fait de prendre en charge les soins d’un patient de manière autonome. Mais il existe aussi des compétences cognitives, que l’on peut traiter en salle...

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