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Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

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Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

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Allier l’histoire et l’anthropologie pour interroger le genre en contexte (post)colonial (Lifou, Kanaky-Nouvelle-Calédonie) (Hélène Nicolas)

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Allier l’histoire et l’anthropologie pour interroger le genre en contexte (post)colonial (Lifou, Kanaky-Nouvelle-Calédonie)1

Hélène NICOLAS

Université Paris 8/LEGS

Résumé

Cet article propose de revenir sur le cheminement intellectuel d’une recherche anthropologique sur le genre menée dans une colonie française : la Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Il montre qu’avoir une perspective historique permet de ne pas réifier le système de genre des « Autres », ici les Kanaks de Lifou, et de ne pas le placer dans une différence radicale avec un système de genre « occidental ». En effet, l’analyse ethno-historique a montré à quel point l’actuel système de genre des Kanaks2 de Lifou, marqué par une forte domination masculine, est le fruit d’une interprétation locale des politiques coloniales de « civilisation des mœurs ».

Mots-clés

Anthropologie, histoire, Kanaky-Nouvelle-Calédonie, genre, colonie

Lorsque l’on fait de la recherche dans un pays colonisé et a fortiori lorsque l’on est issu du pays colonisateur, la question du positionnement ← 23 | 24 → théorique et éthique du chercheur se pose de façon aiguë. Ayant mené des recherches sur le genre en pays kanak de 2003 à 2012, je me suis trouvée confrontée à cette problématique. En effet, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie est actuellement une colonie française3 bien que les Accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) aient engagé un processus d’autonomisation du pays vis-à-vis de la...

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