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Écrire et penser le genre en contextes postcoloniaux

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Edited By Anne Castaing and Élodie Gaden

À l’heure où se banalisent les discours féministes et, avec eux, une conception universelle de l’émancipation ; à l’heure où les questions de différence et d’intégration deviennent cruciales pour penser les sociétés contemporaines dans le Nord comme dans le Sud, il est urgent de conserver une réflexion dynamique sur la diversité comme sur l’hétérogénéité du genre et de ses formulations. Cet ouvrage propose donc une réflexion sur les corrélations et les négociations entre genre et nation (coloniale comme postcoloniale), sur la représentation fantasmée de l’« Oriental.e » et sur la cristallisation des identités nationales, religieuses et de genre. Il interroge ainsi les singularités culturelles et historiques du genre et de ses formulations, des subalternités et de leurs modes de résistance. Il s’intéresse enfin à la dimension genrée des migrations coloniales et postcoloniales.

L’approche plurielle que ce volume propose de l’articulation entre identités de genre et débat postcolonial dérive d’une valorisation de la circulation des disciplines et des méthodes (histoire, anthropologie, histoire littéraire, poétique, esthétique cinématographique, philosophie), toutes préoccupées par des questions de représentations. Elles mobilisent de même des terrains divers, au Nord comme au Sud (Afrique du Sud, Antilles, Inde, Viêtnam, Canada, Nouvelle-Calédonie, Maroc), colonisés comme décolonisés, certains demeurant peu sollicités par la critique postcoloniale.

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Reconfigurations postcoloniales. L’esthétique de la mélancolie à l’épreuve du féminin dans La Route des Indes (D. Lean, 1984) et Zero Dark Thirty (K. Bigelow, 2012) (Mehdi Derfoufi)

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Reconfigurations postcoloniales

L’esthétique de la mélancolie à l’épreuve du féminin dans La Route des Indes (D. Lean, 1984) et Zero Dark Thirty (K. Bigelow, 2012)1

Mehdi DERFOUFI

Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel (IRCAV)/Université de Lausanne

Résumé

À partir d’une mise en perspective historique du travail d’appropriation culturelle de la mélancolie en Occident et de son articulation avec le thème de la crise, ce texte établit – dans le cinéma hollywoodien – un rapprochement entre une certaine « esthétique de la mélancolie et de la crise » et les reconfigurations postcoloniales de la blanchité. En étudiant la façon dont ces dernières mobilisent de façon centrale l’enjeu du « féminin », deux films sont examinés qui, à trente ans d’intervalle, représentent la femme blanche comme une alliée pour la masculinité hégémonique face à une altérité raciale incarnant un danger renouvelé. Les différences entre les deux films sont questionnées afin de mettre en évidence les potentialités critiques de la masculinité hégémonique blanche dont les figures féminines sont porteuses.

Mots-clés

blanchité, genre, postcolonial, empire, mélancolie

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