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Xénographies féminines dans l’Europe d’aujourd’hui

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Edited By Margarita Alfaro Amieiro, Stéphane Sawas and Ana Belén Soto Cano

Le présent volume s’intéresse au phénomène de la littérature interculturelle en Europe depuis les dernières décennies du siècle passé jusqu’à l’actualité. Les onze essais réunis dans ce volume analysent différentes thématiques (déplacement, exil, déracinement, changement de langue, création littéraire et société d’accueil) traitées par des auteures aux optiques très variées en fonction de leur pays d’origine, l’Europe étant leur lieu d’arrivée.

Le terme xénographie féminine désigne une vaste constellation de situations de femmes liées à l’immigration, à l’exil et au voyage volontaire, dont la caractéristique principale est la rencontre avec l’altérité sous différentes manifestations (linguistiques, sociales, culturelles, artistiques et idéologiques). Les xénographies occupent donc une place privilégiée dans la littérature européenne contemporaine, articulée autour d’une diversité d’espaces et de champs littéraires révélateurs d’une identité européenne supranationale.

Les textes sont articulés autour de trois grands axes où les auteures étudiées montrent leur apport et leur originalité à la conception des xénographies féminines. Ainsi sont objet d’étude dans le premier axe, « Entre deux mondes », Fatou Diome, Marzena Sowa, Najat El Hachmi, Laila Karrouch et Kaha Mohamed Aden. Dans le deuxième axe, « Questionnements identitaires », sont abordées Calixthe Beyala, Sema Kiliçkaya, Fatima Gallaire et Anna Moï. Dans le troisième axe, « Figures du retour », figurent Hélé Béji, Fawzia Zouari, Éléni Dikaiou, Cypris Kophidès, Allain Glykos et Nahal Tajadod.

Ce recueil collectif offre une réflexion littéraire sur la réalité plurielle de la société européenne contemporaine en tant que terre d’accueil et de dialogue interculturel et montre le dynamisme et l’intérêt des productions littéraires produites par des femmes venues d’ailleurs.

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Angelika Frühwirth: L’Iran postrévolutionnaire par « ouï-dire » : la poétique de distance dans Elle joue de Nahal Tajadod

L’Iran postrévolutionnaire par « ouï-dire » :

la poétique de distance dans Elle joue

de Nahal Tajadod

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Angelika FrühwirthUniversité de Vienne

Dans son roman Elle joue (2012), l’auteure iranienne Nahal Tajadod reprend le récit de vie qu’une actrice lui a confié. C’est un récit à la troisième personne, dont la protagoniste porte le nom de Sheyda1 : « C’est un état, comme si l’on disait de quelqu’un qu’il est enivré, exalté, enflammé, quoi d’autre ? Son nom signifie “amoureuse, atrocement amoureuse”. » (Tajadod, 2012 : 9) Cette amoureuse, actrice de vocation, « c’est l’autre femme du roman »2, avoue Tajadod lors d’une présentation du livre et fait ainsi allusion au fait que le roman peut être lu aussi comme une confession intime de l’auteure elle-même. La protagoniste d’Elle joue apparaît par moments comme le reflet trompeur de l’auteure, son faux double qui lui échappe exactement au moment où Tajadod croit l’avoir saisie. L’auteure (qui s’identifie à la narratrice) conserve ainsi – malgré elle – une ambiguïté profonde à l’égard de l’identité de son personnage principal : « Un moment elle est en moi, un moment je suis elle, un peu plus tard nous sommes elle et moi. » (Tajadod, 2012 : 264) Sheyda a presque l’âge de la République islamique d’Iran ; elle est « une femme d’après » – après la révolution de 1978–79 – tandis que l’auteure est une « femme d’avant »3. Après avoir joué dans un film américain, Sheyda subit des brimades de la part de la Cour de la Révolution en Iran. Menacée d’une interdiction de travail, elle ←143 | 144→s’exile en...

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