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L’Europe en quête d’Européens

Pour un nouveau rapport entre Bruxelles et les nations

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Gérard Bouchard

Plaidoyer en faveur de l’Union européenne, ce livre critique néanmoins certains choix culturels qu’elle a faits lors de sa fondation et qui entravent aujourd’hui son intégration. Elle doit rebâtir ses fondements symboliques et redéfinir sa relation avec les nations (à ne pas confondre avec les États). Les orientations culturelles qu’elle a privilégiées à sa naissance lui ont permis de connaître un essor rapide, mais faute de les réviser à temps, elles sont devenues dysfonctionnelles. Or, les tentatives qu’elle a faites ultérieurement pour se donner de nouveaux mythes et une identité continentale ont échoué. Par ailleurs, les leaders de l’Union se sont toujours méfiés des nations et des nationalismes, accusés d’avoir provoqué les horreurs des deux guerres mondiales. Ils ont donc voulu les contourner en instituant une gouvernance par le haut d’où a résulté un déficit démocratique.

L’Union devra désormais s’employer à se réconcilier avec les nations, en les réhabilitant, et à tirer profit de leurs ressources symboliques pour se doter de mythes ayant une résonance à la fois nationale et européenne.

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Chapitre 1: Le concept de fondement symbolique

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chapitre 1 Le concept de fondement symbolique Compte tenu de l’objectif de cet essai, le concept de fondement symbolique est appelé à y occuper une place centrale. Prenant racine dans la tradition sociologique néo-durkhémienne, il fait écho à l’importance que le sociologue français accordait à la sphère des symboles (religion, mythes, légendes, rituels, etc.), lesquels soutiennent la structure et la vie de tout lien social ou de toute collectivité à l’échelle microsociale (villes, institutions, villages, tribus, familles, etc.) comme à l’échelle macro-sociale (régions, nations, fédérations, etc.). En définitive, c’est le fondement symbolique qui rend possible toute interaction durable, toute forme de solidarité entre acteurs, individuels ou collectifs. Cependant, Durkheim allait jusqu’à affirmer qu’une collectivité en vient à ressembler à l’image que ses membres construisent d’eux-mêmes par le biais de la conscience collective1. Il pensait aussi que cette image dictait en quelque sorte leurs comportements et que la plupart des idées ou représentations intériorisées portées par un individu lui étaient assignées par la société2. Je ne le suivrai pas jusque-là  ; on sent ici l’affirmation d’un certain déterminisme culturel3. Je pense également qu’il allait trop loin en abordant certaines sociétés comme des ensembles plutôt clos, cohérents et homogènes. De plus, Durkheim reconnaissait une sorte de permanence aux facteurs culturels, ce dont je me distancie4. Et il faisait du religieux l’origine du social, ce qui est très restrictif. Enfin, il voyait l’individualisme comme...

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