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Henri Wallon (1879–1962) : action pensée, pensée de l'action

Itinéraires croisés : politique, philosophique, psychologique

Serge Netchine and Gaby Netchine-Grynberg

Henri Wallon (1879–1962), éminent psychologue de l’enfant, fut aussi, à partir des années 1900, un acteur de la vie intellectuelle et politique française. Cet ouvrage parcourt les grands thèmes de ses recherches sur les enfants souffrant ou non de pathologies mentales, en les articulant à ses engagements de citoyen et à ses positionnements intellectuels. Sont envisagées, au regard du contexte politique et culturel, les prises de position et les actions effectuées par Henri Wallon au cours d’une période historique qui fut riche en événements et en retournements. De plus, cette recherche illustre la détermination d’une doctrine philosophique intégrant le résultat des controverses entre courants spiritualistes et matérialistes apparues tout au long des XIXe et XXe siècles ainsi que l’élaboration d’une démarche scientifique sur le développement psychologique qui intègre des enjeux pratiques et sociétaux.

Ce livre met finalement en lumière ce qui, du parcours d’Henri Wallon, mérite d’être souligné et d’intervenir dans les problèmes contemporains.

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Chapitre 5. La guerre : entre patriotisme, pacifisme et internationalisme

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CHAPITRE 5

La guerre : entre patriotisme, pacifisme et internationalisme

En août 1914, la guerre vient brutalement interrompre le cours de la carrière d’Henri Wallon, et l’implique rapidement sur le front des opérations en tant que médecin. Il est affecté au 17e régiment d’artillerie, qui participe aux combats sur plusieurs fronts successifs, depuis la Somme jusqu’à Verdun. Il est décrit ainsi par son chef d’escadron : « Excellent médecin. Très intelligent. Dévoué, vigoureux, plein d’entrain. A obtenu la confiance la plus complète du personnel du groupe par la crânerie au danger et son dévouement en toutes circonstances ». Il n’exerce pas quotidiennement sa spécialité. Toutefois, il est souvent appelé par le médecin divisionnaire pour examiner des soldats atteints de maladies nerveuses ou mentales. Il termine la guerre, affecté au centre de psychiatrie militaire de Tours, mais n’y reste que trois mois, de novembre 1918 à sa démobilisation le 15 février 1919.

Pour décrire sa position vis-à-vis de la guerre, il faut se placer dans une perspective évolutive, en partant de sa vision initiale des deux nations française et allemande, et en le suivant dans le déroulement du conflit, avec ce que lui apporte l’expérience des tranchées. Au cours de l’année 1900, jeune étudiant, il avait effectué pendant ses vacances d’été un séjour en Allemagne à Neustadt, en Forêt-Noire, hébergé dans...

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